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| Dans les locaux de Météo-France, à Toulouse. |
| Photo d'archives : AFP/VNA/CVN |
"C'est là que se relaient une centaine de prévisionnistes en H24 tous les jours, semaine ou weekend, pour établir la prévision à l'échelle nationale", explique Clémence Pierangelo, responsable des prévisions générales à Météo-France.
La salle est nichée dans un bâtiment quelconque au sein de l'immense Météopole, campus toulousain d'une cinquantaine d'hectares dont les pelouses jaunies témoignent de la canicule exceptionnelle du début d'été.
Une vingtaine de personnes en tenue décontractée travaillent calmement dans cet espace ouvert qui pourrait évoquer n'importe quel bureau, si ce n'était les nombreuses cartes météo affichées sur les écrans d'ordinateurs.
Dans la salle à l'accès sécurisé, les employés sont regroupés par spécialité : prévision générale grand public, marine ou aéronautique...
Le chef d'orchestre, "le chef prévisionniste national", diffuse au moins deux fois par jour, à 06h00 et 16h00, un bulletin de vigilance, particulièrement scruté lorsque le pays traverse des épisodes extrêmes comme ces derniers jours. La carte est établie avec l'aide d'autres prévisionnistes à travers la France, spécialistes de leurs régions.
"Le travail dépend énormément de la situation météo", relève Clémence Pierangelo. Sur les écrans s'affichent des observations satellites en temps réel pour répondre à une priorité du jour. Ce lundi, c'est l'évaluation des orages, parfois violents, qui traversent le pays dans le sillage des fortes chaleurs.
"Expertise humaine"
La prévision se construit en trois étapes. D'abord l'observation du temps qu'il fait grâce à des mesures instrumentales, des radars ou des satellites : températures, vent, humidité, pression etc.
Dans le "parc à instruments" du campus, qui sert à tester et étalonner différents moyens de mesure, le climatologue Matthieu Sorel désigne un thermomètre qui obéit à des normes strictes : ici, pas de mercure qui monte et qui descend mais une petite structure verticale semi-ouverte, qui abrite un capteur.
"Cet abri météorologique va nous garantir la qualité de la mesure de cette température. Il est blanc et un petit peu ouvert pour renouveler constamment l'air à l'intérieur", explique-t-il.
Toutes les données alimentent ensuite des modèles informatiques qui tournent grâce à des supercalculateurs - des rangées d'ordinateurs surpuissants situés à Toulouse - pour donner des modèles de prévision. Météo-France possède ses propres modèles (Arpège sur l'ensemble de la Terre et Arome sur la France) mais en utilise aussi d'autres, américain, européen ou britannique.
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| Un super calculateur dans les locaux de Météo-France, à Toulouse. |
| Photo d'archives : AFP/VNA/CVN |
La dernière étape repose sur "l'expertise humaine", souligne Matthieu Plu, directeur adjoint des opérations de Météo-France. Les prévisionnistes, habitués à corriger les modèles, et connaisseurs des spécificités régionales, "vont affiner les prévisions et élaborer un scénario le plus probable qui va permettre ensuite de produire les bulletins et les prévisions".
"Choquant"
"Plus un phénomène est localisé et plus la durée sur laquelle on va pouvoir le prévoir est courte. Par exemple, une vague de chaleur, on va pouvoir l'anticiper cinq jours, une semaine à l'avance... Par contre, un orage, on va pouvoir l'anticiper seulement quelques heures à l'avance", détaille-t-il.
L'organisation doit aussi s'adapter à la multiplication des événements extrêmes, conséquence du réchauffement climatique.
Il y a quelques jours, la France s'est retrouvée simultanément avec des départements en vigilance rouge canicule et orange pour les orages. "On a renforcé l'équipe et il y avait deux chefs prévisionnistes nationaux" ce jour-là, raconte Clémence Pierangelo.
Un prévisionniste supplémentaire est aussi chargé pendant tout l'été d'évaluer le risque de feux de forêts, un service développé depuis 2023.
Comment les professionnels vivent-ils ces épisodes extrêmes ? "À titre personnel, très mal parce qu'on voit ces records de chaleur tomber épisode après épisode, on voit que notre climat change à vue d'œil et on sait qu'il va encore plus changer dans le futur", confie Matthieu Sorel.
"On n'est nullement surpris par ce que nous observons au quotidien, on sait depuis des années que notre climat va changer" mais "ça n'en demeure pas moins choquant et pénible pour nous de vivre un tel événement et de voir qu'il va se reproduire en pire dans quelques années", conclut-il.
AFP/VNA/CVN




