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Les exportations de fruits et légumes enregistrent des mutations notables non seulement en volume, mais également dans la structure même des marchandises. Selon les données des douanes, au cours des sept premiers mois de l'année 2026, les exportations de fruits et légumes transformés ont atteint environ 1,35 milliard de dollars, en hausse de 33 % par rapport à la même période de l'année précédente, dépassant ainsi la croissance de 21,7 % enregistrée par le groupe des produits frais. Le segment des produits transformés représente désormais environ 28 % du chiffre d'affaires total des exportations de fruits et légumes.
Le ministère de l'Industrie et du Commerce prévoit qu'à l'horizon 2030, la demande mondiale de fruits tropicaux séchés atteindra 8,3 milliards de dollars, portée par la tendance des consommateurs européens et nord-américains à privilégier la santé.
Selon Dang Phuc Nguyên, secrétaire général de l'Association des fruits et légumes du Vietnam, la transition vers la transformation s'affirme de plus en plus, dans la mesure où les entreprises ne peuvent plus s'appuyer uniquement sur l'exportation de produits frais, mais doivent valoriser davantage une même source de matière première. Une seule variété de fruit peut ainsi être déclinée en plusieurs articles tels que les jus concentrés, les purées, les produits surgelés ou séchés, répondant aux exigences diversifiées du marché.
Selon M. Nguyên, les produits de première transformation, surgelés et de transformation poussée présentent l'avantage d'une durée de conservation prolongée, facilitent le transport et peuvent approvisionner de nombreuses branches de l'industrie agroalimentaire. Toutefois, pour développer ce segment, les entreprises doivent s'appuyer sur des bassins d'approvisionnement stables et de qualité homogène, tout en disposant de capacités d'investissement suffisantes dans les usines, les entrepôts frigorifiques et les chaînes logistiques.
Technologies avancées et innovation
Partageant cet avis, Ignas Petrusis, directeur de la société Saigon Fruits (SFC), indique que l'entreprise a investi dans des technologies de pointe et la recherche de formules de séchage appliquées à la mangue, dans le but de développer des produits transformés à haute valeur ajoutée répondant aux exigences de plusieurs marchés internationaux.
Selon Ignas Petrusis, la structure a testé plus de 40 échantillons de produits et les a distribués dans 12 pays afin d'analyser les retours du marché. Les premières expéditions à l'exportation ont d'ores et déjà été exécutées.
"Le développement de produits à base de mangue séchée ciblant les attentes des consommateurs occidentaux constitue l'un des axes stratégiques destinés à accroître la valeur des produits agricoles vietnamiens par le biais de la transformation poussée", explique Ignas Petrusis.
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| Au cours des sept premiers mois de 2026, les exportations de fruits et légumes transformés ont atteint environ 1,35 milliard de dollars. |
Outre la transformation qui génère une valeur accrue pour les fruits, la conservation après récolte offre également d'importantes marges de progression. Selon Dang Phuc Nguyên, les pays en concurrence directe avec le Vietnam, tels que la Thaïlande, les Philippines et la Malaisie, ont investi massivement dans les technologies de transformation et de conservation, avec la participation active d'entreprises à haute technicité. Grâce à une maîtrise optimale de la phase post-récolte, la durée de transport des produits agricoles s'en trouve prolongée tout en préservant leur niveau de qualité.
Pour conquérir les marchés internationaux
Afin de réduire les pertes, selon M. Nguyên, il convient de maîtriser l'ensemble de la chaîne, depuis la récolte, le refroidissement, le conditionnement et le transport, jusqu'à la livraison du produit sur le marché final. Les solutions envisageables englobent les traitements chimiques, le contrôle de l'atmosphère, la désinfection et, tout particulièrement, la chaîne du froid.
Pour les marchés lointains, cette exigence s'avère d'autant plus prégnante. M. Nguyên indique que les délais de transport maritime vers l'Europe peuvent désormais s'étendre de 25 à 45 jours environ, en raison des détournements de routes maritimes liés aux conflits au Moyen-Orient. Or, le fruit du dragon possédant une durée de conservation de 45 jours environ, la marge temporelle pour sa commercialisation à l'arrivée au port devient quasi nulle. Le fret aérien permet certes de réduire les délais, mais à des coûts prohibitifs, particulièrement en période de hausse des prix du carburant.
Face à cette réalité, M. Nguyên estime que le secteur des fruits et légumes doit poursuivre ses recherches sur des technologies capables de porter la durée de conservation à 60 ou 70 jours, offrant ainsi de nouvelles marges de manœuvre quant au choix des modes de transport et des marchés cibles.
Selon M. Nguyên, pour résoudre l'équation du post-récolte, l'effort d'investissement ne saurait se limiter à une usine ou à un équipement isolé ; il exige la structuration d'un réseau intégré d'entrepôts frigorifiques et de services logistiques reliant directement les bassins de production aux plateformes logistiques, aux postes-frontières et aux ports d'exportation. Il s'agit d'un domaine requérant des capitaux considérables et caractérisé par des délais de retour sur investissement longs, alors même que les entreprises de transformation doivent simultanément sécuriser leurs approvisionnements en matières premières pour pérenniser leurs opérations.
Texte et photo : Truong Giang/CVN



