>> Efforts pour réduire le déséquilibre hommes-femmes à la naissance
>> Investir dans la jeunesse, préparer l’avenir du Vietnam
![]() |
| Le sex-ratio à la naissance au Vietnam demeure nettement supérieur au niveau naturel. |
| Photo : VNA/CVN |
Les familles n’ayant que deux filles pourraient bénéficier d’exonérations ou de réductions de frais de scolarité, d’une aide à l’assurance maladie étudiante, de programmes de distribution de lait dans les écoles et d’autres incitations, dans le cadre d’une proposition visant à remédier au déséquilibre persistant du ratio hommes-femmes à la naissance au Vietnam.
Cette proposition figure dans un projet de circulaire élaboré par le ministère de la Santé, actuellement soumis à consultation publique avant sa publication.
Cette mesure intervient alors que le sex-ratio à la naissance au Vietnam demeure nettement supérieur au niveau naturel, malgré des années d’efforts gouvernementaux pour réduire ce déséquilibre.
Selon ce projet, les autorités locales auraient la latitude d’adopter des mesures de soutien adaptées à leurs objectifs démographiques et à leurs conditions locales pour les familles élevant deux filles en bonne santé, bien élevées et ayant de bons résultats scolaires.
Les mesures incitatives envisagées comprennent l’exonération ou la réduction des frais de scolarité, la prise en charge des cotisations d’assurance maladie étudiante, la distribution de lait dans les écoles, le soutien au développement économique des femmes et la reconnaissance des familles exemplaires.
La priorité serait accordée aux filles issues de familles pauvres ou proches de la pauvreté, des zones de minorités ethniques et montagneuses, des communautés côtières et insulaires, des communes côtières défavorisées et des communes frontalières.
Outre le soutien aux particuliers, le ministère de la Santé propose de récompenser les communes où tous les villages et groupes résidentiels intègrent dans leurs conventions communautaires des engagements contre la sélection du sexe fœtal et la préférence pour les garçons.
Les établissements de santé et les prestataires de services qui participent activement à des actions de communication et de formation du public et qui respectent scrupuleusement la réglementation interdisant la sélection du sexe fœtal pourraient également recevoir des récompenses financières ou en nature.
Selon le ministère de la Santé, plusieurs initiatives locales ont été lancées pour sensibiliser le public à l’égalité des sexes. Malgré ces efforts, les progrès en matière de réduction du déséquilibre entre les sexes à la naissance restent lents.
Les enquêtes démographiques montrent que le sex-ratio à la naissance au Vietnam est passé de 110,5 garçons pour 100 filles en 2009 à 111,5 en 2019, avant de se stabiliser à 111,4 en 2024 - un niveau nettement supérieur au niveau naturel d’environ 106 garçons pour 100 filles.
![]() |
| Le déséquilibre du ratio hommes-femmes est principalement concentré dans les provinces du Nord, notamment dans le delta du fleuve Rouge. |
| Photo : TNO/CVN |
Ce sex-ratio à la naissance demeure bien supérieur au niveau naturel d’environ 105 garçons pour 100 filles, ce qui indique que le déséquilibre entre les sexes à la naissance reste une préoccupation majeure dans le pays.
Il souligne la nécessité de mesures plus coordonnées et efficaces pour atteindre les objectifs fixés par la Stratégie démographique du Vietnam, qui vise à ramener le sex-ratio à la naissance à moins de 109 garçons pour 100 filles nées vivantes d’ici 2030.
Ce déséquilibre est principalement concentré dans les provinces du Nord, notamment dans le delta du fleuve Rouge, où certaines localités ont enregistré des ratios atteignant 118 garçons pour 100 filles. À l’inverse, la plupart des provinces du Sud maintiennent des ratios proches du niveau naturel, oscillant entre 105 et 108.
L’autorité statistique nationale prévoit que si la tendance se maintient, le Vietnam pourrait connaître un excédent d’environ 1,5 million d’hommes âgés de 15 à 49 ans d’ici 2034, et jusqu’à 1,8 million d’ici 2059. Les experts avertissent que ce déséquilibre pourrait perturber les structures familiales, empêcher de nombreux hommes de trouver une partenaire et entraîner des mariages tardifs ou un célibat prolongé.
Le Dr Mai Xuân Phuong, ancien directeur adjoint du Département de la communication et de l’éducation du Département général de la population et du planning familial du Vietnam (aujourd’hui Autorité de la population du Vietnam), a déclaré que la préférence traditionnelle pour les fils reste très répandue, tandis que le taux de fécondité total du Vietnam est tombé à 1,91 enfant par femme, en dessous du seuil de renouvellement de la population (2,1).
Il a noté que lorsque les familles choisissent de n’avoir qu’un ou deux enfants, la demande de sélection prénatale du sexe a tendance à augmenter. Conjugués à la croyance ancestrale selon laquelle les fils sont nécessaires pour perpétuer la lignée familiale et honorer les ancêtres, ainsi qu’à un accès plus facile aux techniques de détermination prénatale du sexe, ces facteurs ont contribué à la persistance de ce déséquilibre.
Pour régler durablement ce problème, le Dr Mai Xuân Phuong a déclaré que le Vietnam a besoin d’une approche en trois volets : un cadre juridique solide, un contrôle rigoureux des services de santé et des campagnes de communication publique efficaces pour faire évoluer la perception de la société quant à la valeur des filles.
En vertu de la Loi sur la population, les médecins qui divulguent le sexe d’un fœtus en violation de la réglementation peuvent se voir retirer leur autorisation d’exercer la médecine.
VNA/CVN



