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| Panorama de conférence. |
Selon le vice-ministre Đô Xuân Tuyên, dans un contexte de transformation rapide de la médecine mondiale, le développement de systèmes d’intelligence artificielle appliqués au diagnostic, la constitution de bases de données massives (Big data) et le renforcement de l’interconnexion entre les établissements de santé constituent des leviers essentiels pour optimiser les résultats thérapeutiques. Il a également insisté sur la nécessité d’investir dans des infrastructures médicales de pointe et de favoriser la diffusion des technologies avancées entre les hôpitaux, notamment via des mécanismes de transfert technologique structurés.
Par ailleurs, Đô Xuân Tuyên a souligné l’importance stratégique du développement des ressources humaines de haute qualité, en particulier la formation d’une nouvelle génération de professionnels de santé capables de maîtriser les technologies émergentes et de s’intégrer dans des réseaux de coopération internationale.
Partage d’expériences
S’inscrivant dans cette dynamique, l’hôpital Cho Rây de Hô Chi Minh-Ville a organisé sa conférence scientifique annuelle 2026, réunissant près de 1.000 experts nationaux et internationaux. Cet événement constitue une plateforme majeure pour la mise à jour des connaissances, le partage d’expériences cliniques et la promotion de la coopération scientifique.
Lors de la conférence, Đang Hoàng Vu , chef du Département de gestion de la qualité ,a présenté un rapport sur l’application d’un modèle de gouvernance fondé sur des indicateurs clés de performance (Key Performance Indicators - KPIs) dans le cadre du programme de bon usage des antimicrobiens (Antimicrobial Stewardship - AMS).
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| Pham Thanh Viêt, directeur adjoint de l'hôpital Cho Rây, prend de la parole. |
Déployé depuis 2009, ce programme comprend diverses composantes techniques telles que l’élaboration de protocoles d’antibiothérapie, l’audit des dossiers médicaux, l’analyse des données microbiologiques et le suivi des coûts médicamenteux. Grâce à ces mesures, le taux d’adhésion aux prescriptions d’antibiotiques dépasse 97%, tandis que les dépenses associées ont été significativement réduites.
Néanmoins, ce dispositif repose encore largement sur une supervision clinique, sans système standardisé d’indicateurs permettant d’évaluer de manière objective son efficacité. Cette limite souligne la nécessité d’évoluer vers un modèle de management de la qualité fondé sur les données, en cohérence avec les orientations de transformation numérique du secteur.
Afin de répondre à cet enjeu, une équipe de recherche a proposé un cadre structuré de KPIs, élaboré à partir des recommandations d’organisations internationales et des pratiques des hôpitaux de référence. Ce cadre s’articule autour de cinq axes : la gouvernance organisationnelle, les processus d’utilisation des antibiotiques, la quantification de la consommation, les résultats cliniques et l’efficience économique.
Parmi les indicateurs proposés figurent le taux de prélèvements microbiologiques réalisés avant l’initiation d’une antibiothérapie, le niveau de conformité aux protocoles thérapeutiques, les indices DOT (Days of Therapy) et LOT (Length of Therapy), le taux d’infections associées aux soins, la prévalence des bactéries multirésistantes ainsi que les coûts liés à l’utilisation des antibiotiques.
Optimiser les ressources financières
Selon Đang Hoàng Vu, la mise en œuvre de ces indicateurs contribuera à standardiser les pratiques, à renforcer la qualité des soins, à mieux contrôler l’antibiorésistance et à optimiser les ressources financières. Elle constitue également une base essentielle pour faire évoluer le programme AMS vers une gouvernance fondée sur les données et interconnectée à l’échelle régionale.
La conférence a également été marquée par la présentation de 419 communications scientifiques couvrant un large éventail de disciplines spécialisées, notamment la médecine interne, la chirurgie, la réanimation, la cardiologie, l’oncologie, l’imagerie médicale, les soins infirmiers et le management hospitalier.
Le docteur spécialiste de niveau II Phạm Thanh Việt, directeur adjoint de l'hôpital Cho Rây, a souligné que, face à l’essor de la biologie moléculaire, des technologies d’imagerie avancée, de l’intelligence artificielle et de la transformation numérique, l’organisation de telles conférences revêt une importance stratégique pour accompagner la modernisation du système de santé.
Selon le représentant de l’hôpital, l’édition 2026 a accueilli des experts internationaux venant du Cambodge, de Chine, de France et des États-Unis, ainsi que de nombreux professeurs et scientifiques de premier plan au Vietnam, contribuant ainsi à renforcer les échanges académiques et le transfert de connaissances dans le domaine médical.
Texte et photos : Quang Châu/CVN



