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| Lieutenant-colonel Nguyên Dinh Dô Thi, à la récente conférence sur la diffusion de la loi sur la cybersécurité. |
| Photo : Luu Quy/VNA/CVN |
Lors d’une conférence consacrée à la présentation de la Loi sur la cybersécurité et de la Loi sur la protection des données personnelles, le 21 août, le lieutenant-colonel Nguyên Dinh Dô Thi, chef adjoint du Bureau 1 du Département de cybersécurité et de prévention et de lutte contre la criminalité utilisant les hautes technologies (A05) du ministère de la Police, a souligné la complexité croissante des atteintes aux données personnelles.
Selon lui, les cyberattaques constituent l’une des principales causes de cette situation. Au cours des six premiers mois de l’année, le système de surveillance du Centre national de surveillance de la cybersécurité (VNCERT) a enregistré près de deux millions d’alertes de cyberattaques. "Près de 50% de ces attaques impliquent l’IA, principalement pour automatiser la détection des vulnérabilités, la propagation de logiciels malveillants et l’intrusion dans les systèmes", a-t-il indiqué.
L’utilisation de l’IA accroît la vitesse et l’ampleur des attaques, tout en compliquant davantage les opérations d’enquête, de détection et de prévention, a-t-il ajouté.
À l’échelle mondiale, le développement de l’IA est également considéré comme l’un des principaux risques pour la cybersécurité. Dans une étude publiée en juillet, des experts de la société américaine de sécurité cloud Sysdig ont identifié un agent d’IA capable de mener une cyberattaque par rançongiciel sans intervention humaine. Celui-ci serait en mesure d’automatiser l’ensemble du processus : intrusion, vol d’identifiants, progression au sein du système, chiffrement et suppression des bases de données de production, avant d’exiger une rançon en cryptomonnaie.
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| Des groupes vendent des données et des comptes bancaires sur Telegram. |
| Photo : Trong Dat/VNA/CVN |
Outre les cyberattaques, l’A05 a également mis en garde contre l’achat, la vente et l’exploitation illégale de données personnelles. Selon les statistiques présentées lors de la conférence, les forces compétentes, en coordination avec les polices locales, ont découvert en 2025 plus de 30 affaires de vente ou d’appropriation illégale de données, portant sur environ 160 millions d’enregistrements.
Les données proposées à la vente peuvent comprendre des informations personnelles de base, mais aussi des données sensibles telles que des informations bancaires ou biométriques. Nguyên Dinh Dô Thi a cité plusieurs affaires récentes, dont le démantèlement en 2025 d’un réseau impliqué dans la vente de 56 millions d’enregistrements de données à Thua Thiên Huê, la mise en examen en juillet 2026 d’un individu impliqué dans la vente de 50 millions de données à Nghê An, ainsi que la mise en examen d’un élève à Lâm Dông pour avoir piraté un système afin de dérober et de mettre en vente 20 millions d’enregistrements.
Autre menace : les atteintes à la vie privée via des appareils connectés à Internet, tels que téléviseurs, téléphones ou caméras de surveillance. Les pirates peuvent exploiter des failles de sécurité pour prendre le contrôle de ces appareils, extraire des images privées à des fins d’extorsion ou les diffuser.
Les données personnelles, matière première de la cybercriminalité
Soulignant que les données personnelles sont désormais devenues la matière première de dizaines de formes de cybercriminalité, Nguyên Dinh Dô Thi a expliqué que les organisations criminelles pouvaient les acheter afin d’élaborer différents scénarios d’escroquerie, en s’appuyant sur les événements et les informations personnelles de leurs victimes pour renforcer leur crédibilité.
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Les escrocs peuvent ainsi se faire passer pour des policiers, des employés de banques ou de compagnies d’assurance, des enseignants, des médecins ou encore des livreurs. Entre 2020 et 2025, les forces compétentes ont démantelé 24.000 affaires d’escroquerie et d’appropriation frauduleuse de biens dans le cyberespace, pour un montant total de plus de 40.000 milliards de dôngs.
Selon le représentant de l’A05, cette situation résulte de facteurs à la fois subjectifs et objectifs. Les utilisateurs font encore preuve de négligence et partagent facilement leurs documents d’identité sur les réseaux sociaux, tandis que de nombreuses agences et entreprises n’investissent pas suffisamment dans la protection des données. La gestion des ressources humaines pour les postes disposant d’un accès aux bases de données reste également insuffisamment contrôlée, exposant les organisations au risque qu’un employé copie des données avant son départ.
En 2025, la Loi sur la cybersécurité et la Loi sur la protection des données personnelles ont été élaborées afin de renforcer le cadre juridique face aux nouveaux risques dans le cyberespace. La Loi sur la cybersécurité est entrée en vigueur le 1er juillet 2026, tandis que la Loi sur la protection des données personnelles est entrée en vigueur le 1er janvier 2026.
Les deux textes portent notamment sur la protection des systèmes d’information et des données personnelles, les droits des personnes concernées, les responsabilités des organismes et des entreprises, ainsi que sur les nouveaux risques liés aux cyberattaques, à l’IA et aux transferts transfrontaliers de données.
La législation interdit notamment le traitement illégal des données, l’utilisation des données d’autrui à des fins contraires à la loi, la vente de données personnelles, ainsi que l’appropriation, la divulgation intentionnelle ou la perte de données.
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La vente illégale de données peut être sanctionnée par une amende pouvant atteindre dix fois les revenus tirés de l’infraction. Les violations relatives au transfert transfrontalier de données peuvent entraîner une amende pouvant atteindre 5% du chiffre d’affaires réalisé au Vietnam au cours de l’exercice précédent. D’autres infractions peuvent être sanctionnées par une amende allant jusqu’à 3 milliards de dôngs, sans préjudice d’éventuelles poursuites pénales et demandes d’indemnisation.
Pour les entreprises, l’A05 recommande en premier lieu de recenser et de classifier l’ensemble des données qu’elles gèrent, puis d’évaluer les risques et le niveau de conformité. La protection des données doit couvrir l’ensemble du cycle de traitement, de la collecte au transfert, en passant par le stockage et l’analyse. Les entreprises doivent également renforcer leurs équipes chargées de la protection des données et assurer une formation régulière de leurs employés.
Pour les utilisateurs, Nguyên Dinh Dô Thi a formulé une règle des "cinq non" : ne pas partager en ligne d’informations privées ou de documents sensibles ; ne pas connecter de périphériques inconnus à un ordinateur contenant des données importantes ; ne pas ouvrir de liens ou de fichiers dont l’origine n’est pas vérifiée ; ne pas transférer d’argent à la demande d’inconnus ; et ne pas télécharger d’applications ni saisir d’informations financières sans en avoir vérifié la provenance.
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"Les données sont à la fois considérées comme une matière première et comme un actif. Les organismes, les organisations et les entreprises doivent donc assumer leur responsabilité en matière de protection. La protection des données personnelles est une composante indissociable de la culture de gouvernance", a-t-il souligné.
Cette conférence s’inscrivait dans le cadre des activités organisées à l’occasion de la Journée vietnamienne de la cybersécurité. Elle a réuni près de 800 participants, représentant des ministères et organismes publics, des ambassades et représentations diplomatiques étrangères, des organisations et associations, des établissements de formation, des instituts de recherche ainsi que la communauté des entreprises.
Dans son discours d’ouverture, le lieutenant-général Lê Xuân Minh, directeur de l’A05, a souligné l’importance de la mise en place d’un cadre juridique destiné à créer un cyberespace sûr et essentiel au développement économique, culturel et social. Selon lui, parallèlement aux opportunités offertes par l’économie numérique, les risques et défis liés à la cybersécurité, aux fuites de données, aux escroqueries en ligne et à la cybercriminalité ne cessent de s’intensifier et deviennent de plus en plus complexes.
Luu Quy - Câm Sa/CVN







