01/08/2021 09:15
Les autorités centrales et locales mettent aujourd’hui en place des politiques de préservation du patrimoine immatériel. Bien des us et coutumes ont déjà pu être conservés grâce aux artisans passionnés désireux de sauvegarder les valeurs de leur communauté.
>>Les communautés au cœur de la protection du patrimoine
>>Quatre icônes culturelles de Lào Cai inscrites sur la liste du patrimoine immatériel national
>>Dông Thap s'efforce de préserver des patrimoines culturels immatériels

Jeu du tir à la corde assis.
Photo : CAND/CVN

Chaque communauté constituée produit et développe des valeurs, us et coutumes. C’est leur respect, leur transmission mais aussi leur consolidation qui produira un véritable patrimoine, témoignage d’une culture particulière. Aujourd’hui, avec l’uniformisation de la culture induite par la modernisation, l’enjeu de la sauvegarde du patrimoine est plus que jamais d’actualité.

Pendant le processus de conservation du patrimoine, le rôle des artisans est primordial parce que ce sont eux qui détiennent la connaissance des pratiques ancestrales.

Les artisans, gardiens des traditions

L’"Artisan Émérite" Nguyên Ngoc Luoc, du village Xa Mac, commune de Liên Mac, district de Mê Linh, Hanoï, 70 ans, est passionné par la transmission du métier du chant folklorique xa mac. Ce dernier est interprété lors des fêtes villageoises ou durant les activités quotidiennes telles que travaux champêtres ou tissage de la soie. Mais, c’est aussi une chanson d’amour pour aider les couples à se comprendre.

Ces dernières années, le nombre de personnes se remémorant ce chant a progressivement diminué. Conscient de ce problème, M. Luoc a décidé de retourner dans son pays natal, après sa démobilisation, pour rencontrer les personnes âgées du village  et étudier le chant. Cela fait maintenant plus de 20 ans qu’il l’enseigne aux villageois. Fondateur d’un club, celui-ci compte aujourd’hui 30 participants. Grâce au travail acharné de ce passionné, ce chant connaît aujourd’hui une seconde jeunesse parmi la communauté.

M. Luoc n’est pas le seul dans le pays à s’inquiéter de la disparition d’un certain patrimoine ancestral. Ainsi, les "Artisans Émérites" Nguyên Thi Vây (district de Thuong Tin), Kiêu Thi Chai (commune de Phuc Tiên, district de Phu Xuyên) et Nguyên Van Bôn (commune de Hat Môn, district de Phuc Tho) ont contribué à préserver l’art du trông quân (chansons alternées accompagnées d’un tambourin). Tous ces exemples participent à la prise de conscience de la population et des autorités locales de l’importance de la conservation des pratiques culturelles traditionnelles.

Le rôle des autorités locales 

Depuis l’extension des limites administratives de la capitale en août 2008, Hanoï est devenue la localité la plus riche du pays en termes de ressources patrimoniales culturelles. On y recense actuellement 1.793. Elle est aussi le berceau d’une pléthore de "patrimoines immatériels", notamment de chants traditionnels.

Représentation du "trông quân" (chansons alternées accompagnées d’un tambourin).
Photo : Diêp Truong/VNA/CVN

Grâce à l’aide des organes de gestion de l’État, les chercheurs et la communauté travaillent aujourd’hui main dans la main pour améliorer leur connaissance des pratiques culturelles et trouver les meilleures façons de les valoriser et les conserver.

"Grâce au soutien du Service de la culture et des sports de Hanoï, le rituel du tir à la corde assis en général et celui pratiqué au temple de Trân Vu en particulier redeviennent de plus en plus populaires. De cette façon, nous prenons la responsabilité de préserver et valoriser le patrimoine laissé par nos ancêtres", confie Ngô Quang Khai, responsable du comité de gestion des vestiges du temple de Trân Vu, quartier de Thach Bàn, arrondissement de Long Biên.

Dernièrement, ce service a soutenu la communauté à inscrire à la liste du patrimoine immatériel du pays des fêtes telles que celle des régates de Dam (district de Bac Tu Liêm), celle du temple de Và (cité municipale de Son Tây) et l’art des marionnettes de Tê Tiêu (district de My Duc).

"Les autorités locales sont chargées de propager la valeur des coutumes afin que la population s’implique davantage et suscite l’envie de préserver le patrimoine. L’État doit ainsi accompagner la communauté et mettre sur pied des politiques de rémunération appropriées pour les artisans et praticiens afin de les inciter à valoriser leur savoir-faire", partage Pham Thi Lan Anh, cheffe du bureau de gestion du patrimoine du Service de la culture et des sports de Hanoï.

"Il est nécessaire d’honorer, d’encourager et de créer les conditions optimales aux artisans et praticiens pour qu’ils puissent transmettre et valoriser leur art. Leur rôle est primordial dans la protection et la promotion de la valeur du patrimoine culturel immatériel", souligne le Dr Pham Cao Quy, du Département du patrimoine culturel du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme.

Le patrimoine culturel, en plus d’enrichir la vie quotidienne de tout un chacun, constitue aussi une ressource importante pour le développement du pays.
 
Mai Huong/CVN

 
Réagir à cet article
Commentaire:*
E-mail:*
Nom:*
Espace francophone
Des maquettes miniatures reflètent les spécificités de la culture vietnamienne

Quand le tourisme sauve l’identité culturelle Pour les Co Tu de Hoà Vang, un district montagneux rattaché à la ville de Dà Nang (Centre), Dinh Van Nhu est un pionnier. Il a en effet été le tout premier habitant de cette ethnie minoritaire à transformer sa demeure en maison d’hôtes, un modèle d’hébergement chez l’habitant particulièrement prisé des touristes.