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| Ei Sun OH, expert au Centre de recherche sur le Pacifique. |
| Photo : VNA/CVN |
S’exprimant auprès du correspondant de la VNA en Malaisie, Ei Sun OH a estimé que les tensions au Moyen-Orient ne constituent pas seulement un facteur externe, mais exercent des impacts directs sur la stabilité économique de la région, soulignant la nécessité urgente de renforcer la sécurité énergétique à long terme.
Selon cet expert, le principal défi pour le Vietnam et de nombreux pays d’Asie du Sud-Est réside dans leur forte dépendance aux importations d’énergie, notamment le pétrole et le gaz en provenance du Moyen-Orient. Toute perturbation des routes d’approvisionnement pourrait entraîner des pénuries et une hausse des prix de l’énergie, pesant sur le pouvoir d’achat des populations et freinant la croissance économique.
Par ailleurs, en raison de leur forte intégration au commerce international, les économies de la région subissent également les effets de la hausse des coûts de transport. L’augmentation des prix de l’énergie renchérit les coûts logistiques, réduisant la compétitivité des exportations et exerçant une double pression sur la croissance.
Évoquant l’expérience de la Malaisie, pays occupant une place importante dans l’industrie pétrolière régionale, l’expert a indiqué que les mesures à court terme restent principalement conjoncturelles, telles que la réduction des subventions énergétiques et la rationalisation des dépenses publiques. À plus long terme, la Malaisie s’efforce de réduire sa dépendance aux importations en privilégiant l’utilisation de ses ressources nationales, tout en développant les énergies renouvelables, notamment solaire et éolienne, et en étudiant le recours à l’énergie nucléaire.
S’agissant du Vietnam, Ei Sun OH a salué les orientations actuelles, notamment la réduction progressive du charbon, le développement des énergies renouvelables, le renforcement des infrastructures de transport d’électricité et l’intensification de la coopération internationale. Le Vietnam ambitionne également d’exporter de l’énergie propre au sein de l’ASEAN et de renforcer la coopération avec des organisations internationales telles que Agence internationale de l’énergie atomique pour le développement de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.
Toutefois, l’expert a souligné que la réussite de ces orientations dépendra avant tout de la détermination dans leur mise en œuvre. L’écart entre les stratégies définies et les résultats concrets nécessite une action cohérente, coordonnée et résolue à tous les niveaux.
Parmi les recommandations majeures figure le renforcement de l’interconnexion des réseaux électriques entre les pays de l’ASEAN. La mise en place de réseaux interconnectés permettrait de mieux faire face aux pénuries ponctuelles d’énergie et de renforcer la résilience régionale face aux chocs extérieurs. Les progrès technologiques, notamment dans les câbles sous-marins, ouvrent des perspectives favorables à cette coopération.
Néanmoins, le principal défi de la transition énergétique reste le financement. Le développement des énergies propres, la modernisation des infrastructures et la mise en place d’un système énergétique durable exigent des investissements considérables. Dans ce contexte, le Vietnam devra faire preuve de créativité dans la mobilisation des ressources, tout en renforçant la coopération internationale.
Dans un monde en mutation rapide, la sécurité énergétique apparaît ainsi non seulement comme un impératif économique, mais aussi comme un enjeu stratégique. La combinaison d’une volonté politique forte, d’une mobilisation innovante des ressources et d’une coopération régionale renforcée constituera la clé pour permettre au Vietnam de garantir son autonomie énergétique, de soutenir une croissance durable et de mieux résister aux chocs extérieurs.
VNA/CVN



