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| Le Vietnam compte actuellement environ 781.000 ha de caféiers. |
| Photo : VNA/CVN |
Lors du forum de dialogue Vietnam - Ouganda sur le développement durable de la caféiculture, organisé récemment dans le cadre de la coopération Sud-Sud, le ministère vietnamien de l'Agriculture et de l'Environnement, le ministère ougandais de l'Agriculture, de l'Industrie animale et de la Pêche, ainsi que l'organisation IDH, ont annoncé le lancement du Programme de caféiculture régénératrice au Vietnam.
Le programme se concentre sur les provinces de Dak Lak, Lâm Dông et Gia Lai, avec pour objectif d'établir une zone d'approvisionnement en café Robusta qui soit régénératrice, résiliente face au changement climatique et entièrement traçable.
Au cours des quatre prochaines années, le programme vise à atteindre environ 75.000 agriculteurs, dont 70% des ménages adopteront des pratiques agricoles régénératrices. Ces activités devraient permettre de réduire les émissions de CO2 d'environ 240.000 tonnes et d'augmenter les revenus des agriculteurs de 15%. Les résultats seront mesurés, rapportés et vérifiés grâce à un système MRV, intégrant la traçabilité et la divulgation conjointe des résultats.
Le Vietnam compte actuellement environ 781.000 hectares de caféiers, les hauts plateaux du Centre représentant 88% de ce total, soit environ 684.000 ha. En 2025, la production de café a atteint 2,19 millions de tonnes pour une valeur à l'exportation de 8,9 milliards de dollars, soit une multiplication par 3,2 par rapport à 2015. L'Union européenne et les États-Unis représentent 46,4% du marché d'exportation du café vietnamien.
L'ampleur de la production signifie que les exigences en matière d'environnement, d'émissions et de traçabilité ont un impact de plus en plus direct sur le secteur. Actuellement, environ 40 à 50% du café vietnamien est produit dans le respect de normes et de certifications telles que 4C, Rainforest Alliance, Fairtrade et l'agriculture biologique ; la mise en place de codes d'identification des zones de culture est également en cours.
Selon l'IDH, la production de café au Vietnam génère environ 3,5 tonnes d'équivalent CO2 par tonne de café, principalement en raison de méthodes agricoles intensives en intrants. À l'échelle mondiale, 20 à 50% des terres propices à la culture du café pourraient être perdues d'ici 2050 si le secteur n'opère pas une transition vers des pratiques adaptatives et régénératrices.
Les solutions proposées par le programme incluent l'utilisation d'intrants durables, l'agroforesterie, la culture intercalaire, l'amélioration des sols, l'irrigation économe en eau ainsi que la protection des forêts et des ressources en eau. L'IDH estime qu'une production régénératrice peut accroître les rendements de 15 à 100%, renforcer la résilience de 10 à 40% et augmenter les bénéfices de 36 à 100%.
Cette transition vise également à répondre aux exigences des marchés d'exportation, notamment le Règlement de l'Union européenne sur la déforestation et la Directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité.
Promouvoir la coopération Sud-Sud
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| Les agriculteurs vietnamiens s’emploient activement à mettre en œuvre de nouvelles méthodes agricoles. |
| Photo : VNA/CVN |
La filière caféière vietnamienne fait actuellement face à des défis tels que le vieillissement des plantations, la prédominance de la petite agriculture familiale, le rôle limité des coopératives, la faiblesse des liens au sein de la chaîne de production et le manque de capitaux d'investissement pour le développement.
À cette occasion, le Vietnam et l'Ouganda ont établi, pour la première fois, un plan d'action conjoint pour le développement durable de la caféiculture, dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Ce plan a été signé par le Département de la coopération internationale, l'Autorité ougandaise de développement de la filière café et l'IDH, s'appuyant sur un protocole d'accord de 2019 relatif à la coopération agricole bilatérale.
Les parties échangeront des politiques, une expertise technique et des expériences concernant le développement de la caféiculture, la réforme des marchés, les liens commerciaux et la mobilisation des ressources. Ces activités seront mises en œuvre dans le cadre du Programme pour un café résilient au climat, qui s'étendra de septembre 2026 à 2030.
Le Dr. Pham Ngoc Mâu, directeur adjoint du Département de la coopération internationale du ministère vietnamien de l'Agriculture et de l’Environnement, a souligné que le Vietnam a consacré près de quatre décennies au développement de sa filière café, s'imposant ainsi comme l'un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux. Ce partenariat avec l'Ouganda offre aux deux parties l'occasion de partager leurs expériences et de tirer parti de leurs atouts respectifs pour garantir un approvisionnement en café durable et résilient pour le marché mondial.
Nguyên Tùng/CVN




