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| Le gouverneur de la Banque d’État du Vietnam, Pham Duc Ân. Photo : VNA/CVN |
Parallèlement aux résultats encourageants enregistrés en matière de financement de la production et des activités économiques, le système bancaire doit également faire face à plusieurs défis simultanés : déséquilibre entre l’offre et la demande de capitaux, pressions sur les taux d’intérêt, risque de hausse des créances douteuses…
Une politique monétaire flexible
Selon le gouverneur de la Banque d’État du Vietnam, Pham Duc Ân, malgré un environnement particulièrement difficile, la politique monétaire a été pilotée de manière proactive et souple, contribuant à préserver la stabilité macroéconomique, à contenir l’inflation et à maintenir un taux de change stable.
En matière de taux d’intérêt, la Banque d’État a multiplié les directives adressées aux banques commerciales afin de maintenir des conditions de financement favorables, facilitant ainsi l’accès des ménages et des entreprises au crédit.
À cet égard, le 9 avril dernier, la Banque d’État a réuni les établissements bancaires et leur a demandé de réduire les taux d’intérêt appliqués aux nouveaux dépôts d’une durée de six mois ou plus, tout en abaissant les taux de prêt afin d’améliorer l’accès au crédit pour les entreprises et les particuliers.
Cette intervention confirme la volonté des autorités de concilier soutien à la croissance économique et préservation de la stabilité du système financier, malgré les pressions croissantes des marchés internationaux.
Parallèlement, le taux de change continue d’être géré avec flexibilité en fonction de l’évolution des marchés, en coordination avec les autres instruments de politique monétaire. Grâce à cette approche, le marché des changes fonctionne de manière fluide, les besoins légitimes en devises de l’économie sont pleinement satisfaits et la parité USD/VND évolue de façon stable, permettant d’absorber les chocs extérieurs tout en rassurant les acteurs du marché.
Dans ce contexte, les flux de crédit continuent d’être orientés vers les secteurs productifs et les domaines prioritaires. À la fin du mois de mai 2026, près de 77% des encours de crédit de l’économie étaient destinés aux activités de production et de commerce.
Parmi les secteurs prioritaires, l’agriculture et le développement rural représentaient 22,09% des crédits, les petites et moyennes entreprises 19,84%, tandis que certains segments affichaient une croissance particulièrement dynamique : +20,53% pour les crédits à l’exportation et +26,36% pour les entreprises de haute technologie.
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| Photo : HDBank/CVN |
Le président du Conseil d’administration de HDBank, Kim Byoungho, estime que les orientations rapides et pertinentes de la Banque d’État ont permis de préserver la stabilité monétaire et la sécurité du système tout en accompagnant efficacement les entreprises et les particuliers.
Au cours des six premiers mois de l’année, les performances de HDBank ont ainsi été particulièrement solides : l’encours de crédit a progressé de près de 18% depuis le début de l’année, principalement au bénéfice de la production et des secteurs prioritaires ; le taux de créances douteuses est resté inférieur à 2%, tandis que le ratio de solvabilité s’est maintenu au-dessus de 13%.
À la suite de la réunion du 9 avril, HDBank a immédiatement réduit de 0,5 point de pourcentage par an les taux d’intérêt appliqués aux dépôts de six mois et plus.
Développer les ressources de financement à long terme
Les résultats enregistrés au premier semestre constituent une base favorable à la croissance économique, mais ils imposent également de nouveaux défis pour la seconde moitié de l’année.
Alors que le crédit progresse désormais plus rapidement que les dépôts, les besoins en financements à moyen et long termes continuent de croître. Le système bancaire est ainsi confronté à de nouvelles pressions, qui nécessitent des réponses encore plus souples de la part des autorités monétaires.
Selon Dào Minh Tu, vice-président et secrétaire général de l’Association bancaire du Vietnam, les établissements de crédit sont aujourd’hui confrontés à un déséquilibre entre l’offre et la demande de capitaux.
Les besoins d’investissement de l’économie demeurent considérables alors que la croissance des dépôts reste inférieure à celle du crédit, limitant les capacités de financement des banques.
Cette situation exerce également une pression sur les taux d’intérêt. Lorsque la liquidité se tend et que l’offre de capitaux devient insuffisante, une hausse des taux constitue une évolution quasi inévitable.
Si le gouvernement et la Banque d’État ont demandé aux banques de réduire leurs taux pour soutenir les entreprises, cet objectif doit rester compatible avec la préservation de la solidité financière du secteur bancaire.
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| Les flux de crédit continuent d’être orientés vers les secteurs productifs et les domaines prioritaires. |
| Photo : VNA/CVN |
Trouver l’équilibre entre coût des ressources, rentabilité et stabilité du système constitue un exercice particulièrement complexe. Dans cette perspective, Dào Minh Tu estime que les politiques publiques de soutien aux entreprises devraient être pensées sur le moyen et le long terme, plutôt que de faire reposer l’essentiel de l’effort sur les seules banques commerciales.
À ces contraintes s’ajoute le risque croissant de créances douteuses, alimenté par les difficultés persistantes des entreprises et les tensions du marché immobilier. La gestion des garanties constitue également un obstacle majeur.
Depuis l’expiration de la Résolution N°42/2017/QH14 sur le traitement expérimental des créances douteuses, les procédures de recouvrement se sont ralenties, faute d’un cadre juridique suffisamment précis pour encadrer la saisie des garanties. Par ailleurs, les risques liés aux paiements numériques, à la protection des données des clients, à la vérification des garanties et à la cybercriminalité représentent de nouveaux défis pour le secteur.
Fort de son expérience, Dào Minh Tu recommande de développer plus activement les marchés de capitaux à moyen et long termes, notamment les marchés boursiers, obligataires et les fonds d’investissement, afin de réduire la dépendance de l’économie vis-à-vis du crédit bancaire.
Il plaide également pour que les programmes publics de crédit préférentiel soient conçus, dès leur élaboration, en étroite concertation avec la Banque d’État, afin de garantir leur faisabilité opérationnelle.
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| Au siège sociale de HDBank à Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : VNA/CVN |
Il appelle en outre à une meilleure harmonisation des textes législatifs, notamment de la Loi foncière, de la Loi sur le logement et de la Loi sur les activités immobilières, afin de faciliter le traitement des garanties et le recouvrement des créances. Des mécanismes plus précis devraient également être mis en place pour le financement des petites et moyennes entreprises, afin de donner aux banques commerciales un cadre juridique plus solide pour développer leurs prêts.
Du côté des banques commerciales, HDBank recommande que la Banque d’État poursuive son soutien à la liquidité du marché et mette à disposition, lorsque cela s’avère nécessaire, des ressources de refinancement afin de limiter les tensions sur le marché interbancaire et de stabiliser les taux d’intérêt.
"La Banque d’État devrait continuer à encourager les banques commerciales à mobiliser des ressources durables, notamment des financements verts provenant des marchés internationaux, afin de diversifier leurs sources de financement. Elle devrait également renforcer sa coordination avec le ministère des Finances pour optimiser l’utilisation des liquidités disponibles du Trésor public et fournir ainsi davantage de liquidités à court terme au marché interbancaire", a proposé le président du conseil d’administration de HDBank, Kim Byoungho.
Hông Anh - Câm Sa / CVN






