Crise énergétique mondiale : une motivation pour accélérer la transition verte

Les tensions géopolitiques actuelles au Moyen-Orient placent la sécurité énergétique mondiale dans une phase d’incertitude majeure. Pour des économies en développement rapide comme le Vietnam, encore largement dépendantes des combustibles fossiles, ces évolutions ne relèvent plus d’une crise lointaine, mais constituent un défi direct pour la stabilité économique nationale.

>> Les entreprises vietnamiennes s’unissent pour la transition verte

>> Vers une souveraineté énergétique : le Vietnam accélère sa transition verte

>> Sécurité énergétique, clé de l’autonomie dans la transition verte

Enzo Sim Hong Jun, chercheur en histoire et en défense de l'Asie du Sud-Est.
Photo : VNA/CVN

Dans une interview accordée à l’Agence Vietnamienne d’Information (VNA) à Kuala Lumpur, Enzo Sim Hong Jun, chercheur en histoire et en défense, a souligné que la fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial, constituerait un choc majeur pour les économies dépendantes des combustibles fossiles.

Pour un pays comme le Vietnam, dont l’économie est fortement orientée vers l’exportation, une telle situation se traduirait par une hausse brutale des coûts énergétiques et logistiques. En effet, les prix du pétrole brut ont déjà bondi de plus de 30% depuis le début du conflit, menaçant la compétitivité des produits nationaux sur les marchés internationaux.

En observant les pays voisins, le chercheur malaisien note que même la Malaisie, pourtant productrice de pétrole, n’est pas épargnée. Pour faire face à l’instabilité, le gouvernement malaisien a adopté une stratégie proactive reposant sur cinq piliers : garantir l'approvisionnement, maintenir le dialogue, freiner la hausse des prix, promouvoir les économies d'énergie et assurer la transparence.

Des mesures concrètes ont été prises, telles que le télétravail pour les fonctionnaires afin de réduire la consommation d'électricité et la régulation stricte de la climatisation dans les bâtiments publics. L’utilisation d’outils technologiques comme l’application "Price Catcher" permet également aux citoyens de surveiller le coût des produits de première nécessité.

Quant au Vietnam, Enzo Sim Hong Jun se montre optimiste quant à la trajectoire actuelle du pays. Il estime que Hanoï prend des mesures adéquates en réduisant progressivement sa dépendance au charbon au profit des énergies renouvelables, notamment l'éolien et le solaire. Loin d'être uniquement une crise, la situation actuelle agit comme un catalyseur pour accélérer la transition verte. Le Vietnam peut renforcer sa résilience en s'appuyant sur des partenariats avec le Royaume-Uni, l'Australie ou la Nouvelle-Zélande. De plus, l'accord récent avec la Russie sur le nucléaire civil est perçu comme une étape stratégique majeure pour sécuriser l'avenir énergétique du pays.

À court terme, le chercheur préconise également d’améliorer les capacités d’exploitation et de raffinage. Une coopération accrue avec des partenaires expérimentés, tels que le groupe malaisien Petronas, pourrait permettre au Vietnam de mieux valoriser ses nouveaux gisements de pétrole. L’exploitation des ressources nationales servirait ainsi de solution transitoire, en attendant l’achèvement d’un écosystème énergétique plus vert.

Le chercheur estime que le choc énergétique provoqué par le conflit iranien contraindra le monde à accélérer l'adoption de pratiques économiques vertes afin d'éviter que de tels scénarios ne se reproduisent. Grâce à des mesures stratégiques allant des énergies renouvelables et du nucléaire à l'optimisation de ses ressources nationales en pétrole et en gaz, le Vietnam non seulement surmonte les défis, mais s’affirme comme un acteur résolu de la nouvelle ère énergétique.

VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top