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| Le secrétaire général du Parti et président de la République, Tô Lâm, et les délégués assistent à la cérémonie de signature de l’Accord de libre-échange Vietnam - AELE. |
| Photo : VNA/CVN |
La signature officielle de l’Accord de libre-échange (ALE) entre le Vietnam et l’Association européenne de libre-échange (AELE - regroupant la Suisse, la Norvège, l’Islande et le Liechtenstein) s'inscrit au cœur de la visite officielle au Vietnam du président suisse Guy Parmelin. Cet événement historique insuffle une dynamique nouvelle aux relations économiques bilatérales, tout en coïncidant avec la célébration du 55e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre le Vietnam et ses partenaires helvétique et nordiques.
Pour éclairer la portée de cet accord fondateur, l’ambassadeur de Suisse, Thomas Gass, et l’ambassadeur de Norvège, Stein Iversen, ont livré une analyse approfondie de cette avancée stratégique. Pour les deux diplomates, ce pacte commercial d'envergure dépasse "la simple élimination des barrières tarifaires" : il établit un cadre juridique stable, prévisible et ambitieux, propice à dynamiser les flux d'investissements, à accélérer la transition écologique et à propulser l'intégration des entreprises vietnamiennes dans les chaînes de valeur mondiales de haute technologie.
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| Les ambassadeurs de Suisse et de Norvège au Vietnam, Thomas Gass (gauche) et Stein Iversen, lors d’une interview accordée à la presse vietnamienne. |
| Photo : Viêt Duc/CVN |
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L’accord conclu comble une lacune stratégique dans le réseau d'accords commerciaux des deux parties. Comme le souligne l'ambassadeur suisse Thomas Gass, bien que de grands groupes helvétiques tels que Nestlé, ABB, Schindler ou Bühler soient implantés au Vietnam depuis plus de trois décennies, l'absence d’ALE bilatéral créait un déséquilibre par rapport aux conditions préférentielles accordées à d'autres partenaires.
"Il était grand temps de rétablir des règles du jeu équitables (level playing field) pour les entreprises de l'AELE, particulièrement à une époque où le commerce international tend à être dominé par les rapports de force plutôt que par des cadres réglementaires prévisibles", explique Thomas Gass, avant d'ajouter : "La signature de cet accord par le Vietnam et l'AELE constitue une déclaration politique forte en faveur de la prévisibilité et d'un cadre juridique international fondé sur la confiance".
S'étendant sur 14 années, le processus de négociation a parfois été perçu comme particulièrement long. L'ambassadeur norvégien Stein Iversen nuance toutefois ce constat en rappelant que les négociations commerciales d'une telle ampleur sont par nature complexes et qu'une pause de sept ans a marqué cette période. De son côté, Thomas Gass explique que la durée s'explique aussi par la réorientation temporaire des priorités stratégiques : le Vietnam négociait alors avec l'Union européenne, tandis que l'AELE menait des discussions avec l'Inde, la Chine ou l’Indonésie. La reprise dynamique des pourparlers il y a deux à trois ans, sous la conduite de la Norvège pour le groupe AELE, a témoigné d'une "détermination partagée". L'aboutissement à un document final de 74 pages structuré en 14 chapitres démontre "l'engagement indéfectible" des deux parties à sceller ce partenariat.
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| Photo : VNA/CVN |
Parmi les avancées décisives ayant permis de débloquer les négociations, figurent l'actualisation des clauses relatives au développement durable et la protection de la propriété intellectuelle. Lancées avant 2015, les discussions ont dû intégrer les Objectifs de Développement durable (ODD) adoptés à l’échelle internationale. Par ailleurs, la protection renforcée de l'innovation et des droits de propriété intellectuelle s'est imposée comme une garantie essentielle pour les pays investissant massivement dans la recherche et la technologie. Stein Iversen conclut : "Le fait que les négociations aient duré montre une grande ténacité et une volonté mutuelle de parvenir à un document final solide".
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Sur le plan pratique, l'accord ouvre un accès privilégié aux marchés respectifs pour les entreprises et les consommateurs. Du côté norvégien, l'exemption des droits de douane sur les produits de la mer facilitera l'exportation du saumon, offrant aux ménages vietnamiens un accès à des produits halieutiques de qualité à des prix plus abordables. En contrepartie, les consommateurs scandinaves et suisses bénéficieront d'un approvisionnement accru en produits agricoles vietnamiens transformés, tels que le café et les fruits frais. L'ambassadeur Iversen encourage vivement les exportateurs vietnamiens à étudier attentivement les opportunités offertes par ce texte pour maximiser leurs débouchés dans les pays de l'AELE.
L'accord constitue également un levier puissant pour soutenir les ambitions de modernisation industrielle du Vietnam. Thomas Gass met en avant l'apport des technologies suisses de pointe dans des domaines clés tels que les réseaux électriques intelligents (smart grids), la fonderie sous pression et les ciments à faible empreinte carbone. Dans le secteur de la santé, alors que la classe moyenne vietnamienne est appelée à doubler en dix ans, l'accord garantit un cadre réglementaire stable pour l'introduction rapide de solutions pharmaceutiques et médicales d'avant-garde. Réciproquement, les produits technologiques à haute valeur ajoutée fabriqués au Vietnam accéderont sans entraves tarifaires aux marchés de l'AELE.
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| Le café transformé vietnamien figure parmi les produits susceptibles de bénéficier de nouvelles possibilités d’accès aux marchés des pays de l’AELE. |
| Photo d’illustration : VNA/CVN |
La coopération bilatérale s'étend désormais à l'ensemble des chaînes de valeur stratégiques. La Norvège renforce sa présence dans le secteur maritime et la construction navale, avec des chantiers navals déjà opérationnels au Vietnam, ainsi que dans l'aquaculture marine où elle partage son expertise sur toute la chaîne de production. La Suisse s'illustre de son côté par des investissements majeurs : ses entreprises préparent environ 25% du café vietnamien destiné à l'exportation mondiale, fournissent des équipements d'ingénierie lourde pour les infrastructures portuaires et aéroportuaires (comme à Phu Quôc ou Hô Chi Minh-Ville) et développent des logiciels de sécurité bancaire hautement sophistiqués créés avec les compétences d'ingénieurs vietnamiens.
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La transition écologique et le développement durable constituent le cœur battant de ce partenariat économique. Thomas Gass a salué l'engagement ferme du Vietnam à maintenir son objectif de neutralité carbone (Net Zero) d'ici 2050, réaffirmé lors du XIVe Congrès du Parti. Les marchés de l'AELE, caractérisés par un pouvoir d'achat élevé, offrent un débouché naturel pour les produits écologiques et durables fabriqués au Vietnam. En parallèle, la Norvège associe l'accord commercial à son Partenariat stratégique vert (Green Strategic Partnership), favorisant des projets concrets dans l'économie circulaire, la réduction de la pollution plastique via des systèmes de consigne (deposit return scheme), et les énergies renouvelables.
Pour les petites et moyennes entreprises (PME) vietnamiennes, le respect des normes techniques et environnementales exigées par l'AELE ne doit pas être perçu comme un obstacle administratif, mais comme une feuille de route pour renforcer leur compétitivité globale. Stein Iversen rappelle que ces standards constituent un guide précieux pour accéder aux marchés internationaux. Thomas Gass préconise également une meilleure intégration des PME vietnamiennes au sein des chaînes d'approvisionnement des grands groupes nationaux déjà implantés à l'international, tout en soulignant la continuité des programmes suisses de coopération économique et d'assistance technique.
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| Photo d'illustration : CTV/CVN |
Projetant les relations bilatérales dans la prochaine décennie, les deux diplomates constatent la mutation réussie d'une logique d'aide au développement vers un partenariat d'égaux. La coopération académique et scientifique s'impose comme un pilier fondamental, à l'image du protocole d'accord récemment signé entre une université norvégienne et l'Université de Dà Nang pour former les dirigeants de demain dans des domaines émergents comme l'intelligence artificielle. Soulignant que le PIB du Vietnam équivaut aujourd'hui à celui de la Norvège (classés respectivement 31e et 32e mondiaux) et pourrait doubler dans 12 à 13 ans, Stein Iversen résume : "L'avenir se joue ici au Vietnam, et cet accord offre aux investisseurs le cadre prévisible dont ils ont besoin pour accompagner cette croissance".
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| Photo d'illustration : VNA/CVN |
Grâce à l’étendue de ses engagements et à la diversité des domaines de coopération concernés, cet accord devrait ouvrir de nouvelles perspectives au Vietnam pour diversifier ses marchés d’exportation et d’importation, renforcer la compétitivité de ses entreprises et s’intégrer plus profondément dans les chaînes de valeur mondiales. Il devrait également favoriser l’attraction d’investissements de qualité, l’accès à des technologies de pointe et le transfert de savoir-faire en matière de gestion issus des économies les plus avancées d’Europe.
L’Accord de libre-échange Vietnam - AELE devrait ainsi ouvrir de nouvelles perspectives de coopération et donner un nouvel élan à la croissance économique, à l’innovation et au développement durable, tout en apportant des retombées concrètes aux populations et aux entreprises du Vietnam et des pays membres de l’AELE.
Hông Anh/CVN











