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| Au port de Gemalink à Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : VNA/CVN |
Cette initiative, annoncée par le professeur associé Dr.Nguyên Huu Huân, vice-directeur de l'organe de gestion du VIFC-HCMC, constitue l'un des quatre piliers fondamentaux destinés à transformer la métropole du Sud en un centre financier international de premier plan.
S'appuyant sur des atouts portuaires exceptionnels, notamment les complexes de Cai Mép - Thi Vai et le futur port de transbordement international de Cân Gio - dont les travaux ont débuté le 29 avril dernier -, Hô Chi Minh-Ville gère déjà un flux de marchandises estimé à plus de 1.000 milliards de dollars par an. Toutefois, un paradoxe subsiste : 80% à 90% des transactions financières liées à ce commerce maritime sont actuellement opérées via Singapour ou Hong Kong (Chine). L'objectif du VIFC-HCMC est de corriger ce déséquilibre en rapatriant, d'ici cinq ans, environ 30% de ces transactions sur le sol national, soit un volume annuel de 300 milliards de dollars.
Pour concrétiser cette ambition, les autorités misent sur une réforme profonde du cadre institutionnel et opérationnel. Face aux réticences des investisseurs internationaux vis-à-vis du droit local, la création prochaine d'un tribunal international et d'un centre d'arbitrage est attendue pour offrir une sécurité juridique aux standards mondiaux. Par ailleurs, le VIFC-HCMC entend lever les obstacles liés au contrôle des changes en instaurant un nouveau mécanisme permettant une circulation plus fluide des capitaux à l'intérieur du centre, tout en préservant les réserves de change du pays et la stabilité macroéconomique.
Le modèle proposé, baptisé "port-to-finance" (du port à la finance), vise à convertir les données relatives aux marchandises, aux contrats de transport, aux factures logistiques, aux connaissements électroniques, aux conteneurs, aux entrepôts et aux flux de paiement seront standardisées en données financières.
Grâce à la participation de grands groupes tels que Gemadept, Saigon Port et HDBank, l’enjeu principal du centre réside dans la capacité de financer les actifs et les flux de trésorerie au sein de l'écosystème portuaire. Les flux de trésorerie stables générés par les ports, les entrepôts, la logistique et les services de manutention pourront être structurés sous forme d'obligations d'infrastructure, de fonds d'investissement ou de produits titrisés, attirant ainsi des capitaux internationaux à long terme. Dans le même temps, les projets de ports verts et de logistique à faibles émissions pourront accéder à des capitaux ESG (normes environnementales, sociales et de gouvernance) grâce à des instruments financiers durables.
Selon Nguyên Huu Huân, Hô Chi Minh-Ville ambitionne non seulement d'attirer des investissements directs étrangers (IDE) dans quelques projets portuaires, mais aussi d'y établir un marché international des capitaux maritimes. Grâce à un mécanisme de sanbox, des normes juridiques internationales, des transactions en devises étrangères, la protection des investisseurs et la connectivité avec les institutions financières mondiales, le VIFC-HCMC devrait devenir un "port de transit de capitaux" pour l'économie maritime vietnamienne.
VNA/CVN



