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| Le centre de Hô Chi Minh-Ville abrite de nombreuses institutions financières nationales et internationales. |
| Photo : VNA/CVN |
La mise en place d’un Centre financier international au Vietnam est considérée comme une étape stratégique visant à renforcer la position de l’économie nationale dans une nouvelle phase de développement.
Toutefois, outre l’amélioration du cadre institutionnel, le développement des infrastructures et l’élaboration de politiques d’attraction des investissements, de nombreux experts estiment que la réussite d’un tel centre dépend avant tout de l’existence de ressources humaines financières répondant aux normes internationales.
Selon les spécialistes, dans l’architecture d’un centre financier mondial, les modèles institutionnels et les politiques peuvent s’inspirer des expériences des grands centres financiers internationaux. En revanche, la formation d’une équipe de professionnels - comprenant gestionnaires, experts financiers et investisseurs - constitue un processus de long terme nécessitant une préparation méthodique et une stratégie durable de développement des ressources humaines.
Le vice-Premier ministre permanent Nguyên Hoà Binh, président du Conseil de direction du Centre financier international du Vietnam (VIFC), a souligné que la création d’un tel centre s’inscrit dans la transformation du modèle de croissance économique du pays. Afin de maintenir une croissance rapide et durable, le Vietnam doit évoluer vers un modèle fondé davantage sur l’amélioration de la productivité, l’innovation, la qualité institutionnelle ainsi que la mobilisation et l’allocation efficace des ressources.
Selon lui, un centre financier international moderne pourrait contribuer à moderniser le marché des capitaux, à connecter directement le Vietnam aux flux financiers mondiaux et à diversifier les produits financiers. Il permettrait également de promouvoir de nouveaux domaines tels que la finance verte et la finance numérique, devenus essentiels pour une croissance à long terme.
Toutefois, une intégration financière plus profonde comporte aussi des risques si les cadres institutionnels, les capacités de supervision et la gestion des risques macroéconomiques ne sont pas suffisamment préparés. La construction du Centre financier international du Vietnam doit ainsi reposer sur cinq piliers essentiels: la connectivité mondiale, un cadre juridique stable et transparent, des ressources humaines de haute qualité, une gouvernance conforme aux normes internationales et un écosystème favorable au développement.
Parmi ces facteurs, l’élément humain est considéré comme déterminant. Les experts estiment qu’un centre financier ne nécessite pas seulement des capacités de gestion, mais aussi des spécialistes capables de concevoir des produits financiers, d’opérer des infrastructures de transaction et d’assurer la supervision des risques selon les standards internationaux.
Dans cette perspective, Hubertus Vaeth, directeur général fondateur de Frankfurt Main Finance et vice-président fondateur de l’Alliance mondiale des centres financiers internationaux, a indiqué que la priorité absolue pour un centre financier émergent reste le développement des ressources humaines. Outre les compétences en matière de gestion et de régulation, le secteur financier moderne exige également des professionnels maîtrisant les technologies, capables de développer des plateformes de finance numérique et des systèmes avancés de gestion des risques.
Afin de préparer les ressources humaines nécessaires au futur centre financier international, le Vietnam met en œuvre plusieurs programmes de formation combinant des formations de courte durée pour les professionnels en activité et des cursus universitaires et postuniversitaires à long terme. Certains programmes spécialisés, élaborés avec la participation d’experts internationaux, portent notamment sur le fonctionnement des centres financiers, la structure des marchés financiers, la conception de produits financiers et les stratégies d’attraction des investissements.
Selon les responsables du secteur éducatif, dans un contexte marqué par l’évolution rapide des marchés financiers et des technologies, les programmes de formation doivent être régulièrement actualisés et intégrer davantage les nouvelles technologies telles que l’intelligence artificielle ou la finance verte. Le renforcement de la coopération avec les entreprises, les institutions financières et les partenaires internationaux constitue également un levier essentiel pour améliorer la qualité de la formation.
Dans la phase initiale, lorsque les ressources humaines nationales ne sont pas encore pleinement suffisantes, le Vietnam pourrait également attirer des dirigeants et des experts issus des grandes institutions financières internationales afin de participer à la gestion du centre financier, tout en mettant en place un processus de transfert progressif de compétences au profit des ressources humaines nationales.
Selon les experts, dans la compétition entre les centres financiers mondiaux, les ressources humaines hautement qualifiées représentent un avantage durable et difficilement reproductible. La préparation d’une main-d’œuvre financière aux normes internationales apparaît ainsi comme un fondement essentiel pour permettre au Vietnam de s’intégrer plus profondément dans la chaîne de valeur financière mondiale dans les décennies à venir.
VNA/CVN




