>> Hoà Phat livrera 2.000 conteneurs à une compagnie allemande maritime de conteneurs
>> Vietjet récompensée pour ses efforts en termes de développement durable
>> Le président de Vingroup apporte près de 88 millions d'actions VIC à VinSpeed
>> Les produits alimentaires vietnamiens font chambre à part à Moscou
>> Hoà Phat met en service son plus grand navire maritime
![]() |
| Mme Nguyên Thị Phương Thảo et sa vision de "démocratiser" le voyage aérien avec Vietjet. |
| Photos : VNA/CVN |
Pour la milliardaire Nguyên Thi Phuong Thao, la philosophie qui a guidé la création de Vietjet ne se limite pas à la vente de billets d’avion. Elle vise aussi à offrir la possibilité de voyager en avion à des millions de personnes qui n’en ont jamais eu l’occasion. Depuis le lancement de ses activités commerciales en 2011, Vietjet a contribué à populariser le modèle du transport aérien à bas coût au Vietnam. La compagnie a étendu son réseau de lignes nationales et internationales et progressivement développé une marque qui dépasse les frontières du marché intérieur.
![]() |
| Le président du groupe Hoà Phat, Trân Dinh Long. |
| Photo : VNA/CVN |
Dans l’industrie, Trân Dinh Long, président du groupe Hoà Phat, a affirmé un jour : "Hoà Phat fera ce que les autres ne sont pas capables de faire". Fidèle à sa stratégie d’investissement dans la sidérurgie, le groupe a développé de grands complexes industriels à Dung Quât et s’est hissé au premier rang du marché vietnamien de l’acier pour la construction. La préparation de la production de rails destinés aux grands projets ferroviaires témoigne de sa volonté de se positionner sur des segments exigeant davantage de technicité et offrant une plus forte valeur ajoutée.
Dans le secteur des biens de consommation, le milliardaire Nguyên Dang Quang avait pour ambition que chaque famille vietnamienne possède au moins un produit Masan dans sa cuisine. Grâce à ses marques alimentaires et d’assaisonnement ainsi qu’à son réseau de distribution, le groupe a acquis une large présence sur le marché. De leur côté, Hô Hung Anh et Ngô Chi Dung ont respectivement développé Techcombank et VPBank, devenues de grandes banques privées qui contribuent au financement de l’économie et à la transformation numérique du secteur bancaire.
Ces parcours illustrent l’essor des huit milliardaires vietnamiens en dollars : Pham Nhât Vuong, Nguyên Thi Phuong Thao, Pham Thu Huong, Pham Thuy Hang, Trân Dinh Long, Hô Hung Anh, Ngô Chi Dung et Nguyên Dang Quang. Ils évoluent dans des secteurs variés, de l’immobilier à l’industrie, en passant par le transport aérien, la banque, les biens de consommation et les technologies.
![]() |
| Cérémonie traditionnelle de bris du tonneau de saké lors de la présentation de la collection d’assaisonnements Chin-su par Masan au salon Foodex Japan. |
| Photo : VNA/CVN |
Au 11 octobre 2026, la fortune de Pham Nhât Vuong s’élevait à 35,2 milliards de dollars, le plaçant au 66e rang mondial et au premier rang des fortunes vietnamiennes. Pham Thu Huong disposait d’un patrimoine de 4 milliards de dollars, au 1.067e rang mondial, tandis que Pham Thuy Hang possédait 2,8 milliards de dollars.
L’accumulation de richesses individuelles s’accompagne de l’expansion des entreprises. À la fin juin 2026, le total des actifs de Vingroup dépassait 1,3 million de milliards de dôngs, celui de Hoà Phat avoisinait 279.000 milliards de dôngs et celui de Techcombank près de 1,3 million de milliards de dôngs. Les ressources ainsi accumulées permettent à ces groupes de poursuivre des objectifs plus ambitieux, tout en soulevant une question essentielle : dans quelle mesure leur taille peut-elle se traduire par une véritable compétitivité ?
L’ambition de conquérir les marchés mondiaux
Le succès sur le marché vietnamien ne garantit pas une compétitivité à l’échelle mondiale. En matière de chiffre d’affaires, de technologies, de productivité, de notoriété internationale et de positionnement dans les chaînes de valeur, la plupart des grands groupes privés vietnamiens accusent encore un retard considérable par rapport aux principaux acteurs asiatiques et mondiaux.
VinFast est engagé dans une concurrence particulièrement intense sur le marché des véhicules électriques, face à des constructeurs chinois, américains, sud-coréens et européens qui bénéficient d’avantages en matière de taille, de technologie, de chaînes d’approvisionnement et d’expérience industrielle. Hoà Phat occupe une position dominante sur son marché national et développe ses exportations, mais doit encore renforcer ses capacités technologiques, la qualité de ses produits et son intégration aux chaînes d’approvisionnement à forte valeur ajoutée pour s’imposer à l’international.
Dans le secteur technologique, FPT a élargi ses activités, passant de la sous-traitance logicielle aux services technologiques, à la transformation numérique, à l’intelligence artificielle (IA) et à ses premières initiatives dans les semi-conducteurs. Néanmoins, les entreprises vietnamiennes restent encore peu présentes dans les segments technologiques clés, tels que la conception de puces avancées, la production de semi-conducteurs à grande échelle ou le développement de plateformes d’IA de premier plan.
![]() |
| Le Premier ministre Pham Minh Chinh prononce un discours lors de l’inauguration du bureau de FPT à New York en 2022. |
| Photo : VNA/CVN |
Cette situation représente à la fois un défi et une opportunité pour la prochaine décennie. L’IA, l’informatique en nuage, les semi-conducteurs, les matériaux avancés, les énergies vertes et la robotique redessinent l’économie mondiale. Pour se positionner sur ces marchés, les entreprises doivent disposer de capitaux importants, de ressources humaines hautement qualifiées, de capacités de recherche à long terme et d’un écosystème industriel intégré.
Plusieurs groupes vietnamiens commencent à explorer ces nouveaux domaines. Vingroup étend ses investissements à l’industrie, à l’énergie, aux batteries et à la robotique ; FPT mise sur l’IA, les semi-conducteurs et les infrastructures numériques ; Hoà Phat cherche à moderniser ses capacités de production sidérurgique. Les banques privées accélèrent leur transformation numérique et développent des services financiers fondés sur les données, tandis que Masan peut s’appuyer sur les technologies pour optimiser ses chaînes d’approvisionnement et ses activités de distribution.
Toutefois, l’importance des capitaux et l’ambition ne suffisent pas à garantir le succès. Les entreprises doivent choisir des secteurs correspondant à leurs avantages, investir avec discipline, constituer des équipes de recherche, préserver leur trésorerie et poursuivre des objectifs de rentabilité à long terme. Toute diversification doit reposer sur des capacités réelles, plutôt que sur la seule volonté de suivre les tendances du moment.
Le rôle de l’État est également essentiel. Les politiques de développement scientifique et technologique, de formation des ressources humaines, de protection de la propriété intellectuelle, de construction des infrastructures et de garantie d’une concurrence équitable peuvent aider les entreprises à réduire leurs coûts, à innover et à renforcer leur compétitivité. La complémentarité entre les ressources privées et les politiques publiques contribuera à déterminer la capacité du Vietnam à faire émerger des groupes capables de rivaliser sur les marchés internationaux.
L’expérience sud-coréenne montre que les grands conglomérats peuvent devenir des moteurs de l’industrialisation. Leur contribution à long terme dépend toutefois de leur capacité à stimuler la productivité, les exportations et l’innovation technologique, tout en favorisant le développement d’un réseau national de fournisseurs et d’entreprises sous-traitantes.
Pour transformer les ressources accumulées en capacités technologiques
Pour le Vietnam, l’objectif ne consiste pas simplement à voir émerger de nouveaux milliardaires en dollars ou des groupes affichant une capitalisation boursière élevée. L’enjeu est surtout de permettre aux entreprises de maîtriser leurs technologies, de créer des produits à forte valeur ajoutée, de générer des emplois qualifiés et d’intégrer plus profondément les entreprises vietnamiennes aux chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les déclarations ambitieuses de certains entrepreneurs, parfois accueillies avec scepticisme, peuvent marquer le début de grandes trajectoires. Mais le véritable critère de réussite n’est pas la fortune du fondateur : il réside dans la compétitivité internationale de l’entreprise et dans les retombées durables qu’elle génère pour la société.
Le Vietnam dispose désormais de groupes suffisamment puissants pour nourrir des ambitions internationales. Le défi consiste à transformer les ressources accumulées en capacités technologiques, les ambitions en produits compétitifs à l’échelle mondiale et les réussites de quelques grands groupes en un moteur de prospérité pour l’ensemble de la population.
Hoàng Hoa/CVN








