Séismes au Venezuela : au cimetière de Caracas, les crémations s'enchaînent

Les cheminées du crématorium recrachent leurs épaisses colonnes de fumée : les crémations s'enchainent dans le cimetière général du Sud de Caracas où les familles des victimes du double séisme qui a ébranlé le Venezuela rendent un dernier hommage à leurs proches.

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Le frère d'un homme, mort aux côtés de son épouse et de deux enfants lors du double séisme à La Guaira, dispose des fleurs dans la niche funéraire dans un cimetière de Caracas, le 29 juin. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Au moins 1.719 personnes sont mortes, selon un bilan provisoire, et des dizaines de milliers sont toujours portées disparues après les secousses de magnitude 7,2 et 7,5 du 24 juin.

Les proches se couvrent régulièrement le nez alors que des employés du funérarium nettoient à la hâte les chambres de combustion, pour remettre l'urne funéraire aux familles.

"Et ce n'est que le début", anticipe Freddy Rey, un fonctionnaire du cimetière.

De 60 à 70 services funéraires sont dispensés par jour, affirment des employés qui se reposent avant d'aller creuser de nouvelles fosses au fond du cimetière. "On nous a demandé de préparer entre 100 et 200 tombes", précise l'un d'eux.

Des proches de victimes du double séisme du 24 juin au Venezuela leur rendent un dernier hommage, au cimetière général du Sud, à Caracas, le 29 juin. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Aux abords du crématorium résonne un "Maman, je t'aime !" lancé par une adolescente en pleurs. Sa famille est éplorée par la mort d'Emir Pérez, aux côtés de son épouse et deux de leurs enfants à La Guaira.

Sa sœur Dary explique avoir voulu enterrer Emir. Mais "nous n'avons pas trouvé de tombe car tous les cimetières sont saturés, ils ont aménagé des niches pour inhumer", explique-t-elle.

Sergio Vergara, 42 ans, oncle d'Emir Perez, raconte la douleur et l'impossibilité d'imaginer de nouveaux lendemains. Expulsé de son immeuble à Caracas déclaré en péril, il vit dans le traumatisme et l'angoisse. "Je n'arrive pas à dormir sous un toit, j'ai la peur panique de mourir écrasé", confie-t-il.

Des proches de victimes du double séisme au Venezuela se recueillent lors de leurs obsèques à Caracas le 29 juin. 
Photo : AFP/VNA/CVN

Les deux cheminées des fours de crémation relâchent de nouvelles colonnes de fumée. À l'extérieur, les familles patientent les 90 minutes nécessaires pour la réduction en cendres.

Keila Fernandez a décidé de faire incinérer sa sœur en raison de l'état du corps, cinq jours après le séisme. "Ils ne nous ont même pas laissé la voir, on l'a vue seulement en photo", dit-elle.

Les familles endeuillés évoquent entre elles les scènes dramatiques vécues lors de la recherche de leurs proches. 

AFP/VNA/CVN

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