Les travailleurs au cœur des préoccupations

Le Nouvel An lunaire approche, mais en raison des difficultés économiques, beaucoup d’entreprises n’ont pas d’autre choix que de réduire leurs effectifs. Il convient donc de prendre des mesures adéquates pour stabiliser le marché du travail et protéger les droits et intérêts des employés.

>> Le Vietnam s'efforce de garantir les droits des travailleurs

>> Le Vietnam partage son expérience pour garantir les droits des travailleurs

>> Garantir les droits des travailleuses des ZI

Dans une usine de vêtements à Binh Duong (Sud).
Photo : VNA/CVN

Selon un représentant de la Confédération générale du travail du Vietnam (CGTV), 25 localités, services et secteurs ont signalé que bien des salariés avaient subi une diminution de leurs heures de travail, voire perdu leur emploi.

La situation est plus compliquée dans certaines localités du Sud, où se concentrent un grand nombre de zones industrielles telles que Long An, Binh Duong et Hô Chi Minh-Ville.

Commandes réduites, contrats de travail résiliés

À Long An, au 9 novembre 2022, ce sont 41 entreprises qui ont dû réduire l’envergure de leur production à cause de la baisse de leurs carnets de commandes. Elles sont spécialisées dans l’habillement, la chaussure en cuir, l’ameublement, l’électronique, l’emballage, ou encore la transformation et la conservation des fruits et légumes destinés à l’exportation. Cela a impacté directement 15.174 ouvriers, dont 10.290 ont vu leurs heures de travail réduites et 1.250 autres ont été licenciés.

Plus précisément, dans le parc industriel de Phúc Long, district de Bên Luc, en raison du manque de commandes de sous-traitance pour l’exportation, 710 des quelque 760 travailleurs de la confection ont été licenciés.

Toujours à Bên Luc, la Société d’ameublement dans le parc industriel de Thuân Dao a également dû mettre fin au contrat de travail de 260 de ses plus de 1.200 employés.

Beaucoup d'entreprises ont dû réduire l’envergure de leur production à cause de la baisse de leurs carnets de commandes.
Photo : VNA/CVN

De même, une entreprise de fabrication mécanique et métallique dans la zone industrielle de Hoà Binh, district de Thu Thua, a été, elle aussi, contrainte à réduire les heures de travail de 720 de ses 830 ouvriers.

C’est aussi le cas des près de 470 travailleurs d’une usine de chaussures en cuir dans le parc industriel de Tân Ðô, district de Ðuc Hoà.

Situation identique à Binh Duong. Le Service provincial du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales a prévu que ses entreprises n’embaucheraient qu’entre 5.000 et 10.000 travailleurs au dernier trimestre de cette année, soit bien moins qu’avant le COVID-19.

Quant à Hô Chi Minh-Ville, 51 entreprises dans ses zones franches et industrielles ont signalé une baisse de leurs commandes, affectant près de 6.000 travailleurs.

Selon la CGTV, cette situation a touché 441 entreprises. Conséquences : 562.400 salariés ont vu leurs heures de travail réduites, 31.370 autres se sont même retrouvés sur le carreau du jour au lendemain, 31.012 ont dû accepter des congés sans solde ou une suspension de leurs contrats de travail.

Aux côtés des ouvriers

Au Vietnam, les droits de l'homme de plus en plus garantis et renforcés.
Au Vietnam, les droits de l'homme de plus en plus garantis et renforcés.

Face à cette situation, Phan Van Anh, vice-président de la CGTV, a demandé aux syndicats d’exhorter les entreprises à payer les salaires impayés et à récompenser les employés à la fin de l’année. Les syndicats doivent également négocier avec les employeurs pour aménager le temps de travail afin de minimiser les pertes d’emploi.

D’après lui, il est important de promouvoir les mesures d’accompagnement et de soutien aux salariés en termes d’emploi et de revenus, pour l’intérêt de l’ensemble de la société. Il est aussi nécessaire d’organiser des dialogues entre employeurs et employés pour chercher ensemble des solutions raisonnables et durables.

Pour un Têt décent en faveur des plus pauvres

À l’occasion du prochain Têt 2023, la CGTV prévoit d’affecter 500 milliards de dôngs (environ 20 millions d’USD) au soutien aux travailleurs en situation difficile. Ainsi, un million de personnes en recevront chacune 500.000 dôngs (20 USD), les aidant à célébrer un Têt décent en famille.

Plusieurs activités sont aussi prévues à cette occasion, comme des visites et des remises de cadeaux aux ouvriers défavorisés dans tout le pays, des foires et expositions pour présenter et vendre des produits de première nécessité à des prix préférentiels.

Remise de cadeaux à des ouvrières travaillant dans le parc industriel de Long Giang, à Tiên Giang (Sud).

La Fédération du travail de Hô Chi Minh-Ville, quant à elle, organisera dix programmes, d’un budget total d’environ 140 milliards de dôngs (plus de 5,7 millions d’USD), en faveur des syndiqués et des employés pendant le Têt traditionnel du Chat 2023.

Parmi ces dix programmes de bienfaisance, celui intitulé “Têt sum vây - Xuân tri ân” (Têt de retrouvailles - Printemps de reconnaissance) consistera à offrir un million de dôngs à chacun des quelque 10.000 travailleurs en situation de précarité qui ne peuvent rentrer dans leur famille pour célébrer le Têt.

Un autre programme, “Công nhân vui Têt cùng thành phô” (Les ouvriers célèbrent le Têt avec la ville), s’occupera de 5.000 familles de travailleurs exemplaires qui resteront dans la ville pendant le Têt. Elles se verront offrir des billets d’accès au Parc culturel de Đâm Sen, et pourront profiter des jeux et de quatre repas gratuits.

Dans le cadre du programme “Tâm vé nghia tình - Têt đoàn viên” (Billets de gratitude - Têt de retrouvailles), des billets d’autobus, de train et d’avion seront distribués à 30.000 ouvriers syndiqués et travailleurs, dont 500 familles recevront des billets de train du programme “Chuyên tàu mùa xuân” (Train du printemps), afin de rentrer chez eux pour célébrer le Têt.

Un autre programme consistera à offrir des cadeaux à plus de 3.000 syndiqués en situation de précarité, soit 700.000 dôngs/personne et 2 millions/collectivité.

Le programme “Têt cho em” (Le Têt pour les enfants) s’occupera des enfants ayant perdu leurs parents à cause du COVID-19 et de ceux de travailleurs défavorisés ayant de bons résultats scolaires.

Pham Chi Tâm, vice-président de la Fédération du travail de Hô Chi Minh-Ville, a déclaré que celle-ci attachait une grande importance au soutien aux travailleurs pauvres et faisait tout pour aider les ouvriers licenciés à retrouver un nouvel emploi. Le syndicat des travailleurs n’épargnera aucun effort pour permettre à ses membres ainsi qu’à tous les salariés en général de profiter d’un Têt décent.

Phuong Nga/CVN

back to top