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| Hô Chi Minh-Ville, l'un des trois plus grands pôles touristiques du pays. |
| Photo : Tân Dat/CVN |
Pénurie de personnel à tous les niveaux
Au cours des huit premiers mois de 2026, le Vietnam a accueilli près de 16 millions de visiteurs internationaux, soit une augmentation de 14,4% par rapport à la même période de l'année précédente. L'expansion rapide du marché a entraîné une forte hausse de la demande de main-d'œuvre dans les secteurs de l'hôtellerie, du tourisme, des transports, de la restauration ou des attractions touristiques. Pourtant, l'offre de main-d'œuvre n'a pas suivi le rythme, ni en quantité ni en qualité.
Une enquête menée par Hoteljob.vn révèle que près de 90% des entreprises auront des besoins de recrutement en 2026. À Hô Chi Minh-Ville seulement, 89,7% des entreprises recherchent du personnel, et 71,8% d'entre elles estiment que le recrutement est difficile, voire très difficile. La pénurie se concentre au niveau de la main-d'œuvre directe : 61,5% des entreprises ont indiqué que ce groupe était le plus difficile à recruter, notamment le personnel d'entretien, technique, de service, de réception et de cuisine.
La résolution 26-NQ/TW du Politburo, datée du 22 août 2026, ainsi que le Programme d'action du gouvernement publié le 7 septembre 2026, fixent comme objectif que le tourisme contribue directement à hauteur de 10 à 12% au PIB d'ici 2030, accueille 45 à 50 millions de visiteurs internationaux et génère des recettes totales de 80 à 90 milliards de dollars américains. Hanoï, Hô Chi Minh-Ville et Dà Nang sont appelées à devenir des pôles de croissance touristique majeurs, tandis que l'île de Phu Quôc se développe en tant que nouveau pôle de croissance. De ce fait, la pression sur les ressources humaines s'accroît non seulement en termes de quantité, mais exige également une meilleure qualité, qu'il s'agisse de la main-d'œuvre directe, des guides touristiques multilingues, de la direction, des technologies ou des services haut de gamme.
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| Balade en cyclo dans le centre de Hô Chi Minh-Ville. |
| Photo : Tân Dat/CVN |
Vo Ngoc Diêp, directrice de la gestion des hébergements touristiques au sein du Service du tourisme de Hô Chi Minh-Ville, a déclaré qu'après la fusion administrative, la ville compte plus de 4.809 établissements d'hébergement, soit environ 106.000 chambres, employant entre 120.000 et 125.000 personnes. Bien que la main-d'œuvre se soit rapidement rétablie après la pandémie de COVID-19, le déficit de compétences demeure important. Un nombre significatif de professionnels expérimentés ont changé de secteur et ne sont pas revenus, tandis que les nouvelles recrues nécessitent une formation et un perfectionnement. Outre la pénurie de personnel pour les postes généralistes, le secteur est également confronté à un manque de cadres. Les entreprises ont besoin de davantage de superviseurs, de chefs de service, de cadres intermédiaires, de directeurs généraux et de successeurs capables d'évoluer dans un environnement de plus en plus numérique, internationalisé et concurrentiel.
Un autre obstacle majeur est la pénurie de guides touristiques, notamment sur les marchés où les langues étrangères sont moins répandues. L'évolution rapide du profil des touristes internationaux peut exposer les entreprises du secteur du voyage à des pénuries imprévues de personnel. Le nombre de touristes russes augmente fortement, le marché indien est en pleine expansion et le nombre de touristes en provenance de nombreux pays européens et du Moyen-Orient est également en hausse. Or, la formation d’un guide touristique compétent en communication, doté d'une bonne compréhension culturelle et capable d'animer des visites en langue étrangère prend de nombreuses années. Contrairement à l'anglais ou au chinois, pour lesquels le vivier de professionnels qualifiés est plus important, des langues comme le russe, l'allemand, l'espagnol, l'italien ou certaines langues du Moyen-Orient sont moins répandues. De ce fait, les entreprises sont vulnérables : en période de forte croissance du marché, les guides touristiques sont rares, mais en période de baisse du nombre de touristes, il devient difficile de garantir un emploi stable et de fidéliser le personnel.
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| Touristes visitant la ville de Dà Nang |
| Photo: VNA/CVN |
Pénurie de main-d'œuvre en zone isolée
Selon Nguyên Hoàng Phuong, le Pdg de la sarl de services et de tourisme de Poulo Condor, la main-d'œuvre locale est fortement dépendante de la saisonnalité. En haute saison, on constate une pénurie de travailleurs, tandis qu'en basse saison, il peut y avoir un surplus de main-d'œuvre non qualifiée.
Dans le secteur du tourisme, les postes de vente, de marketing et de guide touristique sont difficiles à pourvoir. Dans les hôtels, les réceptionnistes, le personnel d'entretien, le personnel de cuisine et le personnel de service sont également souvent en sous-effectif. Plus problématique encore, très peu de travailleurs qualifiés du continent sont disposés à vivre sur l'île à long terme. Bien que les revenus à Côn Dao soient nettement supérieurs à ceux de nombreuses autres régions, le coût de la vie est proportionnellement élevé, car la plupart des biens et des denrées alimentaires doivent être acheminés depuis le continent. Les travailleurs doivent également supporter des frais supplémentaires pour le loyer et le logement.
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| Phu Quôc attire un grand nombre de touristes chinois et étrangers. |
| Photo : VNA/CVN |
Nombreux sont ceux qui ne travaillent que quelques mois avant de rentrer chez eux pour des raisons familiales ou parce qu'ils ne parviennent pas à s'adapter à la vie insulaire. Une enquête menée par Hoteljob.vn confirme cette situation : 79,5% des entreprises ont augmenté les salaires ou amélioré les avantages sociaux au cours des 12 derniers mois, mais cela reste la principale raison pour laquelle les jeunes quittent la profession. 59,2% citent un revenu inférieur à celui d'autres secteurs comme motif de départ, 48,7% évoquent le manque de perspectives d'évolution, tandis que le travail posté ne représente que 15,8% des raisons. Cela montre qu'une simple augmentation de salaire ne suffit pas. Les jeunes actifs ont également besoin d'un plan de carrière clair, d'un système d'évaluation transparent et d'une vision précise de leur avenir après 1, 2 ou 5 ans d'expérience.
Tân Dat/CVN






