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En effet, les signaux positifs enregistrés au Japon en 2026, conjugués à la dynamique générale de la filière, ouvrent de nouvelles perspectives pour les entreprises vietnamiennes du secteur.
Le Japon, un marché porteur dans un contexte contrasté
Selon l’Association des producteurs et exportateurs de produits aquatiques du Vietnam (VASEP), les exportations de produits aquatiques ont atteint près de 7,94 milliards de dollars au cours des huit premiers mois de 2026, en hausse de 10,9 sur un an. Le seul mois d’août a représenté environ 1,08 milliard de dollars.
Alors que le marché américain connaît de fortes turbulences en raison des politiques en matière de droits antidumping, les marchés des pays membres du CPTPP (Accord de partenariat transpacifique global et progressiste), au premier rang desquels le Japon, constituent un soutien important à la croissance du secteur.
S’agissant du pangasius, les données des douanes vietnamiennes indiquent que les exportations ont atteint 1,3 milliard de dollars au cours des sept premiers mois de 2026, en hausse de 10% sur un an. Les expéditions vers le Japon ont progressé de 2,3%.
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| Selon la VASEP, les filets congelés représentent la majorité des exportations de pangasius vietnamien vers le Japon. |
Cette hausse reste plus modeste que celle enregistrée vers la Chine (+37,1%), mais elle revêt une importance stratégique. Alors que le marché américain poursuit son repli, avec 189 millions de dollars d’exportations sur sept mois, en baisse de 8% sur un an et de 28% pour le seul mois de juillet, le Japon maintient une progression régulière. Cette évolution permet aux entreprises vietnamiennes de diversifier leurs débouchés et de réduire leur dépendance au marché américain.
À l’échelle macroéconomique, les données publiées début septembre 2026 par la Direction générale des Statistiques, relevant du ministère des Finances, font état d’un excédent commercial de 2,4 milliards de dollars du Vietnam avec le Japon au cours des huit premiers mois, soit une hausse spectaculaire de 58% sur un an. Ce résultat illustre le dynamisme des échanges commerciaux bilatéraux, notamment dans le secteur des produits aquatiques.
Le pangasius gagne en valeur ajoutée
Selon la VASEP, les exportations de pangasius vers le Japon restent dominées par les filets congelés, qui représentent environ 82% des expéditions. Les autres produits de cette espèce relevant du code SH 03 comptent pour près de 7%. Les produits transformés à plus forte valeur ajoutée, relevant du code SH 16, représentent quant à eux 11% de la valeur totale des exportations vers ce marché. Cette part encore modeste témoigne néanmoins d’une évolution de la structure des exportations.
Le vieillissement de la population japonaise s’accompagne d’une évolution des habitudes de consommation. Les consommateurs privilégient de plus en plus les aliments pratiques et faciles à préparer, tout en restant attentifs à leur valeur nutritionnelle et à leur sécurité sanitaire.
Les produits à base de pangasius prêts à cuisiner, marinés ou prêts à consommer répondent à ces attentes et offrent des possibilités de développement dans la grande distribution et les réseaux de supermarchés japonais.
Le marché japonais reste toutefois particulièrement exigeant. Les importateurs accordent une grande importance à la réputation des fournisseurs, à la stabilité des approvisionnements et à la traçabilité tout au long de la chaîne, de l’élevage au transport. La moindre défaillance en matière de qualité ou de sécurité sanitaire peut compromettre des partenariats établis de longue date.
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| La VASEP prévoit que les exportations vietnamiennes de pangasius pourraient atteindre 2,3 milliards de dollars en 2026. |
Un avantage concurrentiel à consolider
Nguyên Hoài Nam, secrétaire général de la VASEP, souligne que le principal atout du pangasius ne réside pas seulement dans son prix. Cette espèce est élevée dans un système de production maîtrisé et intégré, permettant de contrôler l’ensemble du processus, de l’alevinage et de l’alimentation à l’environnement d’élevage, à la récolte et à la transformation.
Cet atout prend une importance accrue dans un contexte marqué par la diminution des ressources halieutiques sauvages et par une demande mondiale croissante de sources de protéines abordables et disponibles de manière régulière.
Pour exploiter pleinement ce potentiel au Japon, les entreprises vietnamiennes devront moderniser leurs technologies de transformation, renforcer leurs systèmes de contrôle de la qualité et s’adapter aux normes techniques spécifiques exigées par leurs partenaires. Elles devront également mieux cerner les goûts et les habitudes de consommation des Japonais afin de diversifier leur gamme de produits à forte valeur ajoutée.
Ces efforts sont essentiels pour consolider durablement la présence du pangasius vietnamien sur le marché japonais, améliorer les marges des entreprises et réduire leur exposition aux fluctuations du marché mondial.
S’appuyant sur la reprise de la demande en Chine, dans l’ASEAN et au Japon, la VASEP prévoit que les exportations de pangasius pourraient atteindre environ 2,3 milliards de dollars en 2026.
Dans cette perspective, le Japon, même s’il ne constitue pas encore un marché à la croissance spectaculaire, apparaît progressivement comme un débouché stratégique. Il permet à la filière vietnamienne de réduire sa dépendance à l’égard de marchés plus volatils comme les États-Unis et de s’engager sur une trajectoire de croissance plus durable.
Texte et photos : Truong Giang/CVN




