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| Des jeunes consultent les réseaux sociaux sur leur téléphone à Sydney, le 8 novembre 2024. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
Un an et demi après l'Australie, le gouvernement canadien a présenté au Parlement un projet de loi pour interdire aux enfants de moins de 16 ans de posséder des comptes sur les réseaux sociaux. En Australie, l'utilisation des principaux réseaux sociaux, notamment TikTok, X, Facebook, Instagram, YouTube, Snapchat et Threads, avait été interdite aux moins de 16 ans, en décembre 2025.
L'Australie est le premier pays à avoir mis en œuvre une interdiction nationale aussi large des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Le Brésil et l'Indonésie lui ont emboité le pas et plusieurs autres États comme le Royaume-Uni, l'Espagne, le Danemark et la Thaïlande travaillent sur des mesures similaires pour renforcer la sécurité en ligne. En France, un projet de loi est actuellement à l'étude au Parlement.
"Nous manquons à nos devoirs envers nos enfants. Ça suffit, a déclaré Marc Miller, le ministre canadien de la Culture à l'origine du projet de loi. Nous devons mettre en place des mesures de protection élémentaires." La législation porte sur sept types de contenus préjudiciables, comme ceux qui incitent les enfants à s'automutiler, qui incitent à la violence et attisent la haine, ainsi que les images intimes non consenties. Une commission chargée de la sécurité numérique va être mise en place à cet effet.
Imposer des limites à l'IA
Des responsables du gouvernement canadien ont déclaré que certains réseaux sociaux pourraient bénéficier d'une dérogation s'ils mettaient en place des mesures de protection suffisantes. "À mesure que les technologies évoluent, nous devons veiller à ce que nos lois suivent le rythme, car les parents ne peuvent pas relever ces défis seuls", a poursuivi Marc Miller, qui a reconnu que le Canada était "en retard".
Le gouvernement souhaite aussi obliger les robots conversationnels dotés d'intelligence artificielle (IA) à limiter l'exposition des utilisateurs aux "contenus préjudiciables". Les plateformes devraient "être transparent(es) quant à leurs seuils de signalement dans les situations de crise, par exemple lorsqu'un utilisateur a l'intention de se blesser ou de faire du mal à autrui", précise un communiqué du gouvernement canadien.
"Les réseaux sociaux et les robots conversationnels dotés d'IA ne favorisent pas un développement sain chez les enfants et sont devenus une source d'anxiété, d'isolement, de dépression et de nombreux autres problèmes de santé mentale pour de nombreux jeunes", a également déclaré Marjorie Michel, ministre de la Santé. Ce sujet est particulièrement sensible au Canada, quelques semaines après que des familles touchées par l'une des pires fusillades du pays ont intenté un procès contre OpenAI, affirmant que l'entreprise savait que l'autrice présumée de la tuerie préparait son attaque sur ChatGPT.
De lourdes sanctions en cas de non-respect
En cas de non respect de cette loi, les compagnies s'exposent à des sanctions pouvant atteindre 3% de leur chiffre d'affaires mondial ou 10 millions de dollars canadiens. En mai dernier, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a averti qu'il n'était pas suffisant d'interdire l'accès des enfants aux réseaux sociaux et a appelé gouvernements et entreprises à concevoir des plateformes plus sûres.
En Australie, 4,7 millions de comptes identifiés comme appartenant à des enfants ont été suspendus depuis la mise en vigueur de l'interdiction. Cette loi avait alors suscité un vif débat sur l'utilisation des technologies, la vie privée, la sécurité des enfants et la santé mentale. Lors d'une réunion d'information avec des journalistes, un responsable du gouvernement canadien avait alors affirmé que les autorités tenteraient de tirer les leçons de l'expérience australienne.
AFP/VNA/CVN




