Iran : les manifestations de solidarité se multiplient

Le président américain Donald Trump affirme que l'Iran "veut négocier" et qu'une réunion est en préparation avec les dirigeants de la République islamique aux prises avec une vaste contestation, sans écarter des options militaires. Des manifestations de solidarité ont rassemblé dimanche 11 janvier des milliers de personnes à travers le monde.

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Des militants participent à un rassemblement de soutien aux manifestants iraniens au parc Lafayette, en face de la Maison Blanche, à Washington, dimanche 11 janvier. 
Photo : AFP/VNA/CVN

À bord d’Air Force One, le président américain a estimé que l’Iran était en train de franchir la "ligne rouge" qu’il avait fixée concernant le nombre de manifestants tués depuis le début d’un mouvement de contestation d’une ampleur inédite depuis trois ans. Il a précisé que l’armée américaine étudiait des "options très fortes", laissant planer la menace d’une intervention.

L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, a annoncé dimanche 11 janvier avoir confirmé la mort d’au moins 192 manifestants. Elle a toutefois averti que le bilan réel pourrait être bien plus lourd, dénonçant un "massacre" et un "crime majeur contre le peuple iranien". Selon l’organisation, plus de 2.600 personnes auraient également été arrêtées depuis le début de la répression.

Peu après cette nouvelle mise en garde, Donald Trump a affirmé que Téhéran avait pris contact samedi 10 janvier pour "négocier" et qu’une rencontre était "en cours de préparation". Le président américain n’a cependant pas exclu une action avant toute entrevue. De son côté, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a averti que l’Iran riposterait à toute frappe américaine en visant des sites militaires et les voies de transport maritime des États-Unis.

La contestation a débuté le 28 décembre à Téhéran, déclenchée par des commerçants protestant contre la cherté de la vie, avant de s’étendre rapidement à de nombreuses villes du pays. Elle constitue l’un des défis les plus sérieux pour la République islamique depuis sa proclamation en 1979. Les autorités ont imposé une coupure quasi totale d’internet depuis plus de 72 heures, selon l’ONG Netblocks.

Le pouvoir appelle au calme, la rue reste en ébullition

Le fils de l’ancien chah et figure de l’opposition en exil, Reza Pahlavi, a appelé les forces armées iraniennes à "se tenir aux côtés du peuple". En réponse, le gouvernement a décrété trois jours de deuil national pour les "martyrs de la résistance", en référence notamment aux membres des forces de sécurité tués. S’il reconnaît des revendications économiques légitimes, le pouvoir accuse de plus en plus des "émeutiers" manipulés par l’étranger, pointant les États-Unis et Israël.

La télévision d’État a diffusé des images de bâtiments incendiés, de cortèges funéraires et a tenté de montrer un retour au calme. Le gouverneur de Téhéran a affirmé que le nombre de manifestations diminuait. Mais des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, parfois via des moyens satellitaires, montrent de vastes rassemblements nocturnes dans plusieurs villes, dont Téhéran et Machhad.

D’autres images authentifiées montrent des dizaines de corps devant une morgue de la capitale. Le Centre pour les droits de l’homme en Iran affirme que les hôpitaux sont débordés et que les réserves de sang s’amenuisent. À Téhéran, la vie quotidienne est presque paralysée, tandis que des manifestations de solidarité ont eu lieu en Europe, notamment à Paris, Londres et Vienne.

AFP/VNA/CVN

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