Le Vietnam entend mobiliser les compétences des intellectuels vietnamiens de l’étranger

Pour mobiliser pleinement les compétences des scientifiques vietnamiens à l’étranger, des programmes de recherche concrets, des mécanismes de coopération adaptés et des financements suffisants sont indispensables. Des experts vietnamiens au Canada formulent des propositions pour renforcer le développement technologique et la formation de talents.

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Pour valoriser pleinement les compétences des Vietnamiens établis à l’étranger, le Vietnam doit mettre en place des programmes de recherche concrets, définir clairement les modalités de participation et créer les conditions d’une coopération durable. Les propositions de scientifiques vietnamiens au Canada ouvrent des pistes pour concrétiser la Résolution N°23-NQ/TW et mieux faire correspondre les expertises disponibles aux besoins du pays en matière de développement technologique et de formation de ressources humaines qualifiées.

Le professeur associé Vu Viêt Hung (gauche) visite un espace d’impression 3D robotisée. 
Photo : VNA/CVN

La Résolution N° 23-NQ/TW du Bureau politique sur les affaires relatives aux Vietnamiens de l’étranger préconise des mécanismes et des politiques novateurs pour attirer, mettre en réseau et valoriser ces ressources, notamment celles des experts, intellectuels et scientifiques. La concrétisation de ces orientations à travers des programmes de recherche et des projets de coopération constitue une étape importante pour transformer ce potentiel en contributions tangibles au développement national.

Dans un entretien accordé au correspondant de l’Agence Vietnamienne d’Information (VNA) à Ottawa, le professeur associé Vu Viêt Hung, président du Réseau des experts et scientifiques vietnamiens au Canada, a estimé que la contribution de ces intellectuels dépendait largement de la conception des programmes, de l’allocation des ressources et de la mise en relation des différents acteurs. Les scientifiques doivent pouvoir participer régulièrement aux projets, assumer des responsabilités clairement définies et collaborer avec leurs partenaires au Vietnam tout au long de leur mise en œuvre, a-t-il souligné.

L’un des principaux obstacles réside, selon lui, dans l’absence d’un programme national structuré permettant de mobiliser les experts vietnamiens du monde entier au service de projets scientifiques, technologiques et d’innovation au Vietnam. Le manque d’informations sur les activités de recherche menées dans le pays, les besoins des organismes concernés ainsi que les compétences disponibles à l’étranger complique également l’identification de partenaires et la mise en place de coopérations adaptées.

Pour remédier à ces difficultés, Vu Viêt Hung a proposé de permettre aux scientifiques et experts de nationalité vietnamienne établis à l’étranger d’assumer des fonctions de co-responsables de projets de recherche financés par des fonds nationaux, tels que le Fonds national pour le développement scientifique et technologique (NAFOSTED).

Selon le modèle proposé, ces experts pourraient contribuer à définir les orientations scientifiques, à développer les réseaux de recherche et à mobiliser des partenaires internationaux, tandis que leurs homologues au Vietnam seraient chargés de la gestion financière et du décaissement des fonds. Cette répartition des responsabilités permettrait de conjuguer expertise internationale et capacités de mise en œuvre au Vietnam. Les chercheurs pourraient ainsi prendre part non seulement à des consultations ponctuelles, mais aussi à la conception, à la réalisation et au suivi des projets sur le long terme.

Le professeur associé a également souligné la nécessité de prévoir des financements suffisants et des délais adaptés aux grands projets scientifiques, afin d’attirer des spécialistes de haut niveau. Les mécanismes de financement devraient tenir compte des besoins en matière de coopération internationale, d’équipements de recherche et de formation de ressources humaines.

La troisième réunion du Comité mixte sur l’économie Vietnam - Canada, en juin 2026. 
Photo : VNA/CVN

S’agissant du secteur privé, il a proposé d’étudier des mesures d’incitation fiscale pour les dépenses engagées par les entreprises afin de faire participer des experts vietnamiens de l’étranger à leurs projets, ainsi que de renforcer les dispositifs de soutien à la coopération et au transfert de technologies. Ces mesures pourraient encourager les entreprises à recourir à des compétences spécialisées pour développer leurs produits et leurs technologies.

Une autre priorité consiste à mettre en place une base de données nationale sur les sciences et les technologies. Celle-ci devrait fournir des informations actualisées sur les centres de recherche, les ressources humaines, les équipements et les domaines d’expertise, tout en permettant aux spécialistes établis à l’étranger de présenter leurs compétences et leurs travaux. Les organismes de financement devraient également améliorer l’accès à l’information en publiant clairement les programmes de financement, les thèmes de recherche et les conditions de participation.

S’appuyant sur l’expérience de mise en réseau des scientifiques vietnamiens au Canada, Vu Viêt Hung a enfin proposé de développer des programmes associant recherche technologique et formation de jeunes talents hautement qualifiés dans quatre domaines : les technologies numériques, l’intelligence artificielle, l’aérospatiale et l’énergie nucléaire. Il a estimé que ces secteurs offraient des perspectives prometteuses de coopération entre le Canada et le Vietnam.

Ces propositions mettent en évidence les conditions nécessaires à une mobilisation efficace des compétences scientifiques : des programmes concrets, des partenaires adaptés, des ressources suffisantes et des responsabilités clairement définies. Leur mise en œuvre contribuerait à traduire les orientations de la Résolution N° 23-NQ/TW en actions concrètes, en associant davantage les experts vietnamiens établis à l’étranger à la recherche, au développement technologique et à la formation de ressources humaines au service du développement national.

VNA/CVN

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