>> Maintenir le flux de financement au service d’une croissance à deux chiffres
>> Le Vietnam maintient son objectif de maîtrise de l’inflation au second semestre
>> La stabilité macroéconomique du Vietnam sera mise à l’épreuve au 2e semestre
La Banque d’État du Vietnam (BEV) maintiendra son objectif d’inflation à 4,5% en 2026, a indiqué son gouverneur, Pham Duc An. Dans un contexte économique mondial jugé complexe et imprévisible, marqué par la persistance des tensions géopolitiques, la Banque centrale entend poursuivre une politique monétaire flexible afin de soutenir la production et les activités des entreprises, tout en contribuant à l’objectif d’une croissance économique à deux chiffres du pays.
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| Malgré les pressions inflationnistes persistantes, la Banque d’État du Vietnam maintient son objectif de 4,5% pour 2026. |
| Photo : VNA/CVN |
La politique monétaire continuera d’être étroitement coordonnée avec la politique budgétaire afin de concilier croissance et stabilité macroéconomique. La BEV s’appuiera notamment sur les opérations d’open market pour assurer la liquidité du système bancaire, orienter le crédit vers les secteurs productifs et limiter les financements destinés aux activités les plus risquées. Elle suivra également de près l’évolution des marchés afin d’ajuster, si nécessaire, ses taux directeurs, tout en maintenant un équilibre entre la croissance du crédit et la mobilisation des capitaux.
Dans l’ensemble, l’inflation est restée conforme aux objectifs au premier semestre 2026. Toutefois, selon le vice-ministre des Finances, Trân Quôc Phuong, les marges de manœuvre pour la contenir davantage restent très limitées. Au second semestre, les prix devraient continuer de subir les effets conjugués de facteurs externes et internes.
Les pressions inflationnistes ont néanmoins été atténuées grâce à la poursuite des politiques de réduction des impôts, taxes et redevances, à une gestion proactive de la politique monétaire, ainsi qu’à un approvisionnement alimentaire demeuré globalement stable. Par ailleurs, l’engagement du gouvernement en faveur de la stabilité macroéconomique, de la maîtrise de l’inflation et du maintien des grands équilibres économiques contribue à stabiliser les anticipations des acteurs économiques et à créer des conditions favorables au contrôle des prix.
Le vice-ministre a indiqué que le ministère des Finances avait élaboré trois scénarios d’inflation pour 2026, tablant respectivement sur des hausses de 4,5%, 5% et 5,5%.
Grands équilibres
De son côté, la Banque centrale prévoit une inflation moyenne comprise entre 4,8% et 5,5%, tandis que les organisations internationales l’estiment entre 3,8% et 5,2%.
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| Assemblage de faisceaux de câbles électriaques dans l'usine Bandai Vietnam, implantée à Phu Tho (Nord). |
| Photo : VNA/CVN |
Les principales sources de pres-sion inflationniste proviendraient du décalage des effets de la forte croissance du crédit en 2025, de l’accélération des investissements et de la consommation destinée à soutenir la croissance, ainsi que des fluctuations du taux de change susceptibles d’alourdir le coût des importations de matières premières et de biens intermédiaires.
À l’inverse, plusieurs facteurs pourraient contribuer à limiter ces tensions, notam-ment la stabilité attendue des prix mondiaux des matières premières dans un contexte de croissance mondiale modérée, ainsi que l’abondance de l’offre sur le marché intérieur.
Le taux d’inflation est revenu à 4,69% en juin dernier, après avoir atteint 5,60% en mai, son plus haut niveau depuis plusieurs mois. Afin de maintenir l’inflation dans la fourchette fixée par l’Assem-blée nationale, le gouvernement et la BEV poursuivent une politique monétaire prudente, soutiennent l’offre intérieure et ajustent avec souplesse les prix des services administrés.
La maîtrise de l’inflation repose sur plusieurs leviers macroéconomiques. En premier lieu, une politique monétaire proactive, la Banque centrale ajustant ses taux directeurs et encadrant la croissance du crédit afin d’éviter toute surchauffe tout en soutenant l’activité économique. En deuxième lieu, une gestion progressive des prix administrés, notamment ceux de l’électricité, de l’éducation et de la santé, afin d’en limiter l’impact sur l’indice des prix à la consommation (IPC). Enfin, les autorités veillent à sécuriser les approvisionnements, notamment alimentaires, et à stabiliser le coût des matières premières, dans un contexte marqué par la volatilité des marchés internationaux.
La directrice de l’Office national des statistiques, Nguyên Thi Huong, a indiqué que l’IPC de juin affichait une hausse de 3,21% par rapport à décembre 2025 et de 4,69% sur un an. Au deuxième trimestre, l’IPC a progressé de 5,25%, tandis que l’inflation sous-jacente s’est établie à 4,12%. Selon elle, le gouvernement a mis en œuvre, durant le premier semestre, un ensemble cohérent de mesures destinées à préserver la stabilité macroéconomique, maîtriser l’inflation et maintenir les grands équilibres économiques face aux incertitudes internationales et à la hausse des coûts de production. Les politiques budgétaire et monétaire ont été conduites de manière coordonnée, tandis que les prix des carburants ont été gérés avec souplesse en fonction de l’évolution des cours mondiaux ainsi que des conditions de l’offre et de la demande sur le marché intérieur. Le Vietnam a également renforcé sa coopération internationale afin de diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique.
En vertu de sa Résolution N°244/2025 relative au plan de développement socio-économique pour 2026, l’Assemblée nationale a fixé un objectif de croissance du PIB d’au moins 10%, tout en maintenant l’inflation moyenne autour de 4,5%. Concilier une croissance économique soutenue et la maîtrise de l’inflation constitue un défi majeur dans un contexte d’incertitudes mondiales persistantes. Les économistes estiment que les pressions inflationnistes devraient être plus fortes en 2026 qu’en 2025, même si aucun choc majeur n’est anticipé.
Thê Linh/CVN




