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| D’ici la fin mars, la raffinerie de Dung Quât devrait recevoir de l’éthanol carburant de Central Biofuels JSC (BSR-BF) pour son incorporation dans l’essence E10 RON95, ce qui augmentera encore la production nationale. |
| Photo : VNA/CVN |
Dô Van Tuân, président de l’Association vietnamienne des biocarburants, a indiqué que la demande mensuelle d’éthanol pour le mélange E10 devrait se situer entre 92.000 et 100.000 m³. Les six usines d’éthanol du pays ont une capacité de production totale d’environ 41.000 m³ par mois, mais seules trois sont actuellement en activité, produisant environ 25.000 m³, soit seulement 25 à 27% de la demande. Même si toutes les usines fonctionnaient à plein régime, l’approvisionnement local ne couvrirait qu’environ 41% des besoins nationaux.
Pour combler ce déficit, le Vietnam devra maximiser la production de ses installations nationales tout en important massivement le reste, a-t-il déclaré.
Les importations en elles-mêmes ne constituent pas le principal problème. Les approvisionnements proviendront principalement des États-Unis et du Brésil, via des itinéraires contournant le Moyen-Orient, et les prix de l’éthanol ont historiquement été moins volatils que ceux de l’essence. Les véritables risques résident dans le calendrier et la concurrence, a-t-il averti.
Alors que de nombreux pays de la région, tels que l’Inde, les Philippines, la Thaïlande et la Chine, augmentent leur consommation de biocarburants, la pression sur les principaux centres de transbordement, comme la République de Corée et Singapour, devrait s’accroître. Sans un approvisionnement rapide et coordonné, les entreprises locales risquent des pénuries pures et simples ou d’être contraintes de se tourner vers des marchés voisins à des prix plus élevés, a-t-il ajouté.
Les producteurs présents à la conférence ont indiqué que plusieurs usines pourraient étendre ou redémarrer leurs activités si le financement et les débouchés s’amélioraient.
Un représentant de l’usine d’éthanol de Dông Nai (Sud) a déclaré qu’elle fonctionnait de manière stable à environ 250 m³ par jour, soit environ 7.000 m³ par mois, proche de sa limite de conception, et qu’elle pourrait augmenter sa production à 130% de sa capacité grâce à une technologie flexible qui traite plusieurs matières premières, notamment le maïs, les chips de manioc et le riz brisé.
Parallèlement, l’usine d’éthanol de Dung Quât, dans le Centre, produit environ 6.000 m³ par mois et pourrait atteindre une capacité d’environ 9.000 m³ dans des conditions favorables. Toutefois, toute augmentation de production dépend de contrats d’achat fermes, et non du seul potentiel technique, car la majeure partie de sa production est actuellement destinée à la Compagnie par actions de raffinage et de pétrochimie de Binh Son (BSR) sans volume garanti. Des prévisions de consommation plus claires de la part des principaux distributeurs de carburants sont indispensables à une planification efficace de la production.
Les producteurs ont également exhorté les autorités, notamment la Banque d’État du Vietnam, à concevoir des plans de soutien financier viables pour relancer les capacités inutilisées, à commencer par l’usine de Binh Phuoc, d’une capacité de 6.000 m³ par mois. Faute de quoi, des milliards d’investissements irrécupérables risquent de se transformer en actifs échoués.
VNA/CVN




