Une vague de chaleur déferle sur la France, en plein bac

Une vague de chaleur s'abat mercredi 17 juin et pour plusieurs jours sur la France, en plein examen du bac, avec des températures qui pourraient atteindre jusqu'à 40°C localement dimanche 21 juin, premier jour de l'été.

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Des lycéens passent l'épreuve de philosophie du baccalauréat, le 15 juin à Quimper, dans le Finistère.
Photo : AFP/VNA/CVN

L'épisode de "fortes chaleurs" s'étend sur "une grande partie du pays" mercredi 17 juin, indique le bulletin de 06h00 de Météo-France, avec 50 départements concernés par une vigilance jaune à la canicule.

La plupart des régions françaises vont connaître mercredi 17 juin des températures comprises entre 30°C et 35°C, avec des pointes à 36°C-37°C possibles dans le Sud-Ouest, Centre-Ouest et le Centre-Est. Seules la Bretagne et les zones côtières de la Manche sont pour l'instant épargnées.

Jeudi 18 juin, le nombre de départements concernés par la vigilance jaune canicule passera à 69. Et "en fonction de l'évolution des prévisions, un passage en vigilance orange est probable à partir de jeudi midi 18 juin sur les régions allant du bassin parisien au centre du pays", ajoute le bulletin de Météo-France.

La France va subir sa première vague de chaleur de l'année, la 52e depuis 1947, alors que les occurrences se multiplient sous l'influence du changement climatique alimenté par l'utilisation massive des énergies fossiles.

Fin mai, le pays avait été frappé par des températures inédites pour le mois, mais l'épisode ne rentrait pas dans les critères précis des météorologues pour le qualifier de vague.

"Malheureux ventilateur"

La canicule va toucher les épreuves du baccalauréat. Mercredi 17 et jeudi 18 juin sont les jours d'épreuves de spécialités en terminale.

Le ministre de l'Éducation, Edouard Geffray, a annoncé mardi 16 juin que les oraux du bac pourraient être reportés localement, de "quelques heures ou de quelques jours". Dimanche 14 juin, il avait déjà affirmé souhaiter qu'"aucun examen" ne se déroule les après-midi.

Le ministre de l'Éducation, Edouard Geffray, s'adresse aux journalistes au lycée Louis-Armand, à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), le 15 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

"On est dans l'impréparation la plus totale", dénonce François Tessier, professeur d'histoire-géographie dans un lycée de Vierzon (Cher) et président du Snalc Orléans-Tours.

"Les personnels de direction essayent de trouver les salles les plus à l'ombre, dans les bâtiments qui le permettent", mais sinon "on n'a rien ", regrette-t-il, excepté " quelques bouteilles d'eau" et " éventuellement un malheureux ventilateur par salle ".

L'enseignant s'inquiète particulièrement pour les jours à venir : "Qu'est-ce qui va se passer lundi, où l'on nous annonce 40 °C (pour le grand oral)? Je suis bien incapable de vous le dire".

Les fortes chaleurs peuvent aussi ralentir l'activité économique, par exemple la production d'électricité. EDF envisage ainsi des baisses de production dans deux de ses centrales nucléaires de la région Auvergne/Rhône-Alpes, au Bugey (Ain) et à Saint-Alban (Isère), pour limiter le réchauffement du Rhône.

Sur les rails, plusieurs lignes de trains sont également affectées.

En prévisions de pannes potentielles de climatisation, la SNCF a décidé de supprimer jeudi 18 et vendredi 19 juin plusieurs trains Intercités, essentiellement en mi-journée. Au total, 14 Paris-Limoges-Toulouse et huit Paris-Clermont sont annulés sur ces deux jours, tout comme cinq trajets Bordeaux-Marseille jeudi 18 juin.

"Phase critique"

Une vague de chaleur déferle sur la France.
Photo : AFP/VNA/CVN

Dans la nature, les oiseaux ou les petits mammifères peinent à réguler leur température quand la chaleur devient étouffante. Et le printemps, "moment de l'élevage des jeunes", représente "une phase critique", souligne Grégoire Loïs, ornithologue au Museum national d'histoire naturelle.

"Un événement d'extrême thermique en septembre n'a pas le même impact qu'au mois de mai ou juin", remarque le scientifique.

Critiqué par l'opposition pour son "impréparation" lors du précédent épisode de chaleur, le gouvernement entend montrer sa mobilisation. Plusieurs ministres se sont déplacés au centre de crise sanitaire du ministère de la Santé mardi 16 juin après-midi.

La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, doit présenter mercredi 17 juin un "premier bilan" du Plan national d'adaptation au changement climatique (PNACC), censé préparer la France à un réchauffement pouvant aller jusqu'à +4°C d'ici 2100.

Ce genre d'épisodes est appelé à se multiplier à l'avenir. Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France, rappelle que le pays est confronté à "des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, de plus en plus nombreuses et de plus en plus intenses aussi, signe manifeste du changement climatique".

AFP/VNA/CVN

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