Washington annonce suspendre ses sanctions sur le pétrole iranien

Les États-Unis ont annoncé lundi 22 juin suspendre pour deux mois leurs sanctions visant le pétrole iranien, assurant que l'Iran accueillerait à nouveau des inspecteurs nucléaires, après des pourparlers qu'ils ont qualifiés de "bases très solides" pour une fin du conflit au Moyen-Orient.

>> Les États-Unis affirment que les négociations avec l'Iran vont se poursuivre toute la nuit

>> La Suisse dit se féliciter des "avancées constructives"

>> Marchés mondiaux : les négociations USA - Iran en ligne de mire, la tech décroche à Wall Street

Le complexe hôtelier de luxe de Bürgenstock, dans les Alpes suisses, où se déroulent les négociations américano-iraniennes, le 21 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

"Toutes les transactions" qui étaient auparavant "interdites" concernant la production, la vente, le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", selon le ministère américain des Finances, qui gère les sanctions économiques.

Évoluant déjà à la baisse à la faveur de la récente détente diplomatique, le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, est tombé lundi 22 juin sous les 78 dollars, loin du sommet de plus de 126 dollars qu'il avait atteint au paroxysme du conflit.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi", avait auparavant déclaré le vice-président américain JD Vance après avoir participé aux discussions en Suisse dimanche 21 juin et jusqu'à tôt lundi matin 22 juin.

Selon lui, l'Iran a aussi accepté d'inviter à nouveau des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), jugeant qu'il s'agissait d'un "premier pas" vers "l'arrêt définitif du programme d'armement nucléaire iranien".

Téhéran, qui n'a pas confirmé ces informations, avait temporairement suspendu sa coopération avec l'instance onusienne après les bombardements israéliens et américains contre ses installations en juin 2025.

Les inspecteurs de l'AIEA n'ont depuis pas pu visiter les sites touchés, laissant planer le doute sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique, un point de contentieux majeur avec Washington.

En revanche, ils ont été autorisés à se rendre dans d'autres sites nucléaires iraniens ces derniers mois.

"Progrès encourageants"

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière, les négociations, dans lesquelles le Pakistan et le Qatar jouent un rôle de médiation, doivent aboutir à un document final dans un délai de 60 jours renouvelables.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi (gauche) salue le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif avant le début des négociations irano-américaines à Bürgenstock, en Suisse, le 21 juin.
Photo : AFP/VNA/CVN

Téhéran et Washington se sont déjà entendus sur des mécanismes visant à faire cesser les affrontements au Liban et à sécuriser le stratégique détroit d'Ormuz, deux des enjeux majeurs du conflit qui a embrasé la région, fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale depuis le 28 février.

"Ça se passe très bien en ce qui concerne le détroit d'Ormuz", a assuré Donald Trump lundi 22 juin.

"Nous négocions. On verra où ça mènera, mais nous avons deux choses : un détroit ouvert et un pays qui n'aura jamais l'arme nucléaire", a affirmé le président américain.

Les deux parties ont accompli "des progrès encourageants", ont assuré les deux pays médiateurs, tandis que le ministère suisse des Affaires étrangères a annoncé la "reprise immédiate" des consultations, cette fois au niveau technique.

"Les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques ne sont plus restreintes, (...) certains avoirs gelés sont débloqués, et un plan de reconstruction et de développement majeur de l'Iran a été lancé", a salué le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi.

Accalmie au Liban

Des négociateurs iraniens sont attendus à Oman notamment pour parler de la gestion du détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse Irna, Téhéran ayant évoqué la possible mise en place de "frais" de service pour les navires.

Sur le front libanais, que Téhéran a insisté pour associer aux discussions, une "cellule de gestion des conflits" va être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le mouvement  Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans le conflit début mars.

Des camions militaires israéliens passent sur une route du Sud du Liban, le 22 juin
Photo : AFP/VNA/CVN

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban sont protégées, comme la sécurité d'Israël", a assuré le vice-président américain qui a échangé avec le président libanais Joseph Aoun à ce sujet.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a toutefois prévenu que son armée resterait dans le Sud du Liban "aussi longtemps que nécessaire" et que ses soldats disposaient d'une "liberté d'action totale pour neutraliser toute menace".

Le Liban connaît depuis dimanche 21 juin une accalmie après des violences meurtrières. Depuis début mars, il a subi des dégâts estimés à plus d'un milliard de dollars, selon une étude de l'ONU et d'un organisme gouvernemental.

En représailles aux opérations israéliennes dans le pays, qui ont fait plus de 4.100 morts selon les autorités libanaises, le pouvoir iranien avait annoncé samedi 20 juin verrouiller de nouveau le détroit d'Ormuz.

Le trafic s'y est pourtant poursuivi lundi 22 juin à un rythme plus soutenu qu'avant l'accord, selon des plateformes de suivi maritime.

AFP/VNA/CVN

Rédactrice en chef : Nguyễn Hồng Nga

Adresse : 79, rue Ly Thuong Kiêt, Hanoï, Vietnam

Permis de publication : 25/GP-BTTTT

Tél : (+84) 24 38 25 20 96

E-mail : courrier@vnanet.vn, courrier.cvn@gmail.com

back to top