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| Récolte du riz à Dông Thap (Delta du Mékong). |
| Photo : VNA/CVN |
Alors que les prix mondiaux du riz blanc oscillaient entre 350 et 400 dollars la tonne, le prix moyen à l’exportation du riz vietnamien a atteint 510 dollars la tonne, résultat de la transition vers le riz parfumé et les variétés de spécialité à plus forte valeur ajoutée.
Selon Dô Hà Nam, président de l’Association des vivres du Vietnam (Vietnam Food Assodication - VFA), la principale limite réside dans la forte concentration des exportations vers un seul marché, les Philippines absorbant encore 40% à 50% des volumes. L’application par ce pays d’un mécanisme de quotas mensuels a réduit le rythme des échanges, compliquant la planification des entreprises et pesant sur les prix du riz et les revenus des agriculteurs, notamment lors des pics de récolte de la campagne hiver-printemps.
Un autre obstacle majeur concerne les circuits de paiement. Selon la réglementation en vigueur, toute transaction supérieure à cinq millions de dôngs doit être effectuée par virement bancaire pour pouvoir être déduite des charges fiscales. Or, dans la pratique, la chaîne d’approvisionnement en riz repose encore largement sur des intermédiaires réglant en espèces directement auprès des ménages agricoles. Et de nombreux agriculteurs, en particulier dans les zones reculées, ne disposent pas de comptes bancaires ou rencontrent des difficultés d’accès aux services financiers.
Pour lever ces goulets d’étranglement, la VFA recommande de poursuivre résolument la transition vers la production de riz de haute qualité, en ciblant les marchés à niveau de vie élevé, prêts à payer des prix plus élevés. En outre, elle appelle le système bancaire à relever les plafonds de crédit afin de permettre aux entreprises de procéder aux achats de stockage temporaire. Elle propose également que l’État renforce les réserves nationales de riz afin de soutenir les prix, alors que la qualité du riz de la campagne hiver-printemps est jugée très bonne. Parallèlement, il convient d’intensifier davantage les contrats de coopération de gouvernement à gouvernement (G2G).
Dans cette optique, Agribank a mis en place un programme de prêts pouvant atteindre 30.000 milliards de dôngs pour soutenir le projet d’un million d’hectares de riz de haute qualité et à faibles émissions dans le Delta du Mékong, avec des taux d’intérêt préférentiels réduits de 1% à 1,5% et des prêts sans garantie couvrant jusqu’à 80% de la valeur des projets.
La stratégie à long terme de la filière repose sur une montée en gamme affirmée. Lôc Troi Group cite le marché japonais, où le riz premium peut atteindre 8.000 dollars la tonne, comme référence. Les variétés Jasmine et ST25 gagnent déjà des parts de marché au Japon et en République de Corée, deux marchés très exigeants.
Parallèlement, le Vietnam renforce les contrats G2G. Des accords ont été conclus avec Singapour et le Sénégal, tandis que des démarches sont engagées pour reconquérir des marchés traditionnels tels que l’Irak et la Syrie, actuellement dominés par la concurrence thaïlandaise.
Le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Phùng Duc Tiên, a souligné que, avec 85% des surfaces cultivées consacrées au riz de haute qualité, le Vietnam dispose d’un avantage compétitif important dans diverses régions. L’importance consiste désormais à renforcer la marque du riz vietnamien afin d’accroître sa visibilité et sa valeur économique sur le marché international.
VNA/CVN




