La stabilité macroéconomique du Vietnam sera mise à l’épreuve au 2e semestre

Après une forte croissance au premier semestre 2026, l’économie vietnamienne devrait subir des pressions accrues dans les mois à venir. La hausse de l’inflation, des taux de change et des taux d’intérêt met à l’épreuve sa capacité à maintenir la croissance et la stabilité macroéconomique.

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Dans une usine située à la province de Bac Ninh. 
Photo : VNA/CVN

Dans un rapport récemment publié, Vu Binh Minh, CFA, directeur associé des Trading Forex, Marchés et Services de titres chez HSBC Vietnam, a déclaré que l’économie vietnamienne s’est trouvée dans une situation relativement favorable au cours des six premiers mois de l’année, avec une croissance du PIB de 8,18% - le taux de croissance semestriel le plus élevé de ces dernières années - grâce à la synergie des principaux moteurs de croissance.

La production industrielle, les exportations, la consommation intérieure et les investissements publics sont restés des piliers essentiels, tandis que les flux d’investissements directs étrangers (IDE) ont maintenu une dynamique positive.

À noter que les IDE enregistrés ont atteint 34,65 milliards de dollars au cours de la période considérée, soit une hausse de 61% sur un an, tandis que les capitaux décaissés se sont élevés à 13,03 milliards de dollars, leur plus haut niveau en cinq ans.

Les apports en capital et les acquisitions d’actions par les investisseurs étrangers ont progressé de près de 90%, témoignant de la confiance dans les perspectives à moyen et long terme du Vietnam et de l’accentuation de la transformation des chaînes d’approvisionnement mondiales.

Cependant, le rythme rapide de la croissance a également fragilisé les équilibres macroéconomiques. Lorsque les marges de manœuvre des politiques économiques seront moins importantes qu’auparavant, les décideurs politiques risquent de subir une pression accrue au second semestre, car de nombreuses variables entreront en jeu simultanément, indique le rapport.

L’un des indicateurs clés à surveiller est la balance commerciale. Le Vietnam a enregistré un déficit commercial de biens d’environ 16,65 milliards de dollars entre janvier et juin, après avoir dégagé un excédent sur la même période l’année précédente.

Selon l’expert, la hausse des importations s’est principalement concentrée sur les machines, les équipements et les matières premières - des catégories qui soutiennent l’investissement et la production. En ce sens, le déficit actuel semble davantage lié à la préparation des capacités de production pour la phase suivante et diffère, par nature, d’un déficit dû à la consommation.

Dans une économie où la production reste fortement dépendante des importations, lorsque ces dernières augmentent plus rapidement que les exportations, des tensions sur la balance extérieure et le taux de change pourraient apparaître plus tôt, souligne le rapport.

L’inflation est une autre variable qui requiert une surveillance étroite. L’IPC moyen a progressé de 4,38% au premier semestre, un niveau assez proche de l’objectif d’environ 4,5% fixé par l’Assemblée nationale.

Dans un supermarché à Dà Nang. 
Photo : VNA/CVN

HSBC a indiqué que l’inflation s’est accélérée, notamment au cours des deux derniers mois du deuxième trimestre, dans un contexte de forte hausse des prix de l’énergie, elle-même alimentée par les tensions géopolitiques, de coûts des intrants importés toujours élevés et de répercussions sur les prix alimentaires dues aux fluctuations des prix mondiaux.

Point positif : l’inflation sous-jacente sur six mois a progressé de 4,12%, restant inférieure à l’IPC global, ce qui suggère que les pressions inflationnistes ne se sont pas encore généralisées. Néanmoins, le risque d’inflation demeure à surveiller, d’autant plus que la demande intérieure se redresse plus vigoureusement.

Le taux de change et les taux d’intérêt demeurent des variables clés pour les décideurs politiques, la demande croissante de devises étrangères exerçant une pression sur le dong vietnamien depuis la fin du premier trimestre.

Les mesures proactives de la Banque d’État du Vietnam ont contribué à stabiliser l’offre de devises, la liquidité et les anticipations du marché. Parallèlement, les taux interbancaires et de dépôt élevés reflètent une forte demande de crédit, une mobilisation des dépôts plus lente et la nécessité de maintenir un différentiel de taux d’intérêt entre le dông et le dollar raisonnable afin de soutenir la stabilité du taux de change.

Ces évolutions sont une conséquence relativement naturelle d’une économie en forte croissance, avec une marge de manœuvre limitée pour un nouvel assouplissement de la politique monétaire, et figureront parmi les principaux facteurs déterminants de la gestion économique au second semestre.

Cependant, les perspectives pour le second semestre ne sont pas sans atouts. Les tendances saisonnières pourraient apporter un soutien supplémentaire en fin d’année, avec l’entrée en vigueur de la haute saison des exportations, l’amélioration générale du tourisme et des transferts de fonds, et une meilleure stabilité des prix grâce à une offre intérieure plus saine.

Un autre facteur important est la réforme prévue de la Bourse de Vietnam. Selon Vu Binh Minh, si le processus se déroule comme prévu dans les prochains mois, son impact ira au-delà de l’amélioration du climat des marchés : il élargira le bassin d’investisseurs pouvant accéder au Vietnam, améliorera la liquidité, rehaussera la qualité des flux de capitaux et renforcera la position des actifs vietnamiens sur le marché mondial.

À moyen et long terme, des flux de capitaux étrangers plus stables pourraient également contribuer à une offre de devises plus durable, atténuant potentiellement les pressions sur le taux de change et offrant une plus grande marge de manœuvre en matière de politique monétaire, a-t-il ajouté.

Selon l’expert, la forte croissance du premier semestre a créé une base favorable pour l’ensemble de l’année 2026. Toutefois, les performances des mois restants dépendront de plus en plus de la capacité à concilier croissance et stabilité macroéconomique. L’investissement public, les IDE de qualité et la revalorisation du marché boursier devraient jouer un rôle structurel, contribuant à consolider les fondements d’une croissance économique durable.

VNA/CVN

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