Hanoi s’attaque à trois sources de pollution à l’approche de la saison sèche

L’une des mesures notables mises en œuvre par Hanoi est le projet pilote de zone à faibles émissions dans le quartier de Hoàn Kiêm, lancé le 1er juillet. Après environ deux mois de mise en œuvre, les habitants et les entreprises ont globalement accueilli favorablement cette politique.

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La capitale a mis en œuvre diverses mesures pour lutter contre la pollution atmosphérique, en particulier durant la saison sèche.
Photo : CPV/CVN

La pollution de l’air durant l’automne et la saison sèche constitue une priorité majeure dans la capitale.

Nguyên Minh Tân, directeur adjoint du Service de l’agriculture et de l’environnement de Hanoi, a indiqué que la pollution atmosphérique locale était principalement due aux particules fines PM2,5.

Les données de surveillance des neuf premiers mois de l’année révèlent une amélioration significative de la qualité de l’air à Hanoi par rapport à la même période l’an dernier. Du 1er janvier au 29 septembre, la proportion de jours où la qualité de l’air a été jugée bonne ou modérée a atteint 74,42%, frôlant ainsi l’objectif annuel fixé à plus de 75%.

"Par rapport à la même période l’an dernier, la qualité de l’air de la ville s’est nettement améliorée. Toutefois, cela ne signifie pas que nous avons pleinement satisfait aux exigences fixées, car les relevés professionnels indiquent que les épisodes de pollution surviennent généralement à partir du mois d’octobre, en particulier durant la saison sèche, de novembre à mars de l’année suivante", a déclaré Nguyên Minh Tân.

Selon le responsable, cette période présente un risque élevé lié à trois facteurs. Le premier concerne les émissions dues à la circulation routière, notamment la poussière soulevée par les véhicules dans les zones à forte densité de trafic. Les activités de construction, de démolition et de transport de matériaux génèrent également de la poussière si elles ne sont pas correctement maîtrisées. Enfin, les brûlages agricoles pratiqués durant la saison des récoltes ajoutent des retombées de cendres lourdes et de la fumée à cette poussière.

"Nous avons identifié trois sources principales : la circulation, les chantiers de construction et les brûlages à l’air libre non contrôlés. Sur cette base, la ville élabore un plan d’action pour les périodes de forte pollution, en mettant l’accent sur la maîtrise de ces sources d’émissions", a-t-il fait savoir.

Pour endiguer la pollution liée aux brûlages, la ville a besoin d’une vigilance accrue de la part des habitants et des entreprises, ainsi que de temps pour permettre aux autorités de mener des inspections rigoureuses et de sanctionner les infractions.

En réponse, la ville a mis en place des systèmes de surveillance des brûlages à l’air libre et a intensifié les inspections locales.

Les mesures de réduction des poussières liées aux chantiers imposent désormais aux investisseurs, aux entreprises de construction et aux organismes de gestion de renforcer la surveillance, de mettre strictement en œuvre des dispositifs de confinement, ainsi que de procéder à l’arrosage et au lavage des véhicules à l’entrée et à la sortie des sites afin de minimiser la dispersion des poussières.

Hanoi exige désormais que l’ensemble des 126 communes et quartiers intensifient les opérations de nettoyage, d’arrosage et de lavage des voiries afin de réduire la concentration de particules fines dans l’air.

Transition écologique

Depuis le 1er juillet, le quartier de Hoàn Kiêm a mis en place une zone pilote à faibles émissions, laquelle a donné des résultats probants pour les habitants comme pour les urbanistes.

Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de la transition vers des transports écologiques engagée par la ville, notamment avec le lancement, en mars dernier, de contrôles des émissions pour les voitures. À ce jour, la ville compte plus de 2.300 sites équipés de bornes de recharge (soit 10.209 points de charge) et environ 1.650 stations d’échange de batteries.

Concernant les autobus, la capitale dispose de 156 lignes desservies par 1.977 véhicules. Parmi eux, 875 ont été convertis (soit 44,3% du parc), dépassant ainsi les objectifs fixés pour l’année.

Toutefois, Nguyên Minh Tân a souligné qu’il restait encore beaucoup à faire pour mener à bien cette transition. Rien qu’à l’intérieur du périphérique 1, les deux-roues à essence représentent encore environ 94 à 97% du parc, tandis que les voitures à essence en constituent entre 75% et plus de 80%.

"C’est une leçon importante en matière de transition écologique, d’organisation de la circulation et de gestion du parc de véhicules. La ville continuera de mettre en œuvre des solutions adaptées pour favoriser ce processus de transition", a-t-il indiqué.

Hanoi s’attache également à contrôler les sources d’émissions liées à l’industrie, aux villages d’artisanat et aux activités de production. Lors d’une première phase d’évaluation, la ville a identifié 53 sites polluants nécessitant une intervention ou une délocalisation.

En mars dernier, les autorités ont inspecté sept établissements et ordonné à deux d’entre eux de cesser leur production et de déménager ; l’un d’eux s’est déjà conformé à cette injonction. La capitale s’est par ailleurs fixé pour objectif de traiter la situation de tous les principaux sites polluants d’ici la fin de l’année 2030.

Selon le responsable, la ville renforce également sa coordination avec le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement, ainsi qu’avec les autres provinces et villes de la région, afin de partager des informations et de lutter contre la pollution atmosphérique durant la saison sèche.

La capitale a en outre édicté des réglementations sur la coordination régionale en matière de gestion environnementale et a mis en place un groupe de travail technique interrégional dédié à l’environnement.

Le Département de l’agriculture et de l’environnement élabore actuellement un plan visant à renforcer les mesures de contrôle et de lutte contre la pollution atmosphérique ; un rapport à ce sujet est attendu ce mois-ci. 

VNA/CVN

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