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| Des lanternes en céramique à l'honneur chez Vuon Nhà Gôm dans le quartier Lai Thiêu, Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : VNA/CVN |
Façonnés dans l’argile par des mains expertes, ces symboles emblématiques de la fête sont réinterprétés grâce à des émaux éclatants, des motifs complexes et des formes d’un grand réalisme.
Bien plus que de simples objets décoratifs, ces créations artisanales évoquent de précieux souvenirs liés à la Fête de la mi-automne tout en célébrant le riche patrimoine culturel du Sud du Vietnam.
Selon Nguyên Thê Quynh, qui travaille dans l’atelier local "Vuon Nhà Gôm", la fabrication artisanale de ces gâteaux de lune en céramique suit un processus méticuleux comportant plusieurs étapes.
De la création du moule et du moulage par coulage de barbotine jusqu’au démoulage, aux finitions, au séchage, à l’émaillage et à la cuisson à haute température, chaque pièce exige une précision, une patience et un savoir-faire exceptionnels.
Nguyên Thê Quynh explique que les artisans doivent d’abord concevoir des moules adaptés pour créer des gâteaux de lune en céramique ressemblant fidèlement aux originaux.
La barbotine (argile liquide) est ensuite versée dans les moules et laissée au repos pendant environ cinq à six heures avant le démoulage, ce qui permet de nettoyer la pièce et d’en affiner la forme.
Une fois façonnées, les pièces sèchent pendant plusieurs jours avant d’être émaillées et cuites au four. Pour ces produits, la température de cuisson peut atteindre environ 1.600°C. Le processus de cuisson dure environ 12 heures, suivies de 12 heures supplémentaires pour le refroidissement du four, avant que les pièces ne puissent être retirées et inspectées.
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| Des motifs et des dessins traditionnels sont intégrés aux pièces. |
| Photo : VNA/CVN |
Réalisés par des artisans qualifiés, ces gâteaux de lune en céramique se déclinent en une variété de formes, de couleurs et de motifs ; certaines pièces ressemblent à s’y méprendre à de véritables gâteaux de lune. Chaque détail est soigneusement travaillé pour offrir un rendu réaliste tout en préservant le caractère unique de la céramique en tant que matériau.
L’attrait particulier de ces gâteaux de lune en céramique réside dans leur durabilité. Alors que les gâteaux de lune traditionnels ne se dégustent que sur une courte période, les versions en céramique peuvent être conservées des années, gardant intacts leur forme, leurs couleurs, leurs motifs ainsi que les récits culturels qu’ils incarnent.
La création d’un modèle en céramique abouti nécessite également de nombreuses phases d’essai et d’ajustement. Certains modèles demandent trois à quatre mois de travail pour peaufiner leur taille, leur forme et leurs motifs avant de répondre aux normes souhaitées. Pour d’autres, il peut s’écouler jusqu’à six ou huit mois entre l’idée initiale et la réalisation du premier prototype.
Les artisans revisitent également les lanternes traditionnelles - un autre symbole de la Fête de la mi-automne - en jouant sur les matériaux.
Nguyên Lê Trâm Anh, 29 ans, originaire de Hô Chi Minh-Ville, a participé à l’atelier pour apprendre à fabriquer une lanterne en forme de méduse. Pour façonner l’objet, elle a d’abord dû apprendre à pétrir l’argile avec de l’eau afin d’en chasser les bulles d’air et d’en améliorer la plasticité, ce qui facilite le modelage tout en réduisant les risques de fissures lors de la cuisson.
Selon elle, l’étape la plus délicate consiste à façonner un corps parfaitement rond et régulier, une tâche qui exige une grande concentration et beaucoup de patience. Tout au long du processus, elle a bénéficié des conseils pratiques de l’artisan, depuis l’esquisse de l’idée initiale et le calcul des dimensions jusqu’au façonnage de la pièce.
Raconter des histoires culturelles
Si le gâteau de lune traditionnel s’apprécie par le goût, celui en céramique se savoure à travers les souvenirs, les récits culturels et l’admiration pour la beauté de l’artisanat.
Selon Khang Minh, propriétaire de l’atelier, l’idée de transformer les gâteaux de lune et les lanternes en pièces de céramique est née du désir de raconter des histoires liées à la Fête de la mi-automne et à la chaleur des retrouvailles familiales.
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| Gâteaux de lune en céramique exposés dans l'atelier Vuon Nhà Gôm dans le quartier de Lai Thiêu, à Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : Vuon Nhà Gôm/CVN |
Des motifs traditionnels sont intégrés aux œuvres pour permettre au public de reconnaître des éléments caractéristiques de la culture vietnamienne, notamment ceux typiques du Sud, tels que les coqs, les fruits et autres ornements d’inspiration populaire.
La Fête de la mi-automne est une occasion de retrouvailles familiales. Nous avons donc voulu transposer sur la céramique les images emblématiques de cette fête, afin de préserver les souvenirs et les valeurs traditionnelles sous une forme nouvelle, a-t-il expliqué.
Pour l’artisan céramiste Duong Minh Tâm, fort de plus de 30 ans d’expérience, le plus grand défi ne réside pas dans la fabrication elle-même, mais dans la conception de l’idée et sa transformation en une pièce finie - qu’il s’agisse d’un gâteau de lune ou d’une lanterne en céramique.
Chaque pièce ne doit pas se contenter de reproduire fidèlement sa forme originale ; elle doit aussi raconter sa propre histoire grâce à des motifs et des dessins soigneusement élaborés. Les artisans retravaillent souvent un modèle à maintes reprises jusqu’à ce qu’il réponde aux attentes tant esthétiques que culturelles.
"Le plus grand défi est de créer quelque chose de beau. Or, en céramique, la beauté ne réside pas seulement dans la forme, mais aussi dans les motifs, les dessins et la signification véhiculée par chaque pièce", a souligné l’artisan.
Selon Khang Minh, choisir le gâteau de lune comme motif pour ses créations en céramique est aussi une façon de rapprocher la poterie du quotidien. Des aliments familiers et des symboles culturels vietnamiens chers au cœur de chacun se métamorphosent en œuvres d’art en céramique, offrant ainsi un moyen durable de préserver les souvenirs des Fêtes de la mi-automne passées en famille.
Les créateurs espèrent que ces produits rappelleront aux jeunes générations les Fêtes de la mi-automne, moments où les membres de la famille se réunissaient. Parallèlement, ces pièces en céramique permettent de transmettre aux générations futures des récits culturels, des motifs traditionnels et des identités régionales, a-t-il déclaré.
OVN/VNA/CVN





