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Le colloque a souligné l’exigence urgente de transformer efficacement les valeurs culturelles en puissance douce, dans laquelle la presse joue un rôle d’avant-garde, et Hô Chi Minh-Ville est appelée à devenir une métropole culturelle créative pionnière.
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| Colloque intitulé : "La culture à l’ère du numérique - De l’identité à la puissance douce nationale" à Hô Chi Minh-Ville. |
L’événement s’est tenu dans le contexte de la mise en œuvre récente de la Résolution 80, marquant une étape importante dans la pensée stratégique du Parti en matière de développement culturel. Cette résolution affirme que la construction et le développement de la culture doivent véritablement devenir une base solide, une force endogène de la nation, tout en constituant un levier de régulation pour un développement rapide et durable du pays.
En particulier, l’exigence de développer la culture au même niveau que la politique, l’économie et la société, associée à la mise en place d’un dispositif de sécurité culturelle, de sécurité humaine et de souveraineté culturelle numérique, impose des missions urgentes dans le contexte de la transformation numérique et de l’intégration internationale approfondie.
Dans cet esprit, les participants se sont concentrés sur l’analyse de la situation actuelle, l’identification des défis et la proposition de solutions visant à valoriser les valeurs culturelles et à mobiliser la puissance douce nationale dans la nouvelle période.
Quintessence des valeurs de la nation
S’exprimant lors du colloque, l’"Artiste du Peuple" Nguyên Thi Thanh Thuy, vice-directrice du Service de la culture et des sports de Hô Chi Minh-Ville, a indiqué qu’après la réorganisation administrative, la ville dispose d’un système de ressources culturelles particulièrement riche, comprenant 321 sites historiques et culturels, dont 4 classés monuments nationaux spéciaux, ainsi que des paysages variés allant de la mer à la montagne et aux forêts. La ville est également un carrefour culturel des 54 ethnies du pays, constituant une base essentielle pour le développement des industries culturelles.
Selon elle, Hô Chi Minh-Ville compte actuellement plus de 100 établissements de production et de distribution cinématographique, dont environ 30 sont en activité régulière ; 38 complexes de cinémas avec plus de 200 salles, attirant plus de 4 millions de spectateurs par an. Cela constitue un atout favorable pour le développement de l’industrie cinématographique et des contenus numériques.
À partir de cette réalité, elle a proposé de renforcer les liens interrégionaux et la coopération internationale ; de développer des produits culturels et touristiques emblématiques à l’échelle nationale et internationale ; de transformer le patrimoine immatériel en produits des industries culturelles ; et de développer la ville selon l’orientation de "Ville du cinéma", en rejoignant le réseau des villes créatives de l’UNESCO.
Du point de vue de la presse, le journaliste Nguyên Ngoc Toan, rédacteur en chef du journal Thanh Niên (Jeune), a souligné que, tout au long de ses 40 années de développement, le journal a accompagné le processus de rénovation, en reflétant les problèmes négatifs tout en diffusant les valeurs humanistes à travers des reportages sur les bonnes actions, des enquêtes et des dossiers culturels.
Selon lui, la presse est en elle-même un acteur culturel, contribuant à connecter la communauté et à élever la conscience sociale. Les séries d’articles approfondis sur le patrimoine, en particulier les valeurs menacées de disparition, ne se contentent pas d’informer, mais éveillent également la responsabilité collective et créent un lien entre les générations. "La préservation du patrimoine culturel national et l’assimilation des valeurs universelles de la civilisation ne sont pas des missions contradictoires, mais deux aspects d’un processus unifié qui enrichit l’identité vietnamienne", a-t-il affirmé.
Abordant le rôle des médias à l’ère numérique, la Docteure Nguyên Thi Hâu, secrétaire générale de l’Association des sciences historiques de Hô Chi Minh-Ville, a estimé que le patrimoine existe aujourd’hui à la fois dans l’espace physique et dans l’espace médiatique. Les médias ne se limitent pas à promouvoir, mais "construisent" également la valeur du patrimoine, déterminant son niveau de présence dans la société. Toutefois, ce domaine est confronté à des risques tels que la commercialisation excessive, la simplification et la déformation des valeurs. Il est donc nécessaire de développer des médias responsables, d’améliorer la qualité des contenus, de renforcer la gouvernance et d’encourager la participation de la communauté.
Prenant la parole, Nguyên Quôc Tuân, directeur du Centre d’information de la VNA pour le Sud, a souligné qu’à l’ère numérique, la culture est devenue une ressource endogène essentielle, une "puissance douce" permettant de positionner la nation. Cependant, pour transformer le patrimoine en actifs et la tradition en moteur de développement, il est nécessaire de réduire l’écart entre la stratégie et la pratique par des solutions concrètes.
Selon lui, l’un des obstacles actuels réside dans l’absence de cadre juridique pour le marché du patrimoine, en particulier dans le domaine des antiquités. L’expertise, l’évaluation et les transactions manquent encore de transparence ; les antiquités ne sont pas reconnues comme des actifs pouvant servir de garantie, entraînant un gaspillage de ressources. À cela s’ajoutent le manque de ressources humaines hautement spécialisées dans l’expertise et la restauration, ainsi que les défis liés à la préservation des pièces uniques face aux effets du temps et de l’environnement.
Il a proposé de reconnaître juridiquement les antiquités comme des "actifs spéciaux"; de construire un écosystème professionnel de ventes aux enchères avec la participation des banques et des institutions financières ; de créer des centres nationaux d’expertise et d’évaluation ; et d’accélérer la numérisation complète du patrimoine, la mise en place d’une base de données nationale, ainsi que l’application de technologies telles que la blockchain dans la gestion, l’authentification et les transactions.
Partageant des expériences pratiques, Nguyên Quôc Binh, directeur général adjoint de la Radio-Télévision de Hô Chi Minh-Ville, a indiqué que HTV met en œuvre l’intelligence artificielle (IA) pour restaurer des œuvres artistiques classiques, notamment la pièce de théâtre rénové (cải lương) "Tiêng trông Mê Linh" (Le tambour de Mê Linh). La reconstitution des images d’artistes tels que Thanh Nga et Thanh Sang revêt non seulement une valeur technique, mais contribue aussi à préserver la mémoire culturelle et à rapprocher le patrimoine des jeunes générations. Selon lui, lorsque le patrimoine est transformé en actifs numériques de haute qualité, il devient un outil efficace d’éducation traditionnelle dans la nouvelle ère.
Nguyên Duc Loi, vice-président permanent de l’Association des journalistes du Vietnam, a souligné que la presse doit continuer à jouer son rôle de critique sociale, en identifiant avec audace les "goulets d’étranglement" du développement culturel, afin de proposer des solutions innovantes pour perfectionner les institutions, améliorer l’environnement culturel et promouvoir un développement durable de l’économie culturelle.
Les participants ont convenu que, dans le contexte de l’intégration et de la transformation numérique, la culture n’est pas seulement un fondement spirituel, mais aussi un moteur de développement. Lorsque le patrimoine est valorisé, numérisé et diffusé efficacement, la puissance douce nationale sera pleinement exploitée, contribuant à renforcer la position du Vietnam sur la scène internationale.
Texte et photo : Minh Thu/CVN



