Les appréciations erronées et biaisées de RSF sur la liberté de la presse au Vietnam

Comme chaque année à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse du 3 mai, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) a publié son "Classement mondial de la liberté de la presse" 2026. Le Vietnam y figure au 174ᵉ rang sur 180 pays.

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Ce n’est pas la première fois que RSF émet des jugements critiqués pour leur objectivité relative à l’égard du Vietnam. La répétition des mêmes arguments au fil des années révèle une approche empreinte de préjugés, avec une vision unilatérale peu attentive aux différences de systèmes politiques, d’histoires nationales et de contextes culturels.

Des journalistes couvrant l’épidémie de COVID-19 à Hô Chi Minh-Ville en 2022. 
Photo : VNA/CVN

L’analyse de la méthodologie de RSF montre que l’organisation s’appuie principalement sur des enquêtes orientées, fondées sur les avis de certains groupes, individus ou organisations nourrissant des préjugés politiques contre le Vietnam.

Une partie des contenus du rapport repose sur des sources secondaires insuffisamment vérifiées, voire sur des informations erronées relayées par des organisations extrémistes en exil. Ainsi, au lieu de refléter fidèlement la situation médiatique, ces classements donnent de plus en plus l’image d’un instrument visant à imposer une conception occidentale de la liberté de la presse au reste du monde.

RSF tend souvent à entretenir délibérément une confusion entre la "liberté de la presse" et les actes de violation de la loi. Dans son rapport 2026, l’organisation qualifie encore de "journalistes indépendants" certaines personnes accusées de propagande hostile à l’État, de diffusion d’informations déformées ou d’incitation à des troubles sociaux.

Une telle qualification est considérée comme juridiquement infondée et dangereuse, car elle tend à effacer la frontière entre liberté d’expression et abus des libertés démocratiques portant atteinte aux intérêts nationaux ainsi qu’aux droits et intérêts légitimes d’autrui.

Dans la pratique, aucun pays n’accepte que la "liberté de la presse" serve de prétexte à l’incitation à la violence, à la subversion ou aux atteintes à la sécurité nationale. Aux États-Unis comme dans de nombreux pays occidentaux, les lois antiterroristes, la protection des secrets d’État ou encore la lutte contre les fausses informations en ligne sont appliquées avec rigueur.

La liberté de la presse inscrite dans la Constitution

Le rapport de RSF lui-même reconnaît d’ailleurs que les médias dans plusieurs pays occidentaux subissent de fortes pressions : réduction des budgets, difficultés d’accès à l’information, violences contre les journalistes ou influence croissante des géants technologiques et des grands groupes médiatiques. Pourtant, lorsque les pays occidentaux mettent en œuvre des mesures de régulation, celles-ci sont présentées comme des "ajustements nécessaires", tandis que l’application de la loi au Vietnam est aussitôt assimilée à une "répression de la liberté de la presse". Cette approche à "double standard" alimente les interrogations sur l’objectivité des rapports de RSF.

Le débat porte également sur les critères de référence utilisés par l’organisation. RSF tend à considérer le modèle de presse privée multipartite occidental comme la seule norme valable de liberté de la presse, rejetant implicitement d’autres modèles adaptés aux conditions historiques et institutionnelles de chaque pays.

Or, la presse n’existe jamais en dehors d’un contexte politique et social donné. Les médias occidentaux eux-mêmes évoluent dans l’orbite des intérêts des grands groupes médiatiques et des valeurs politiques dominantes en Occident.

À l’inverse du tableau sombre décrit par RSF, les autorités vietnamiennes mettent en avant une vie médiatique dynamique, ouverte et de plus en plus professionnalisée.

Après la réorganisation du système de presse engagée dans le cadre de la Résolution n°18-NQ/TW du Comité central du Parti, le pays comptait fin 2025 quelque 778 organes de presse et près de 21 000 journalistes titulaires d’une carte professionnelle dans les secteurs de la presse écrite, électronique, radiophonique et télévisuelle.

De nombreux médias ont développé des modèles intégrés combinant presse, radio et télévision afin de rationaliser leur fonctionnement et d’améliorer l’efficacité de l’information. Les journalistes vietnamiens bénéficient également de programmes de formation et d’échanges professionnels à l’étranger. Quant aux médias internationaux venant couvrir l’actualité au Vietnam, les autorités affirment qu’aucune barrière technologique ou juridique ne leur est imposée.

La presse vietnamienne participe activement à la critique sociale, à la lutte contre la corruption, au contrôle de l’application des politiques publiques ainsi qu’à la défense des droits et intérêts légitimes des citoyens. Pendant la pandémie de Covid-19, des milliers de journalistes se sont rendus dans les hôpitaux de campagne, les zones de quarantaine et les foyers épidémiques afin de diffuser des informations vérifiées, combattre les fausses nouvelles et promouvoir la solidarité nationale. Lors des catastrophes naturelles et des inondations, les reporters ont également été présents sur le terrain pour relayer rapidement la situation des populations et participer aux actions de secours.

La presse vietnamienne a par ailleurs révélé de nombreuses affaires de corruption ou de dysfonctionnements touchant la sécurité sanitaire des aliments, les fraudes technologiques, les litiges fonciers, la pollution environnementale, les violences scolaires ou encore les lacunes dans la gestion publique.

Au Vietnam, la liberté de la presse est inscrite dans la Constitution de 2013 et précisée par la Loi sur la presse de 2016 ainsi que par différents textes juridiques. Les autorités rejettent donc l’idée d’une presse "muselée" telle que décrite par certains groupes extrémistes.

Des journalistes vietnamiens et étrangers couvrent les compétitions au Palais des sports de Bắc Giang dans le cadre des SEA Games 2022. 
Photo : VNA/CVN

Les rapports jugés biaisés de RSF sont exploités par certaines organisations hostiles afin de déformer la situation des droits de l’homme et de la démocratie au Vietnam, d’exercer des pressions diplomatiques et d’induire l’opinion publique étrangère en erreur. À force d’être répétée, une information inexacte peut facilement finir par être perçue comme une "vérité évidente", alors même que la réalité est tout autre.

Ces dernières années, la transformation numérique du secteur médiatique vietnamien s’est accélérée. De nombreux organes de presse utilisent désormais l’intelligence artificielle, les mégadonnées et les plateformes numériques afin d’élargir leur audience. Des forums nationaux sur le journalisme, de grands prix de presse et des programmes internationaux de formation sont régulièrement organisés afin d’améliorer le professionnalisme et la compétitivité des médias vietnamiens dans l’environnement numérique mondial.

Comme toute presse dans le monde, la presse vietnamienne reste confrontée à plusieurs défis : amélioration de la qualité des critiques, lutte contre les fausses informations, protection des droits d’auteur numériques, adaptation aux médias multiplateformes et renforcement de l’éthique professionnelle. Toutefois, les autorités estiment qu’il s’agit de défis internes liés au développement du journalisme vietnamien, et non de la preuve d’une absence de liberté de la presse.

Au-delà des classements controversés, les responsables vietnamiens considèrent que la réalité du terrain constitue le meilleur indicateur. Des dizaines de millions de Vietnamiens accèdent quotidiennement aux informations par la presse écrite, la radio, la télévision, les journaux électroniques et les réseaux sociaux. La confiance accordée par le public aux médias officiels ainsi que le rôle social joué par la presse sont présentés comme les preuves de la vitalité et de la pérennité de la presse révolutionnaire vietnamienne.

VNA/CVN

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