Nguyên Ngoc Trâm, l’or en héritage, l’histoire en plus

De benjamine prometteuse à leader reconnue, Nguyên Ngoc Trâm a mené ses coéquipières vers un nouveau sommet continental. À seulement 24 ans, elle devient la première karatéka vietnamienne à décrocher deux médailles d’or consécutives aux Jeux asiatiques.

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Le trio féminin du kata par équipes a offert, le 22 septembre, au Vietnam sa première médaille d’or aux ASIAD 2026.
Photo : VNA/CVN

Le trio Bùi Ngoc Nhi, Hoàng Thi Thu Uyên et Nguyên Ngoc Trâm a remporté la médaille d’or du kata par équipes féminines lors des 20es Jeux asiatiques (ASIAD 20), disputés du 19 septembre au 4 octobre au Japon.

Après avoir éliminé plusieurs redoutables adversaires, le Vietnam a triomphé de l’Iran en finale, conservant ainsi le titre déjà remporté trois ans plus tôt à Hangzhou, en Chine.

Pour Nguyên Ngoc Trâm, cette victoire a une résonance particulière. À 24 ans, elle devient la première représentante vietnamienne du karaté à signer un tel doublé continental.

Son parcours illustre une progression remarquable. Benjamine de l’équipe lors de ses premiers Jeux, elle avait alors beaucoup appris au contact de ses aînées. Pour sa deuxième participation, elle est revenue avec un nouveau statut, celui de leader expérimentée, capable d’encadrer et de transmettre à la relève.

Nguyên Ngoc Trâm a commencé le karaté à l’âge de huit ans. À son arrivée au sein de l’équipe du Centre sportif de la police, les entraîneurs l’ont orientée vers le kata. Cette discipline consiste en un enchaînement codifié de techniques offensives et défensives, évalué selon des critères de précision, de puissance et de rythme.

“Après les tests, les entraîneurs m’ont dit que je n’étais pas assez grande, mais que je pouvais intégrer l’équipe de kata. Si j’avais été plus grande, j’aurais sans doute choisi le kumite (combat), mais j’étais un peu petite”, a confié Nguyên Ngoc Trâm après sa victoire au Japon.

Une mécanique collective parfaitement huilée

En kata, une prestation réussie repose sur une combinaison subtile d’exécution physique, d’intention martiale et de concentration absolue, dans un enchaînement pouvant durer jusqu’à 300 secondes.

L’entraîneuse Dô Thi Thu Hà souligne qu’un exercice individuel est déjà exigeant, mais qu’une épreuve par équipes l’est encore davantage. Pour réussir, les trois athlètes doivent atteindre une synchronisation parfaite. Malgré des personnalités différentes, elles doivent ne faire qu’un une fois sur le tatami.

Déjà sacrée à Hangzhou, en Chine, Nguyên Ngoc Trâm a récidivé au Japon en remportant un deuxième titre asiatique consécutif en kata par équipes.
Photo : CTV/CVN

Dans les tribunes, les spectateurs ont salué la puissance et la précision de leur démonstration. Mais derrière cette fluidité apparente se cachent de longues heures d’entraînement minutieux et une coordination sans faille.

“Nguyên Ngoc Trâm est une athlète très talentueuse. Son expérience accumulée au fil des compétitions lui a permis de développer pleinement ses points forts et de les mettre au service du collectif”, a expliqué Mme Hà.

Depuis plus de 15 ans, Nguyên Ngoc Trâm affine ses gestes et perfectionne sa technique pour atteindre le plus haut niveau international. Avec différentes partenaires, elle a signé un triplé aux SEA Games, contribuant à la domination vietnamienne lors des 31es, 32es et 33es éditions.

Elle est également championne d’Asie du Sud-Est en titre, à la fois en individuel et par équipes. Sur la scène asiatique, elle figure parmi les références de la discipline, avec une série de titres remportés entre 2022 et 2025, auxquels s’ajoutent désormais ses deux couronnes asiatiques.

À ses débuts, son choix de pratiquer les arts martiaux ne faisait pas l’unanimité dans sa famille.

“Mes parents n’étaient pas favorables à cette pratique quand j’ai commencé, mais ils ont peu à peu changé d’avis en voyant mes efforts, ma détermination et mes résultats”, a-t-elle raconté.

Nguyên Ngoc Trâm, la reine du kata vietnamien. Photo : CTV/CVN

La jeune championne reconnaît que les sportives doivent souvent consentir à de nombreux sacrifices. “On dit souvent que les filles qui choisissent le sport doivent renoncer à beaucoup de choses. Moi aussi, j’ai parfois eu le sentiment de passer à côté de certaines expériences vécues par d’autres jeunes femmes de mon âge”, a-t-elle partagé.

Mais pour elle, le sport lui a apporté autre chose, d’inestimable. “Elles n’ont peut-être pas ce que moi, j’ai aujourd’hui. Quand j’obtiens un succès, la plus grande récompense n’est pas forcément l’argent, mais la reconnaissance, l’estime et le soutien des autres”, a-t-elle confié.

Nguyên Ngoc Trâm se dit particulièrement fière d’avoir pu compter sur sa famille à chaque étape de son parcours, ainsi que sur des amis respectueux de son engagement pour le pays.

“Et je suis flattée lorsqu’une personne me reconnaît dans la rue et admire ce que j’ai accompli. C’est une valeur immatérielle, mais c’est une source immense de motivation pour nous, les sportives, pour devenir meilleures que la veille”, a-t-elle ajouté.

Le titre au Japon, bien plus qu’une confirmation

Le triomphe remporté lors des 19es ASIAD avait été jugé plus abordable pour le Vietnam, dans la mesure où seules quatre équipes, toutes issues d’Asie du Sud-Est, étaient en lice. La Malaisie, Brunei et le Cambodge n’avaient jusque-là jamais réussi à battre les Vietnamiennes.

Cette fois, au Japon, la donne était toute autre. Des formations redoutables venues de Taïwan (Chine), de Thaïlande, de Jordanie et d’Iran s’étaient préparées avec ambition pour faire tomber les championnes en titre.

La défense de leur couronne constituant l’objectif majeur de la saison, Nguyên Ngoc Trâm et ses partenaires se sont rendues à deux reprises au Japon, berceau du karaté, afin de peaufiner leur préparation.

Elles avaient d’ailleurs idéalement lancé leur campagne en remportant deux médailles d’or aux Championnats d’Asie du Sud-Est de karaté 2026, un résultat qui avait renforcé leur confiance avant le rendez-vous continental.

“Chaque compétition réunit des athlètes de niveaux différents. Les tournois me permettent d’identifier mes points forts à consolider et mes faiblesses à corriger, ce qui augmente mes chances de victoire”, a expliqué Nguyên Ngoc Trâm.

Malgré une préparation minutieuse, la tension était bien présente avant l’épreuve, en particulier avant la finale. “Cette année, notre équipe s’était soigneusement préparée pour les ASIAD, mais nous étions quand même un peu nerveuses avant la compétition, surtout avant la finale”, a-t-elle reconnu. Et d’ajouter : “Nous ne l’avons pas montré, mais nous nous sommes encouragées mutuellement à donner le meilleur de nous-mêmes, pour nous et pour le Vietnam”.

Portées par leur détermination et leur force mentale, les Vietnamiennes ont fini par s’imposer face à toutes leurs adversaires pour conserver l’or.

“J’espère que cette victoire servira de source d’inspiration à d’autres athlètes dans leur quête de gloire”, a conclu Nguyên Ngoc Trâm.

Phuong Nga/CVN

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