Yoga du rire comme chemin thérapeutique

Chaque après-midi, les rires francs des patients cancéreux résonnent à l’hôpital Bach Mai, à Hanoï. Sous l’impulsion du pharmacien Pham Quôc Vinh, cette pratique de yoga thérapeutique apaise les esprits et insuffle la force nécessaire pour relever les défis du traitement.

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Membres du Club de yoga du rire “Nui Biên” s’entraînant sur la côte de Hon Gai, à Quang Ninh (Nord).
 Photo : TT/CVN

Au crépuscule de la journée, quand le tumulte hospitalier s’estompe, ces éclats de joie s’élèvent des chambres. À travers des exercices simples, le praticien guide les malades vers une sérénité retrouvée, transformant chaque séance en un souffle d’espoir pour endurer leur éprouvant parcours thérapeutique.

Né en 1985 et travaillant actuellement au Département de pharmacie de l’hôpital Bach Mai, Pham Quôc Vinh est l’un des pionniers du yoga du rire au Vietnam dès 2011. Peu de gens savent que cette aventure a commencé par un souhait très simple : faire quelque chose d’utile pour la communauté.

Remède de l’esprit

Avant de découvrir le yoga du rire, il s’était essayé à diverses activités sociales, des clubs de compétences à l’organisation de jeux communautaires. Mais rien ne semblait correspondre à ce qu’il recherchait vraiment. Ce n’est qu’en découvrant par hasard le yoga du rire lors d’un cours de “soft skills” qu’il a réalisé qu’il tenait enfin la pièce manquante du puzzle.

“C’est une méthode simple, peu coûteuse, mais capable de connecter énormément de gens”, se souvient-il.

L’aventure n’a pas été de tout repos. Sa première séance, prévue le 1er avril 2011, a dû être reportée à cause de la météo. En s’installant près du monument Ly Thai Tô, il a fait face à de multiples obstacles : le manque d’espace et surtout, le scepticisme des passants.

M. Vinh raconte alors qu’il invitait une personne âgée à participer, celle-ci lui a demandé de but en blanc : “Quel est votre mobile politique derrière tout ça ?”. Sans chercher à se justifier, il a choisi la persévérance. Jour après jour, ses actions ont parlé pour lui : une activité entièrement gratuite, dédiée à la santé et au bonheur de tous.

Cette ténacité a fini par transformer la méfiance en confiance. Les séances au bord du lac Hoàn Kiêm (lac de l’Épée restituée) sous le soleil matinal ou à l’abri de la pluie, sont devenues une image familière. Le rire s’est propagé, attirant de nouveaux membres et donnant naissance à de nombreux autres clubs. Depuis Hanoï, le yoga du rire a suivi M. Vinh jusqu’à Quang Ninh (Nord), où des groupes se sont formés sur les côtes de Hon Gai, créant des espaces d’échange et d’énergie positive.

Travaillant dans le milieu médical et témoin quotidien de la lutte acharnée des patients contre le cancer, M. Vinh s’est toujours interrogé : “Que puis-je faire pour renforcer leur moral ? ”.

La réponse est venue en 2013, lors de sa participation au programme “Apporter la musique à l’hôpital”. Ces moments brefs mais intenses devant les malades ont fait germer l’idée d’y apporter le rire, à sa manière. Un an plus tard, il lançait le yoga du rire à l’Hôpital d’oncologie Hung Viêt, à Hanoï, guidant les patients directement au pied de leur lit.

M. Vinh se souvient d’une proche de patient venue le voir après une séance. Ce matin-là, elle venait d’apprendre une terrible nouvelle. La douleur était telle qu’elle ne pouvait même pas pleurer. Mais après la séance, elle lui a confié qu’elle pouvait enfin “respirer ” et affronter les jours à venir avec calme. Pour M. Vinh, ce fut la confirmation que le rire, aussi simple soit-il, est un remède psychologique inestimable.

Modèle "cinq minutes"

La pratique du rire, un véritable soutien psychologique pour les patients au cours de leur traitement.
Photo :  TT/CVN

En 2025, le yoga du rire a été officiellement intégré au Centre de médecine nucléaire et d’oncologie de l’hôpital Bach Mai. Pour concilier ses obligations professionnelles et son engagement, M. Vinh organise les séances après ses heures de service.

Actuellement, l’activité est main-tenue régulièrement sous le modèle “cinq minutes au chevet des patients”. Vers 16h45, une fois les soins terminés, patients et proches s’installent pour de courts exercices légers. Le yoga du rire ne remplace pas les traitements médicaux, mais agit comme une thérapie de soutien, aidant à libérer le stress et à mieux s’adapter au protocole de soin.

Aujourd’hui, avec l’accord de la direction, le programme s’étend même au personnel soignant. M. Vinh a réalisé qu’en formant les infirmiers, ces derniers peuvent devenir des guides pour les patients, permettant ainsi de multiplier l’impact de cette initiative.

Pour l’avenir, le jeune pharmacien souhaite poursuivre un doctorat en psychologie clinique. “Je veux apprendre de manière académique pour avoir des bases solides et des outils précis afin de mieux comprendre les mécanismes du yoga du rire”, confie-t-il. Pour lui, si l’enthousiasme est un point de départ, la compétence et le savoir sont essentiels pour bâtir une confiance durable.

Le “yoga du rire” combine un gros rire ventral, une forme de “méditation” bruyante et le fait de battre ses mains en cadence comme un pingouin ou de faire la queue leu leu, ainsi qu’une profonde “respiration yogique”. Le yoga du rire est une pratique qui se répand de plus en plus. Le rire permettrait de libérer l’hormone du bonheur, mais aussi de lutter contre le stress.

Huong Linh/CVN

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