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| Installation de panneaux solaires à Hung Yên (Nord). |
| Photo : VNA/CVN |
Ce défi souligne l’urgence de renforcer les liens entre le monde universitaire et l’industrie afin de combler le fossé entre la théorie et la pratique, et ainsi jeter les bases d’un développement durable du marché des capitaux.
Les critères ESG - un pilier des stratégies de développement
Améliorer la compréhension du public en matière de valeurs mobilières et de marché boursier est depuis longtemps une priorité pour les autorités de régulation vietnamiennes. Ces dernières années, sous l’impulsion du gouvernement et du ministère des Finances, la Commission d’État des valeurs mobilières (SSC), les opérateurs de marché, les participants et les organismes de formation ont mis en œuvre un ensemble de mesures coordonnées visant à améliorer la culture financière. Ces efforts ont contribué à l’édification d’un marché boursier plus transparent, plus efficace et plus durable.
Dans un contexte d’intégration économique internationale croissante, une gouvernance d’entreprise alignée sur les normes ESG devient un fondement essentiel permettant aux entreprises d’améliorer leur compétitivité, d’attirer les investissements et de poursuivre une croissance à long terme. Les critères ESG ne constituent plus une simple obligation de conformité, mais un critère fondamental qui oriente les stratégies commerciales et les décisions des investisseurs.
Hà Duy Tùng, vice-président de la SSC, a déclaré que le développement durable et les normes ESG sont de plus en plus intégrés aux opérations commerciales et aux stratégies d’investissement, notamment dans les secteurs de la finance et des marchés de capitaux. Les investisseurs accordent une importance accrue aux facteurs de durabilité lorsqu’ils évaluent les opportunités.
Parallèlement, la sensibilisation des actionnaires et des parties prenantes n’a cessé de progresser, incitant les entreprises à renforcer leur transparence, leur gouvernance et à adopter des pratiques durables en faveur d’une croissance verte. Au Vietnam, la croissance verte et le développement durable sont considérés comme des stratégies globales du développement socio-économique. En tant que principal canal de financement à moyen et long terme, le marché boursier favorise progressivement l’intégration des critères ESG dans les activités des entreprises et des institutions financières.
"La SSC a mis en œuvre diverses mesures pour orienter le marché des capitaux vers le développement durable, en s’attachant à perfectionner le cadre juridique, à améliorer la qualité de l’information financière et à renforcer la gouvernance d’entreprise. Les exigences de transparence, notamment en matière d’information sur le développement durable, sont renforcées", a souligné Hà Duy Tung.
Accès élargi au capital vert
Le vice-président de la SSC a estimé que, pour une mise en œuvre efficace des critères ESG, les ressources humaines demeurent un facteur déterminant. La demande de professionnels possédant des connaissances et des compétences pratiques en matière d’ESG augmente rapidement, non seulement dans le secteur manufacturier, mais aussi dans les secteurs de la finance, de l’audit et du conseil.
"Il est essentiel de renforcer les liens entre les organismes de formation et les entreprises afin de garantir l’adéquation des programmes aux réalités du marché et de répondre aux attentes de plus en plus strictes des investisseurs en matière de normes ESG", a-t-il insisté.
Nguyên Van Si, responsable du développement durable au sein du groupe PAN et de Vinaseed, a déclaré que le Vietnam ambitionne de devenir un pays développé à revenu élevé d’ici 2045. Pour atteindre cet objectif, le développement durable n’est plus une option, mais une obligation pour les entreprises, sous l’impulsion des exigences nationales et internationales.
L’accès à la finance verte est également un facteur déterminant. Les prêts et les fonds d’investissement verts connaissent une forte expansion : plus de 90 % des principaux investisseurs institutionnels mondiaux ont intégré les critères ESG à leurs stratégies d’investissement, leur accordant un traitement plus favorable que les sources de financement traditionnelles.
Cependant, les ressources humaines en matière d’ESG au Vietnam restent limitées, tant en quantité qu’en qualité. Le marché manque non seulement de spécialistes possédant une expertise approfondie, mais aussi de professionnels capables d’intégrer les critères ESG à la gouvernance et aux opérations des entreprises.
Un autre défi réside dans le décalage persistant entre la formation et la pratique. Si les normes et réglementations relatives au développement durable évoluent constamment, les programmes de nombreux établissements d’enseignement n’ont pas suivi le rythme, ce qui laisse les diplômés en manque de compétences pratiques et oblige les entreprises à les recycler. Par ailleurs, l’engagement des entreprises et des employés en faveur des critères ESG demeure modeste, ce qui complique davantage la mise en place d’équipes ESG dédiées.
Le professeur associé Bùi Quang Hung, vice-président de l’Université d’économie de Hô Chi Minh-Ville, a déclaré que les modèles d’enseignement doivent être réformés afin d’intégrer les critères ESG aux objectifs de développement durable et de renforcer la collaboration avec les entreprises. Les universités jouent un rôle central dans la formation et la mise à disposition des ressources humaines ; les entreprises assurent la mise en œuvre pratique et fournissent un retour d’information en fonction des besoins ; et les autorités de régulation définissent le cadre juridique et les orientations de développement.
Une coordination étroite entre ces trois acteurs sera essentielle pour améliorer la qualité des ressources humaines compétentes en matière d’ESG au Vietnam dans les années à venir.
VNA/CVN



