Le highlife ghanéen brille sur la scène mondiale de l'UNESCO

La nuit est humide en décembre à Accra, la capitale ghanéenne. Les mélodies du highlife emplissent l'air dans le restaurant Zen Garden, attirant familles, amis et employés de bureau qui se déhanchent bien après minuit comme si le week-end était arrivé en avance.

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Un membre du groupe de musique highlife Kwan Pa sur scène au restaurant Zen Garden à Accra, la capitale du Ghana, le 16 décembre 2025.
Photo : AFP/VNA/CVN

Le highlife est un style musical qui mélange des rythmes traditionnels africains, du jazz et des influences musicales caribéennes, créant un son dansant et mélodique.

Sous des lumières tamisées, les quatre jeunes musiciens du groupe Kwan Pa enchaînent les chansons avec des guitares superposées et des rythmes chaloupés.

Leur prestation est acclamée et applaudie par un public visiblement ravi, mouchoirs blancs virevoltant au-dessus des têtes, tandis que les fêtards dansent, chantent en choeur et entrechoquent leurs verres entre deux bouchées.

"C'est comme une thérapie", lance en riant un client, alors que des couples glissent sur la piste et que des inconnus dansent ensemble, unis par un son qui façonne la vie ghanéenne depuis des générations.

"100 ans de highlife ghanéen

Cette ambiance électrisante a pris une nouvelle dimension depuis que le highlife, musique emblématique du Ghana, a été inscrit le 10 décembre sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), une reconnaissance internationale majeure pour l'une des traditions musicales les plus influentes d'Afrique de l'Ouest.

Les clients dansent sur de la musique highlife au restaurant Zen Garden à Accra, la capitale du Ghana, le 16 décembre 2025.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'UNESCO a qualifié le highlife d'"expression monumentale du génie musical, de la culture et de l'influence mondiale du Ghana", rendant hommage aux générations qui ont préservé et adapté ce genre depuis le début du XXe siècle.

Pour Asah Nkansah, leader du groupe Kwan Pa - un nom qui signifie "Le droit chemin" -, la reconnaissance par l'UNESCO "est formidable". "Si l'on remonte à l'origine du highlife, on peut la situer en septembre 1925. Et donc, cette année 2025, nous célébrons 100 ans de highlife ghanéen", a-t-il ajouté.

"Le highlife parle de presque tout, la passion, l'amour, le social, absolument tout", explique M. Nkansah. "La musique highlife a naturellement ce que nous appelons du contenu (...) Ce n'est pas de la musique pour la musique".

"Reflet de notre mode de vie

La décision de l'UNESCO place le highlife parmi les trésors culturels protégés du monde, une décision qui devrait renforcer le rayonnement culturel du Ghana et encourager les investissements pour la préservation musicale, le tourisme et les industries créatives dans le pays.

Avec ses mélodies à la guitare, ses cuivres et son art du récit, le highlife a façonné l'identité nationale pendant un siècle. Il a été popularisé par des légendes telles que E.T. Mensah, Nana Ampadu, Paapa Yankson, A.B. Crentsil, Osibisa, Amakye Dede et Kojo Antwi, et a influencé des mouvements ultérieurs comme le hiplife et l'afrobeats.

Les clients dansent sur de la musique highlife au restaurant Zen Garden à Accra, la capitale du Ghana, le 16 décembre 2025.
Photo : AFP/VNA/CVN

Pour des admirateurs comme Selina Doade, l'attachement est profondément personnel. "Le highlife, pour moi en tant que Ghanéenne, raconte notre histoire. Il touche tous les aspects de notre société", dit-elle. "Quand on va mal, quand on est heureux, quand on a besoin d'inspiration, le highlife vous parle".

M. Nkansah estime que le jeune public peut être conquis par la créativité du mouvement. "Nous devons faire un effort conscient pour leur faire aimer notre son", affirme-t-il.

"Nous choisissons les chansons que les jeunes aiment (...) Puis nous apportons la même mélodie sur nos rythmes palm-wine", précurseur principal du highlife, et "ainsi, nous leur donnons le goût du highlife", explique-t-il. Tout en rejetant l'idée d'un genre en déclin : "Le highlife n'est pas en train de mourir, à mon avis".

"Il y aura des hauts et des bas (...) mais je pense que nous sommes en train de remonter", ajoute le leader du groupe Kwan Pa.

Au niveau national, les responsables de l'UNESCO voient le highlife comme un patrimoine vivant plutôt qu'une relique.

"C'est le reflet de notre mode de vie en tant que Ghanéens", juge le professeur Osman Damba Tahidu, secrétaire général de la Commission ghanéenne pour l'UNESCO. "Ce n'est pas seulement un objet de musée, mais un produit vivant".

"Quand il s'agit de sport, il y a le highlife. Pour les funérailles, il y a le highlife (...) Même pour la nourriture et les festivals, il y a le highlife", énumère le professeur.

AFP/VNA/CVN

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