Le Vietnam veut transformer ses talents expatriés en levier de développement

Financement durable de la recherche, autonomie scientifique, soutien aux jeunes chercheurs et coopération internationale figurent parmi les leviers proposés pour mieux mobiliser les compétences de la diaspora vietnamienne au service des ambitions scientifiques et technologiques du pays.

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La résolution N° 23-NQ/TW du Politburo a ouvert des opportunités aux Vietnamiens résidant à l’étranger pour qu’ils puissent contribuer directement au développement national, en mettant à profit leur expertise, leur expérience et leurs réseaux internationaux, a déclaré le professeur associé Nguyên Quôc Hung, de l’Académie des mathématiques et des sciences des systèmes (AMSS), relevant de l’Académie chinoise des sciences.

Le professeur associé Nguyên Quôc Hung, de l’Académie des mathématiques et des sciences des systèmes (AMSS), relevant de l’Académie chinoise des sciences. 
Photo : VNA/CVN

Dans un entretien accordé à l’Agence Vietnamienne d’Information (VNA) à Pékin au sujet de la résolution N° 23-NQ/TW relative aux affaires concernant les Vietnamiens résidant à l’étranger, il a souligné que l’insistance répétée du secrétaire général et président Tô Lâm, sur la nécessité d’impliquer les intellectuels et les talents vietnamiens expatriés - notamment lors de ses déplacements à l’étranger - témoigne de l’importance capitale accordée à cette question au plus haut niveau.

Conjuguée à la résolution N°57-NQ/TW du Politburo sur les percées dans le développement de la science, de la technologie, l’innovation et la transformation numérique nationale, cette initiative offre une occasion de relier l’expertise acquise à l’étranger aux besoins spécifiques du développement du Vietnam.

Selon le professeur associé Nguyên Quôc Hung, pour envisager un retour durable au pays, les scientifiques ont besoin de conditions de travail favorables, d’opportunités pour faire progresser leurs recherches et former les jeunes générations, ainsi que d’une vie familiale stable.

S’appuyant sur sa propre expérience au sein de l’AMSS, il a affirmé qu’attirer des chercheurs ne se résume pas à proposer des salaires compétitifs. Un environnement professionnel stimulant, la présence de collègues talentueux, la possibilité d’encadrer de jeunes scientifiques et de disposer de suffisamment de temps pour la recherche sont tout aussi essentiels. Il a par ailleurs proposé quatre mesures visant à renforcer l’engagement des talents vietnamiens résidant à l’étranger.

Premièrement, le Vietnam devrait développer des formes de contribution flexibles, sans exiger des professionnels qu’ils s’installent définitivement dans le pays. Des chercheurs basés à l’étranger pourraient, par exemple, intervenir en tant que professeurs invités, co-encadrer des doctorants, constituer des groupes de recherche conjoints ou dispenser des cours spécialisés au Vietnam. La mise en place de contrats adaptés et de mécanismes de financement appropriés permettrait de pérenniser une telle coopération. À cet égard, les programmes de l’Institut vietnamien d’études avancées en mathématiques (VIASM) pourraient servir de modèle pour d’autres disciplines.

Deuxièmement, le pays devrait garantir un financement de la recherche stable et pluriannuel, tout en accordant aux scientifiques une autonomie professionnelle assortie d’une obligation de rendre compte. Les chercheurs devraient être en mesure de constituer des équipes, de définir des axes de recherche et de gérer les budgets alloués, grâce à des procédures administratives simplifiées leur permettant de se concentrer sur leur travail. L’évaluation devrait tenir compte des spécificités de chaque discipline, privilégier la qualité de la recherche ainsi que les contributions à long terme, et faire appel à des experts reconnus, tant au niveau national qu’international.

Troisièmement, un investissement accru en faveur des jeunes chercheurs est indispensable. Les bourses doctorales et les rémunérations postdoctorales doivent être suffisantes pour permettre aux chercheurs de mener leurs travaux en toute sérénité. Des opportunités de collaboration avec des groupes de recherche de premier plan, au Vietnam comme à l’étranger, renforceraient également les capacités scientifiques du pays et jetteraient les bases de partenariats durables avec les intellectuels vietnamiens expatriés.

Quatrièmement, la coopération devrait s’étendre au-delà du milieu universitaire, en incluant les experts vietnamiens travaillant au sein de grandes entreprises technologiques ou d’institutions de recherche et développement. Dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs ou la biotechnologie, ces experts pourraient apporter leur conseil, former des professionnels locaux et participer à des projets conjoints avec des universités, des instituts de recherche et des entreprises vietnamiennes.

Pour ceux qui choisissent de revenir travailler durablement au Vietnam, le professeur associé Nguyên Quôc Hung a souligné la nécessité d’une rémunération compétitive, à la hauteur de leur expertise et de leurs responsabilités, ainsi que de conditions de travail favorables leur permettant de déployer pleinement leur potentiel. 

VNA/CVN

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