Indonésie : 20 ans plus tard, le volcan déverse encore sa boue

Le 29 mai 2006, la terre s'ouvrait à Sidoarjo, dans l'est de l'île de Java, projetant une boue brûlante qui a englouti villages et usines. Vingt ans plus tard, la catastrophe qui a déplacé des milliers d'habitants continue de laisser des traces.

>> Philippines : évacuation de milliers de personnes après l’éruption du volcan Mayon

>> Indonésie : trois randonneurs morts après l'éruption d'un volcan, dix disparus

Une mosquée submergée par la boue à Sidoarjo, en Indonésie, le 29 mai 2026.
Photo : AFP/VNA/CVN

Harwati joint les mains pour offrir une prière au bord du lac de boue qui continue de s'étendre tandis qu'une dizaine d'habitants sont rassemblés pour commémorer le désastre.

Le rassemblement organisé vendredi 29 mai visait à rappeler au gouvernement que les habitants subissent encore les conséquences de l'immense coulée de boue, qui a englouti maisons et villages.

"Même si les présidents se succèdent, nous espérons toujours que (le gouvernement) nous rendra justice", a déclaré samedi à l'AFP cette femme de 50 ans qui comme beaucoup d'Indonésiens ne porte qu'un seul nom et pour qui la catastrophe est "loin" d'être terminée.

Les éruptions probablement en partie provoquées par un forage d'une compagnie pétrolière et qui se poursuivent, ont détruit au moins une douzaine de villages et ont déplacé des dizaines de milliers de personnes.

Treize personnes sont mortes lors de l'explosion d'un gazoduc souterrain dans la zone sinistrée.

Comme beaucoup d'habitants, Harwati exige que le gouvernement procède à un examen approfondi des conséquences de la coulée de boue sur la santé des riverains, affirmant que de nombreux villageois ont depuis développé des cancers.

Selon les autorités, plus de 600 ha ont été engloutis par la boue, les efforts déployés pour la colmater, notamment à l'aide d'énormes boules de béton, s'étant révélés inefficaces.

La catastrophe a contraint Muhammad Irsyad à quitter son village en 2012, car il ne pouvait plus supporter la pollution qui s'infiltrait dans le puits dont sa famille dépendait pour cuisiner et se laver.

"Quand le voulais prendre un bain, mes yeux piquaient au contact de l'eau", a confié cet homme de 62 ans, se disant "en colère".

Vingt ans après, M. Irsyad est encore en train de "réorganiser" sa vie, sa famille survivant grâce aux revenus tirés de leur stand de nourriture et de la vente d'eau potable.

AFP/VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top