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L’exposition "Đất nước mùa xuân" (Le pays au printemps) sera inaugurée le 26 septembre 2026 à 10h00, au Musée des beaux-arts de Hô Chi Minh-Ville, au 97, rue Phó Đức Chính, quartier de Bến Thành, Hô Chi Minh-Ville.
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| Le peintre Văn Giáo. Photo : GDCC/CVN |
Organisée conjointement par sa famille, la société par actions de design May Living, l’Association des beaux-arts du Vietnam et le Musée des beaux-arts de Hô Chi Minh-Ville, l’exposition entend retracer l’ensemble de la carrière de Văn Giáo et mettre en lumière sa contribution à la peinture vietnamienne.
Dans le panorama de l’art moderne vietnamien, Văn Giáo incarne la figure emblématique d’un artiste profondément engagé, d’un infatigable voyageur qui consacra toute son existence à parcourir le pays, à l’observer, à vivre au rythme de son destin et à saisir les pulsations de son époque dans un langage pictural lumineux et profondément humaniste.
Affrontant avec courage les épreuves et les difficultés de la vie, toujours animé d’un optimisme souriant, il considérait le dévouement à la société et à son pays comme l’une des plus nobles raisons de vivre. Cette conviction fut le fil conducteur de près de huit décennies d’existence et de création artistique.
Jeune homme passionné de peinture, après quatre années d’études à l’École supérieure des beaux-arts de l’Indochine, il réalisa notamment Tam quan nội Văn Miếu (Portique intérieur du Temple de la Littérature, 1939, Musée des beaux-arts du Vietnam), une œuvre qui marqua le début d’une période de création particulièrement intense jusqu’à la Révolution d’Août. Il devint ensuite un véritable combattant sur le front culturel et l’un des maîtres de la gouache vietnamienne.
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| Tam quan nội Văn Miếu (Portique intérieur du Temple de la Littérature), œuvre réalisée en 1939. |
| Photo : GDCC/CVN |
À considérer l’immense parcours créatif de Văn Giáo, jalonné de milliers d’œuvres et de plus d’une centaine d’expositions personnelles entre 1945 et les dernières années de sa vie, on ne peut qu’être impressionné par son extraordinaire persévérance et par les nombreux voyages qui le conduisirent sur presque toutes les routes du pays. Mais son héritage le plus précieux réside sans doute dans une vie entièrement vouée à l’art, dans un univers artistique à l’identité affirmée et dans les liens profonds qu’il sut tisser avec les artistes et les hommes de lettres, les dirigeants ainsi qu’avec une multitude de travailleurs.
Dès la fin des années 1930, Văn Giáo était déjà présent sur la scène artistique hanoïenne. Sa première exposition personnelle, organisée dans sa maison du 18, rue Lò Sũ, présentait non seulement des paysages de Hanoï, du Temple de la Littérature et des autoportraits, mais témoignait également de la volonté du jeune peintre d’affirmer sa propre voie.
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Figure du Président Hô Chi Minh dans les œuvres
Văn Giáo manifesta très tôt le goût du voyage et du mouvement. Pour lui, l’art ne se limitait pas à la représentation des paysages naturels : il était intimement lié à la vie de la nation et indissociable de la responsabilité sociale de l’artiste. Aussi, lorsque le pays entra dans la Résistance, n’hésita-t-il pas à abandonner sa position de paysagiste déjà reconnu pour rejoindre la révolution.
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| Le Président Hô Chi Minh en visite à Côn Son, Hai Duong, œuvre réalisée en 1978. |
| Photo : GDCC/CVN |
Les premiers jours de la République démocratique du Vietnam laissèrent dans la vie de Văn Giáo un souvenir exceptionnel, que peu de peintres eurent la chance de connaître : il fut l’un des premiers artistes autorisés à peindre directement le Président Hô Chi Minh au Palais du Tonkin. Pendant une dizaine de jours, il eut ainsi l’occasion de réaliser plusieurs portraits du Président. Cette expérience, importante sur le plan professionnel, exerça également une influence durable sur l’ensemble de sa carrière.
Dès lors, la figure de Hô Chi Minh devint l’un des grands thèmes de son œuvre pendant près d’un demi-siècle. Peu d’artistes ont représenté le Président Hô Chi Minh avec autant de constance que Văn Giáo. Plus rare encore, son travail ne se limita jamais au portrait : il s’étendit à la représentation des liens unissant le Président au peuple, à sa terre natale et aux différentes régions du pays.
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| L'Oncle Ho travaille à la grotte Cốc Bó, 1968. |
| Photo : GDCC/CVN |
En 1970, à l’occasion de l’exposition “25 năm theo Đảng” (25 ans aux côtés du Parti), sa 74e exposition depuis la Révolution d’Août, Văn Giáo proposa un grand programme artistique intitulé "30 années de création consacrées au Président Hô Chi Minh, de 1970 à 2000", inscrit dans une thématique plus générale : "Hô Chi Minh, portrait d’un homme".
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| La dernière œuvre de Văn Giáo, Cây liễu bên nhà Bác (Le saule près de la maison de l’Oncle Hô), fut achevée en 1995, un an seulement avant sa disparition. |
| Photo : GDCC/CVN |
Un autre aspect essentiel de la carrière artistique de Văn Giáo mérite d’être souligné : même devenu un peintre de la révolution et de la résistance, et malgré la place majeure occupée par la figure du Président Hô Chi Minh dans son œuvre, il ne perdit jamais le regard du peintre amoureux des paysages.
Affirmer la gouache comme un langage artistique à part entière
Dans la plupart de ses œuvres relevant de ces deux grands thèmes, la nature demeure un véritable "personnage". Văn Giáo privilégiait généralement des harmonies lumineuses, limpides et empreintes d’espoir. Ce choix n’était pas uniquement esthétique : il traduisait également la confiance et l’optimisme de l’artiste quant à l’avenir de son pays.
L’une des contributions majeures de Văn Giáo à la peinture moderne vietnamienne fut d’avoir contribué à affirmer la gouache comme un langage artistique à part entière. Des paysages de Hanoï de la fin des années 1930 aux œuvres réalisées pendant la Résistance dans l’Interzone V, à Diên Biên Phu, Vinh Linh et dans les régions montagneuses du Nord, jusqu’à ses dernières créations consacrées à Hanoï et au Président Hô Chi Minh, la gouache resta son principal moyen d’expression.
Dans la tradition académique européenne comme à l’École supérieure des beaux-arts de l’Indochine, la gouache était généralement considérée comme un matériau destiné aux esquisses, aux études ou aux travaux préparatoires. Le choix de Văn Giáo ne relevait donc pas uniquement d’une question technique : il traduisait également une véritable position artistique.
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| L'œuvre Soleil sur Ba Dinh (1973). |
| Photo : GDCC/CVN |
Il ne considérait pas la gouache comme un médium "secondaire" ni comme une simple étape précédant la réalisation d’une œuvre majeure, mais faisait de chacune de ses peintures à la gouache une œuvre pleinement achevée. Plusieurs de ses créations les plus représentatives, telles que Tam quan nội Văn Miếu (Portique intérieur du Temple de la Littérature, 1939), Cẩm Phả mỏ (Mine de Cẩm Phả, 1955), Đền Voi Phục (Temple de Voi Phục, 1957), Đôi bờ Hiền Lương (Les deux rives de Hiền Lương, 1957) et Hơ áo chiến sĩ (Sécher les vêtements des soldats, 1962), furent réalisées avec cette technique.
Plus important encore, Văn Giáo sut explorer et élargir les possibilités expressives de la gouache. Difficile à retoucher, cette technique impose au peintre de prendre rapidement ses décisions en matière de composition, de valeurs, de formes, de lignes et de lumière. Elle exige donc une grande capacité d’observation directe et une remarquable précision du réflexe visuel.
Văn Giáo travaillait notamment très souvent en plein air, y compris pour des compositions réunissant de nombreux personnages, exploitant ainsi pleinement son extraordinaire capacité d’improvisation. Confronté directement à des paysages et à des êtres humains en perpétuel mouvement, avec leurs innombrables nuances, il cherchait à saisir l’émotion de l’instant. La gouache devint ainsi chez lui le médium de la rapidité, du réflexe et de la mémoire immédiate.
À travers des milliers d’œuvres, Văn Giáo démontra que la gouache pouvait constituer un genre artistique autonome et contribua ainsi à rehausser le statut de cette technique dans les beaux-arts vietnamiens du XXe siècle.
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| Hơ áo chiến sĩ (Sécher les vêtements des soldats, 1962). |
| Photo : GDCC/CVN |
La dernière œuvre de Văn Giáo, Cây liễu bên nhà Bác (Le saule près de la maison de l’Oncle Hô), fut achevée en 1995, un an seulement avant sa disparition. Ce choix semble revêtir une dimension symbolique.
Après un long parcours à travers la guerre et la paix, une paix parfois brusquement interrompue par la guerre, les chantiers, les fermes d’État, les régions minières, les montagnes et les plaines, le peintre acheva sa carrière par une image d’une grande simplicité : un saule près de la maison sur pilotis de Hô Chi Minh. Cette peinture apparaît comme la conclusion douce et apaisée de toute une vie de création : la peinture est, en définitive, une manière de préserver ce que l’être humain et son pays possèdent de plus simple et de plus durable.
Aujourd’hui, lorsque l’on porte un regard rétrospectif sur l’héritage de Văn Giáo, ce qui impressionne n’est pas seulement l’abondance exceptionnelle de son œuvre ni la rare persévérance d’un homme qui consacra sa vie à ses pinceaux, mais aussi la remarquable cohérence de son engagement artistique.
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| Đền Voi Phục (Temple de Voi Phục, 1957). |
| Photo : GDCC/CVN |
Pendant près de soixante ans, il parcourut le pays, observa et peignit, plaçant toute sa confiance dans la puissance du dessin sur le vif, de la peinture-esquisse, de l’expérience directe de la vie et de la gouache.
Dans un contexte où les beaux-arts vietnamiens du XXe siècle furent traversés par de multiples courants et de profonds bouleversements historiques, Văn Giáo choisit une voie qui pouvait sembler discrète, mais qui se révéla d’une exceptionnelle constance. Il devint ainsi un témoin fidèle du pays à travers la peinture.
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| Le pont Thê Huc, 1990. |
| Photo : GDCC/CVN |
C’est précisément cette fidélité qui confère aujourd’hui à son œuvre sa valeur durable. Văn Giáo n’a pas seulement laissé de belles peintures : il a également légué une certaine conception de l’artiste. Pour lui, l’art ne prend véritablement tout son sens que lorsqu’il se nourrit de la vie, de voyages infatigables et d’un amour constant pour les êtres humains, la terre natale et l’histoire de la nation.
Distinctions
Tout au long de sa carrière, le peintre s'est vu décerné plusieurs prix. On peut citer : Prix de l’exposition des beaux-arts d’Août 1946 (première Exposition nationale des beaux-arts), deuxième prix de l’Exposition nationale des beaux-arts de 1955, prix des beaux-arts de la capitale en 1991, prix Thăng Long pour les arts, décerné par le Comité populaire de Hanoï (1996), prix d’État de littérature et des arts (2022).
À l’occasion de l’inauguration de l’exposition et du lancement de l’ouvrage d’art "Văn Giáo", la famille de l’artiste fera également don de deux tableaux : Trên thao trường (Sur le terrain d’entraînement) et Đón Bác Hồ ở đình Hồng Thái (Accueil du Président Hô Chi Minh à la maison communale de Hồng Thái).
L’exposition restera ouverte jusqu’au 6 octobre 2026 inclus.
Phuong Mai/CVN











