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Sleon le ministère des Finances, les besoins d’investissement pour la période 2026-2030 sont estimés à 38,5 millions de milliards de dôngs, soit environ 40% du PIB du pays. L’État ne pouvant en couvrir que 20%, les 80% restants devront être financés par les capitaux privés et les investissements internationaux, ce qui exige de diversifier les canaux de financement au-delà du crédit bancaire.
La pression est déjà manifeste. À la mi-juillet 2026, l’encours de crédit avait atteint 20,08 millions de milliards de dôngs, en hausse de 8,04% sur un an, tandis que la mobilisation des fonds progressait de 6,32%. Cela montre que la demande de capitaux augmente plus rapidement que la capacité de mobilisation du système bancaire.
Le marché boursier gagne du terrain
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| Pour soutenir une croissance annuelle à deux chiffres, les besoins d’investissement du Vietnam sont estimés à 38,5 millions de milliards de dôngs (environ 1.500 milliards de dollars) sur la période 2026-2030. |
| Photo : VNA/CVN |
En juillet, la Banque d’État du Vietnam a reçu des propositions de mécanismes de crédit pour 17 grands projets de Vingroup, Masterise et Thaco, pour un montant total de 955.000 mil-liards de dôngs.
Hô Chi Minh-Ville, locomotive économique du pays avec une croissance de 8,55% au premier semestre 2026, doit accroître ses investissements de 13 à 15% par an. L’économiste Trân Du Lich souligne qu’aucune économie développée ne peut financer ses besoins à long terme principalement par les banques commerciales, sans s’exposer à des risques de liquidité importants. Le Programme de réforme globale approuvé en juillet 2026 par la Décision N°1413 du Premier ministre vise ainsi à rééquilibrer cette structure en développant le marché boursier, celui des obligations et les fonds d’investissement.
Whitney Pham, membre du comité exécutif de la Global Onchain Economic Alliance (GOEA), estime que l’attractivité d’un marché dépend désormais de la transparence et de la modernité de ses infrastructures financières. Le Vietnam accélère ainsi la mise en place d’un Centre financier international, la finalisation du cadre juridique relatif aux actifs numériques et l’étude d’une monnaie numérique nationale.
Pour sa part, Nguyễn Hữu Huân, vice-président du bureau exécutif du Centre financier international du Vietnam à Hô Chi Minh-Ville (VIFC-HCMC), précise que ce
centre a enregistré 20 milliards de dollars d’engagements.
Il faut désormais transformer ces engagements en flux d’inves-tissement réels à travers des projets transparents et sécurisés. Quelque 95% du cadre juridique est achevé, permettant aux institutions internationales de participer davantage à cet écosystème financier moderne et connecté.
De son côté, Nguyễn Trí Hiếu, expert financier et bancaire, avertit que la croissance du crédit supérieure à celle de la mobilisation des fonds exerce une pression sur les liquidités. Le Vietnam doit accélérer la restructuration de son système financier afin que les marchés des capitaux puissent davantage assurer le financement à long terme des entreprises, tout en renforçant la transparence pour consolider durablement la confiance des investisseurs.
Réduire la pression sur le système bancaire
Le Vietnam devra mobiliser environ 5,4 millions de milliards de dôngs sur son marché boursier entre 2026 et 2030, soit plus du double des montants levés au cours des cinq années précédentes.
Ce marché a maintenu une solide dynamique de croissance. Au 29 mai, la capitalisation boursière atteignait plus de 10.610 milliards de dôngs, soit 82,6% du PIB national estimé pour 2025. Le nombre de comptes-titres a dépassé les 13 millions, atteignant avec plusieurs années d’avance l’objectif national de 11 millions de comptes fixé pour 2030. Les levées de fonds sur le marché des actions se sont accélérées.
Au cours des cinq premiers mois de l’année, les émissions d’actions et les introductions en Bourse (IPO) des sociétés cotées et enregistrées ont permis de lever près de 289.500 milliards de dôngs, soit une hausse de 86,5% par rapport à 2025 et un niveau 2,5 fois supérieur à la moyenne des cinq dernières années.
Le marché des obligations d’entreprises a lui aussi poursuivi son redressement. Fin mai, la valeur des obligations cotées atteignait 2,819 millions de milliards de dôngs, soit 21,9% du PIB estimé pour 2025. Ces résultats confirment le rôle de plus en plus important du marché boursier dans le financement à moyen et long termes de l’économie.
Face aux pressions croissantes sur les finances publiques et à l’approche des limites prudentielles du crédit bancaire, plusieurs économistes estiment que la restructuration des canaux de financement constitue désormais une priorité. Le marché boursier est ainsi appelé à jouer un rôle accru en tant que canal de financement efficace de l’économie.
Thê Linh/CVN


