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| Les perturbations des rotations de conteneurs et des calendriers maritimes placent les entreprises dans une situation de forte dépendance. |
| Photo : VNA/CVN |
La réalité du marché révèle une érosion progressive de la résilience des entreprises, sous l’effet conjugué de la hausse des coûts. Les conflits au Moyen-Orient et les risques persistants en mer Rouge ont fortement perturbé la fluidité des chaînes logistiques. Les exportations vietnamiennes à destination de l’Europe et de la côte Est des États-Unis doivent désormais contourner le cap de Bonne-Espérance, allongeant les délais de livraison et entraînant une hausse significative des coûts de fret maritime.
Selon Dào Trong Khoa, président de l’Association des entreprises de services logistiques du Vietnam (VLA), le choc logistique actuel dépasse la simple augmentation des surcharges liées aux risques de guerre ou aux périodes de pointe. Les perturbations des rotations de conteneurs et des calendriers maritimes placent les entreprises dans une situation de forte dépendance. Parallèlement, l’appréciation du dollar américain face au dong vietnamien renchérit les coûts d’importation des intrants et des services logistiques, majoritairement libellés en devises étrangères, comprimant davantage des marges déjà fragiles. Sans dispositifs d’anticipation, les risques de rupture de trésorerie deviennent tangibles.
Parallèlement, les principaux secteurs exportateurs -bois, textile-habillement, cuir-chaussure, acier et composants électroniques -font face à une intensification des mesures de défense commerciale. Dans ce contexte, Chu Thang Trung, vice-directeur de l’Autorité des recours commerciaux du ministère de l’Industrie et du Commerce, souligne que le durcissement des politiques tarifaires, notamment aux États-Unis, s’apparente moins à une fermeture des marchés qu’à un test de conformité. La réponse réside dans une professionnalisation accrue de la gestion des risques, une transparence comptable alignée sur les standards internationaux et une traçabilité claire de l’origine des matières premières.
Dès lors, le modèle de croissance fondé sur une main-d’œuvre à bas coût et l’assemblage simple montre ses limites. Le renforcement de l’autonomie en matières premières et l’augmentation du taux de localisation s’imposent comme des leviers essentiels de résilience.
Face à ces mutations, plusieurs secteurs d’exportation majeurs engagent des réorientations stratégiques notables. L’industrie du bois, particulièrement affectée par la baisse de la demande américaine et les barrières tarifaires, illustre cette dynamique d’adaptation.
Ngô Sy Hoài, vice-président et secrétaire général de l’Association du bois et des produits forestiers du Vietnam (VIFOREST), observe que la contraction des commandes en provenance des États-Unis a constitué un choc significatif. Toutefois, elle a également ouvert de nouvelles perspectives. Les entreprises intensifient leurs efforts de diversification vers des marchés émergents tels que le Moyen-Orient, l’Inde ou l’Australie, tout en tirant parti des accords de libre-échange de nouvelle génération, notamment l’EVFTA et le CPTPP.
Pour Hoàng Quang Phong, vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Vietnam (VCCI), si les facteurs géopolitiques échappent au contrôle national, les capacités de gouvernance interne constituent un levier stratégique décisif. La transformation numérique et la transition écologique (ESG) doivent ainsi être envisagées comme des investissements indispensables à la compétitivité.
Forte de la résilience de son tissu entrepreneurial et du soutien des politiques publiques, l’économie vietnamienne dispose des atouts nécessaires non seulement pour surmonter ces turbulences, mais aussi pour consolider sa position dans l’économie mondiale.
VNA/CVN




