Wall Street mise sous pression par la mauvaise passe de la tech

La Bourse de New York a terminé en franche baisse jeudi 5 février, le recul du secteur technologique emportant avec lui la place américaine dans son ensemble, en pleine saison des résultats d'entreprises.

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Un opérateur à la Bourse de New York le 23 janvier. Photo : AFP/VNA/CVN

Le Dow Jones a perdu 1,20%, l'indice Nasdaq à forte coloration technologique a cédé 1,59% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 1,23%. L'indice de volatilité Vix, qui mesure la nervosité des investisseurs, a atteint un niveau plus vu depuis fin novembre.

"Lorsque certains segments du marché sont valorisés à ce point, tout élément qui ne s'approche pas de la perfection est décevant", commente Jack Ablin, de Cresset. À ce titre, les derniers résultats trimestriels ont été particulièrement éprouvants pour les poids lourds technologiques.

Jeudi 5 février, Alphabet, la maison mère de Google, et le spécialiste des composants électroniques Qualcomm en ont fait les frais. Le premier car il a prévu de dépenser entre 175 et 185 milliards de dollars cette année pour tenir la course à l'intelligence artificielle (IA), presque deux fois plus qu'en 2025.

Malgré un chiffre d'affaires record et un bénéfice net pour le quatrième trimestre en hausse de 30% sur un an, l'action Alphabet a perdu 0,60% à 331,33 dollars. Le second, Qualcomm, parce qu'il a d'ores et déjà prévenu qu'il allait souffrir de la pénurie de puces-mémoires, que les centres de données dédiés à l'IA s'arrachent à prix d'or.

En dépit d'un dernier trimestre supérieur aux attentes, le titre Qualcomm a chuté de 8,46% à 136,30 dollars. "Il faudra quelque chose d'important pour briser cette fièvre" baissière, anticipe Art Hogan, de B. Riley Wealth Management. Ou alors "quand les investisseurs estimeront que c'est exagéré", tempère-t-il.

Jeudi 5 février, cette vague de vente "a coïncidé" avec "les inquiétudes liées à la détérioration du marché du travail", relève Jose Torres, d'Interactive Brokers. Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties au-dessus des attentes, à 231.000 demandes, un plus haut depuis début décembre.

Le rapport JOLTS a lui relevé un nombre d'offres d'emplois en décembre au plus bas depuis 2020 tandis que le rapport publié par le cabinet de consultants Challenger, Gray & Christmas a mis en avant un nombre plus important qu'habituel de licenciements en janvier.

Ces données ont fait chuter le rendement des emprunts à 10 ans de l'État américain. Celui évoluait autour de 4,19% vers 21h20 GMT contre 4,27% à la clôture la veille. L'échéance à deux ans, plus sensible aux évolutions monétaires, passait de 3,55% à 3,46%.

À la cote, le groupe américain de cosmétiques Estée Lauder a dévissé de plus de 19% à 96,66 dollars, malgré un deuxième trimestre de son exercice décalé supérieur aux attentes et un relèvement de certaines de ses prévisions.

Estée Lauder, qui a observé un rebond de ses ventes en Chine, a aussi mis en avant son grand plan de restructuration entamé il y a un an. Entre 5.800 et 7.000 postes doivent être supprimés d'ici fin 2026.

L'entreprise de télémédecine Hims & Hers a connu une séance en dents de scie. Elle a annoncé le lancement d'un comprimé anti-obésité conçu pour concurrencer le Wegovy, développé par le laboratoire danois Novo Nordisk, à un coût trois fois inférieur.

Cela a fait grimper son action, avant que Novo Nordisk annonce poursuivre en justice la société américaine. Hims & Hers a finalement reculé de 3,77% à 23,48 dollars.

AFP/VNA/CVN


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