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| Patrick Glauner intervient lors d’une table ronde de la conférence internationale "Science et technologie pour le développement durable", le 8 octobre à l’ICISE, à Quy Nhon. |
| Photo : Thanh Tuê/CVN |
Présent à Quy Nhon pour la conférence internationale "Science et technologie pour le développement durable", Patrick Glauner plaide pour une formation accessible à tous et un apprentissage tout au long de la vie.
L’intelligence artificielle (IA) est-elle réservée aux pays les plus avancés et aux grandes entreprises technologiques ? Pour Patrick Glauner, la réponse est plus nuancée. Si les géants du numérique disposent de moyens financiers considérables, de puissantes capacités de calcul et de vastes ensembles de données, la démocratisation des connaissances et la multiplication des outils accessibles permettent désormais à un nombre croissant de pays de prendre part à cette transformation.
C’est l’un des constats formulés par ce Professeur allemand lors de la Conférence internationale "Science et technologie pour le développement durable", organisée les 7 et 8 octobre au Centre international de science et d’éducation interdisciplinaires (ICISE), à Quy Nhon, dans la province de Gia Lai (Centre).
Des connaissances de plus en plus accessibles
Participant pour la première fois à une conférence scientifique internationale au Vietnam, Patrick Glauner s’est dit particulièrement séduit par le cadre de la rencontre, à l’écart des grandes villes, et par sa capacité à réunir experts internationaux et participants vietnamiens autour d’échanges scientifiques.
En tant que coorganisateur et président de session, il a notamment relevé l’intérêt suscité par les discussions sur l’intelligence artificielle et le nombre de questions posées par les participants. Il y voit le signe d’un intérêt croissant pour les possibilités offertes par cette technologie.
Son appréciation des progrès scientifiques du Vietnam s’appuie également sur les travaux de chercheurs vietnamiens. Il a ainsi salué la qualité des recherches d’un collègue travaillant à Hanoï, rencontré lors de la table ronde, dont les travaux jouissent, selon lui, d’une reconnaissance au sein de la communauté de l’IA.
Face au risque de voir se creuser les inégalités technologiques entre pays développés et pays en développement, Patrick Glauner estime que la diffusion des connaissances change profondément la donne. Il rappelle qu’il y a trente ans, les possibilités de se former à l’intelligence artificielle étaient géographiquement beaucoup plus limitées, notamment aux États-Unis et en Europe centrale.
Aujourd’hui, de nombreuses ressources pédagogiques gratuites sont disponibles en ligne, permettant d’acquérir des compétences dans ce domaine sans nécessairement intégrer les grands centres de recherche.
L’écosystème de l’IA ne se résume pas non plus aux grandes entreprises technologiques ni aux grands modèles de langage. De nombreux modèles sont accessibles gratuitement et peuvent être adaptés à des données spécifiques ou déployés selon les besoins. Les pays disposant de moyens plus modestes peuvent ainsi explorer leurs propres applications sans avoir à développer toutes les technologies à partir de zéro.
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| Le Professeur Patrick Glauner. |
Le Professeur ne minimise toutefois pas les disparités persistantes. Les ressources financières, les infrastructures informatiques et la disponibilité de compétences spécialisées continuent de peser sur les capacités de développement de l’IA. Mais, à ses yeux, les obstacles sont désormais moins insurmontables qu’ils ne l’étaient par le passé.
Faire de l’IA un levier de développement
Au-delà de l’accès aux outils, l’enjeu consiste à transformer leur potentiel en bénéfices concrets pour l’économie et la société. Patrick Glauner identifie plusieurs domaines dans lesquels l’intelligence artificielle pourrait contribuer au développement des pays : la santé, la logistique, l’énergie et l’éducation.
Dans le secteur énergétique, l’IA pourrait, par exemple, aider à formuler des recommandations pour concevoir des réseaux électriques plus performants et en optimiser le fonctionnement.
Dans la logistique, elle offre des possibilités d’amélioration des opérations. Dans l’éducation, elle peut favoriser la personnalisation des parcours pédagogiques en adaptant les contenus au niveau, aux besoins et aux fonctions de chaque apprenant.
L’existence de modèles déjà disponibles constitue, selon lui, un avantage important pour les pays en développement. Plutôt que de consacrer des ressources considérables à la création de solutions entièrement nouvelles, ceux-ci peuvent s’appuyer sur des technologies existantes, les adapter à leur contexte et concevoir des applications répondant à leurs priorités.
Cette approche ouvre de nouvelles perspectives, mais suppose également de renforcer les compétences humaines nécessaires à une utilisation pertinente de ces outils. C’est pourquoi Patrick Glauner place l’éducation au cœur de ses recommandations pour les cinq à dix prochaines années.
Former dès l’école et tout au long de la vie
Pour le professeur allemand, la formation à l’intelligence artificielle ne doit pas se limiter aux universités et aux spécialistes du secteur. Elle devrait commencer dès l’école, afin de familiariser les jeunes avec ces technologies et de leur donner les connaissances nécessaires pour évoluer dans un environnement professionnel en pleine mutation.
Il insiste également sur l’importance de la formation continue. À mesure que l’IA automatise certaines tâches, elle transforme les métiers et les besoins en compétences. Certains travailleurs devront ainsi approfondir leurs connaissances, se reconvertir ou se préparer à exercer de nouvelles fonctions.
Dans ce contexte, l’apprentissage tout au long de la vie devient indispensable pour accompagner les mutations du marché du travail et permettre au plus grand nombre de bénéficier des avancées technologiques.
Pour les pays en développement, l’enjeu ne consiste donc pas seulement à accéder aux outils d’intelligence artificielle, mais aussi à réunir les conditions humaines et éducatives nécessaires à leur appropriation.
Généraliser la formation à l’IA, de l’école à la vie professionnelle, constitue ainsi, selon Patrick Glauner, une priorité pour faire de cette technologie un levier de développement plutôt qu’un facteur supplémentaire d’inégalités.
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Texte et photos : Thanh Tuê/CVN





