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| Keir Starmer vient d’annoncer sa démission. |
| Photo : AFP/VNA/CVN |
"Toutes les décisions que j'ai prises ont eu pour objectif de faire passer en premier le pays que j'aime. C'est pourquoi je vais démissionner de mon poste de chef du parti travailliste", a-t-il déclaré, la voix étranglée par les larmes.
Starmer, sous pression croissante pour quitter le pouvoir depuis la victoire de son rival Andy Burnham à une législative partielle la semaine dernière, était arrivé au pouvoir en juillet 2024.
L'impopulaire chef du gouvernement résistait depuis des mois à des appels à démissionner. Mais sa position est devenue intenable après l'élection jeudi 18 juin au Parlement de son rival au sein du Labour, Andy Burnham, désormais en position de briguer la direction du Parti travailliste et de Downing Street.
"J'ai parlé à Sa Majesté le roi ce matin pour l'informer de ma décision. Je demanderai au Comité exécutif national du Parti travailliste d'établir un calendrier prévoyant l'ouverture des candidatures le 9 juillet, et leur clôture avant la fin de la pause estivale", le 1er septembre, a précisé le dirigeant de 63 ans devant les caméras.
"En cas d'élection interne, cela garantira qu'un nouveau chef soit en place avant la reprise des travaux du Parlement en septembre (...) Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour assurer une passation de pouvoir dans les règles", a-t-il ajouté.
Nigel Farage, chef du Parti anti-immigration Reform UK, en tête des sondages nationaux depuis des mois, a appelé dans la foulée à de nouvelles élections législatives.
Le Labour garde une large majorité au Parlement et des législatives ne sont pas prévues avant 2029.
- "J'accepte la réponse" -
Pour Keir Starmer, cet aveu d'échec survient moins de deux ans après la large victoire de son parti lors des élections législatives de juillet 2024, mettant fin à 14 années de gouvernements conservateurs.
Il a vanté lundi 22 juin son bilan sur l'économie, l'accès à la santé ou le soutien à l'Ukraine. Mais il a ajouté avoir entendu le message de son parti.
"La question que mon parti se pose aujourd'hui est de savoir si je suis le mieux placé pour nous mener aux prochaines élections législatives. J'ai pris connaissance de la réponse de mon groupe parlementaire à cette question et j'accepte cette réponse", a-t-il déclaré.
Andy Burnham, populaire maire du Grand Manchester et grand favori pour lui succéder, doit être officiellement investi député lundi 22 juin vers 14h30 locales. Une étape indispensable pour prétendre à la direction du parti travailliste et prendre la tête du gouvernement.
Keir Starmer avait répété vendredi 19 juin qu'il se battrait pour rester au pouvoir mais la pression a continué de monter ce week-end.
Selon Sky News, des poids lourds du gouvernement, dont la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper, l'ont exhorté à fixer une date pour son départ du 10, Downing Street.
Plus de 100 députés travaillistes réclamaient son départ, soit environ un quart des députés du parti, selon l'agence Press Association.
Donald Trump avait pris pour acquis dès dimanche 21 juin la démission de son homologue britannique. "Keir Starmer va démissionner" de son poste, avait écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social, lui souhaitant "le meilleur".
Avec ce départ, le Royaume-Uni s'apprête à connaître son septième Premier ministre en dix ans, une instabilité sans précédent dans l'histoire moderne de ce pays.
À l'arrivée à Downing Street de cet ex-avocat, les attentes étaient grandes après le long règne des conservateurs. Mais, deux ans plus tard, le Royaume-Uni reste confronté à une économie apathique et à une forte hausse du coût de la vie.Keir Starmer a aussi commis des erreurs notables, comme celle de nommer Peter Mandelson ambassadeur à Washington.
Neuf mois plus tard, celui-ci était limogé après des révélations sur son amitié avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
Début mai, le Labour a subi une cuisante défaite à des élections locales, au profit du Parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, intensifiant les critiques contre Keir Starmer au sein du parti.
Au contraire, Andy Burnham, 56 ans, l'a emporté jeudi 18 juin dans la circonscription de Makerfield, dans le Nord de l'Angleterre, avec 54,8% des voix contre 34,5% pour le candidat de Reform.
Devenu maire du Grand Manchester en 2017 et surnommé le "roi du Nord", il a répété pendant la campagne qu'il voulait "changer le Labour et le pays".S'il a déjà été candidat malheureux à deux reprises à la tête du Parti travailliste - en 2010 et 2015 -, il est la personnalité politique préférée des Britanniques, selon l'institut
AFP/VNA/CVN



