JO-2030 : le hockey français, entre impatience et excitation

Nice, Lyon ou Paris ? Le monde du hockey français est impatient de connaître le lieu qui accueillera les épreuves masculines aux JO-2030 mais s'attend, "quel que soit l'endroit", à "une ambiance folle" et à "la ferveur" du public hexagonal.

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Le centre français Louis Boudon exulte après avoir marqué un but lors du match de hockey sur glace opposant la France à la République tchèque, dans le cadre des Jeux olympiques d'hiver 2026, à Milan, le 13 février. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"On est vraiment dans l'expectative, il faut qu'on ait des réponses et que ce soit réglé, ça urge, on n'a plus le temps !", a résumé dimanche 10 mai Pierre-Yves Gerbeau, président de la Fédération française de hockey sur glace (FFHG), lors du match de gala opposant la France au Canada (1-6) à l'Accor Arena de Paris.

Disputé à guichets fermés, ce match se tenait à deux ans du Championnat du monde de hockey sur glace de 2028, organisé en France et qui se répartira entre cette enceinte parisienne et la LDLC Arena située près de Lyon.

Ces deux structures sont également candidatées pour accueillir les épreuves masculines de la discipline aux Jeux olympiques d'hiver des Alpes 2030, après le refus du nouveau maire de Nice Eric Ciotti d'installer une patinoire provisoire dans le stade de foot de l'Allianz Arena, comme initialement prévu par les organisateurs.

Éric Ciotti, le maire de Nice, s'adresse aux médias lors d'une visite dans le quartier de la rue Trachel, dans le cadre d'une opération policière visant à lutter contre le trafic de drogue, à Nice, le 1er avril. 
Photo : AFP/VNA/CVN

"Catastrophe" niçoise

Selon Pierre-Yves Gerbeau, après cette "catastrophe" que constitue l'impasse à Nice, "on doit être technico-pratique et voir comment on s’adapte : le schéma idéal, pour les infrastructures et l'organisation, c'est la compétition hommes à Paris et celle des femmes à Lyon".

Avec l'Accor Arena et la LDLC Arena, "on a deux équipements qui sont déjà construits et qu'on va avoir en test pour les Mondiaux. Ça fait du sens sportif, ça fait moins de sens pour l'éclatement des JO (cette épreuve n'aurait pas lieu dans les Alpes, NDLR), et par contre, ça peut ne pas faire le sens du jeu politique", estime-t-il.

"Ça a vraiment été une surprise que ce ne soit pas à Nice, ça aurait été un beau projet. Finalement, ça ne se fait pas mais on aimerait bien savoir quand même" où la compétition se tiendra, a réagi Flavian Dair à l'issue de ce match amical, quelques jours après que l'équipe de France a manqué l'accession au Championnat du monde élite.

Marie Barsacq, directrice générale de la société Paris Entertainment Company, pose lors d'une séance photo à Paris, le 6 mai. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Selon l'attaquant, Paris ou Lyon, ce sont "deux très belles patinoires, je n'ai aucune préférence, n'importe quel endroit où on sera, l'ambiance sera folle".

"Quel que soit l'endroit, je sais qu'il y aura de la ferveur, on sera contents de jouer et ce sera fantastique. Ma femme est américaine, et les Américains sont toujours contents de venir en France", renchérit Louis Boudon, également attaquant.

La ville hôte, "ce sont des choses qu'on ne contrôle pas, on ira là où on nous dit de jouer, la France jouera en France, et c'est tout ce qui compte", relève l'entraîneur des Bleus, Yorick Treille.

Paris, un "atout supplémentaire" ?

Les candidatures de Lyon et Paris doivent être examinées lundi 11 mai lors d'un bureau exécutif du Comité d'organisation Alpes 2030, qui devrait cependant prendre encore un peu de temps avant de faire son choix.

Le sélectionneur de l'équipe de France, Yorick Treille, lors du match du Championnat du monde de hockey sur glace opposant l'Autriche à la France à Stockholm, le 16 mai 2025. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Pour Marie Barsacq, directrice générale de Paris Entertainment Company, exploitant de l'Accor Arena, une candidature de Paris aux Alpes 2030, "ce n'est pas rédhibitoire : pour Paris-2024, il y avait des épreuves de voile à Marseille, du tir à Châteauroux, etc. C'est au contraire un atout supplémentaire pour engager tout le pays".

"On se considère comme des challengers mais on a des arguments : notre solution est clé en main, sans construction, la glace est déjà installée. On peut proposer le tournoi à un coût très modique", a indiqué le 10 mai l'ex-ministre des Sports, aussi directrice exécutive au comité d'organisation des Jeux d'été de Paris.

Elle défend un projet qui permettrait, selon elle, de "maximiser les revenus, avec 4.000 billets supplémentaires par session" au sein de l'Accor Arena par rapport au projet lyonnais, ou encore le fait d'"aller chercher des sponsors supplémentaires en activant une autre ville comme Paris".

Le hockey masculin est "une grosse source de revenus", rappelle Pierre-Yves Gerbeau, qui regrette aussi que, dans ce dossier, "on ne parle pas de sport, on ne parle que de politique. Pour l'instant, on n'est pas dans la conversation" sur le choix de la ville hôte, déplore le président de la FFHG.

AFP/VNA/CVN

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