>> Nouvelles orientations pour la coopération Vietnam - Russie dans les sciences et l'éducation
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| Des produits développés par un institut aéronautique russe, présentés lors de l’exposition organisée dans le cadre du Forum scientifique et technologique Vietnam - Russie. |
| Photo : VNE/CVN |
Ces propositions ont été formulées lors du Forum scientifique et technologique Vietnam - Russie : "Connecter les technologies stratégiques", réceemment organisé à Moscou par le ministère vietnamien des Sciences et des Technologies. À travers des sessions consacrées aux technologies stratégiques, aux ressources humaines, aux applications et au transfert de technologies, les participants ont recherché des modèles de coopération susceptibles de déboucher sur des produits concrets, répondant aux besoins réels et orientés vers la commercialisation.
Passer de projets isolés à des projets avec des produits concrets
Selon Nguyên Phu Hùng, chef du Département des sciences, de l’ingénierie et des technologies du ministère des Sciences et des Technologies, la nouvelle approche du Vietnam consiste à partir des besoins réels afin d’identifier les produits et les technologies clés à maîtriser. Le Vietnam a défini 10 groupes de technologies stratégiques, 30 groupes de produits technologiques stratégiques et 20 grands problèmes et missions prioritaires.
Il a proposé trois évolutions dans la coopération Vietnam - Russie : passer de projets isolés à des projets assortis de produits et d’une feuille de route de commercialisation ; élargir la coopération, jusque-là principalement menée entre instituts et universités, à des modèles impliquant les entreprises dès le départ ; et passer de la formation conjointe à une formation directement liée aux projets technologiques. Les domaines prioritaires comprennent l’énergie nucléaire, la cybersécurité, l’IA, les technologies quantiques, les matériaux avancés, les satellites en orbite basse et l’aérospatiale, avec pour objectif de permettre aux produits développés conjointement d’accéder aux marchés de l’ASEAN à l’horizon 2027-2030.
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| La délégation du ministère des Sciences et des Technologies visite le Laboratoire national conjoint de Dubna à Dubna, le 10 septembre. |
| Photo : VNE/CVN |
Dans le domaine de l’éducation et de la recherche, Mai Thanh Phong, recteur de l’Université polytechnique de l’Université nationale de Hô Chi Minh-Ville, a proposé de passer d’un modèle reposant principalement sur l’envoi d’étudiants en Russie à des programmes conjoints de recherche et développement, notamment dans les technologies stratégiques émergentes répondant aux besoins du Vietnam et dans lesquelles la Russie dispose de compétences. La formation devrait également être plus flexible, en combinant des périodes d’études au Vietnam et en Russie, tout en privilégiant la constitution d’équipes d’enseignants et d’experts clés.
Il a proposé de créer au Vietnam un "Centre commun de développement technologique", chargé à la fois de la R&D et du transfert de technologies, de la formation pratique dans les universités et de la fourniture de ressources humaines à l’industrie. L’académicien Grigory Trubnikov, directeur du Laboratoire national conjoint de Dubna (JINR), a soutenu cette idée, estimant que le centre devrait être étroitement lié à la formation de jeunes scientifiques et leur offrir un environnement propice à la poursuite de leurs recherches.
Cette orientation s’appuie sur plusieurs décennies de coopération. Selon Grigory Trubnikov, le Vietnam coopère avec le JINR de Dubna depuis environ 70 ans, plusieurs générations de scientifiques vietnamiens y ayant étudié et mené des recherches avant de rentrer au pays. Sur cette base, les deux parties peuvent désormais approfondir leur coopération en développant conjointement des technologies et des équipements, au-delà de la seule formation de ressources humaines.
Des projets technologiques concrets au cœur de la coopération
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| Lors du Forum scientifique et technologique Vietnam - Russie : "Connecter les technologies stratégiques" à Moscou. |
| Photo : VNE/CVN |
L’énergie et les technologies nucléaires ont figuré parmi les principaux axes de coopération évoqués. Trân Chi Thành, directeur de l’Institut vietnamien de l’énergie atomique (Vinatom), a proposé de concentrer les efforts, d’ici 2030, sur le Centre de recherche scientifique et technologique nucléaire et son nouveau réacteur de recherche, le projet de centrale nucléaire Ninh Thuân 1, ainsi que sur la R&D dans les petits réacteurs modulaires (SMR), les sciences des matériaux, notamment la métallurgie et les aciers spéciaux, et le secteur naval.
Le nouveau réacteur de recherche du Centre de recherche scientifique et technologique nucléaire à Dông Nai devrait avoir une puissance de 10 à 15 MW. Le centre pourrait produire des radio-isotopes et des radiopharmaceutiques destinés au diagnostic et au traitement du cancer, ainsi qu’ouvrir des recherches sur l’irradiation du silicium pour produire des matériaux semi-conducteurs. Le Vietnam propose de coopérer avec la Russie afin de maîtriser l’ensemble de la chaîne technologique, de la formation à l’exploitation et à la maintenance, en passant par la conception, la fabrication et l’installation.
Vinatom coopère actuellement avec plusieurs partenaires russes, dont Rosatom, le JINR de Dubna, l’Institut énergétique de Moscou et l’Université polytechnique de Tomsk. Lors du forum, Trân Chi Thành a indiqué que le Vietnam venait de participer à la remise d’un accord sur le projet de Centre international de recherche sur le réacteur de recherche rapide multifonctionnel (MBIR) avec Rosatom.
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| Le vice-ministre des Sciences et des Technologies, Lê Xuân Dinh, a souligné la nécessité d’une feuille de route et d’orientations claires pour la coopération. |
| Photo : VNE/CVN |
De son côté, l’Université énergétique d’État de Moscou (MPEI) a proposé des programmes axés sur l’énergie et les ressources humaines, notamment la création d’un laboratoire commun sur les systèmes énergétiques intelligents et les micro-réseaux, ainsi que des recherches sur la production décentralisée d’électricité, le contrôle numérique, le stockage de l’énergie et l’intégration des énergies renouvelables. La MPEI a également proposé la création d’un département commun de formation à l’énergie nucléaire et d’un centre commun de recherche sur les SMR avec les instituts, universités et entreprises vietnamiens.
Un autre axe directement lié aux besoins industriels concerne l’impression 3D des métaux et les matériaux destinés à cette technologie. Phan Tu Giang, vice-directeur général du Groupe national de l’industrie et de l’énergie du Vietnam (PetroVietnam), a indiqué que le groupe souhaitait développer avec des partenaires russes des technologies de fabrication de pièces techniques, en vue de créer un "entrepôt numérique" et de produire à la demande. La numérisation des données de conception permettrait de fabriquer les pièces défectueuses sur le site ou à proximité, réduisant ainsi les stocks et les délais d’approvisionnement.
"PetroVietnam considère la coopération avec la Russie non pas simplement comme un moyen d’acheter des équipements, mais comme une occasion de renforcer ses capacités technologiques à long terme", a déclaré Phan Tu Giang.
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| La salle où s’est tenu le forum. |
| Photo : BTC/CVN |
Dans les technologies émergentes, la docteure Ekaterina Solntseva, directrice des technologies quantiques chez Rosatom, a proposé d’élaborer une feuille de route adaptée aux besoins du Vietnam, de mettre en œuvre des projets d’application concrets et de former des spécialistes. La coopération commencerait par l’identification des besoins, l’expérimentation d’applications concrètes et la constitution d’équipes capables de développer durablement les capacités vietnamiennes dans le domaine quantique.
Les experts russes ont également proposé d’élargir la coopération autour de grandes infrastructures de recherche. Valery Bukhtiyarov, directeur de l’Institut Boreskov de catalyse, a présenté le projet SKIF, un complexe russe d’accélérateurs de nouvelle génération permettant aux scientifiques vietnamiens d’accéder directement à ces infrastructures et de définir conjointement des axes de recherche. Ces installations peuvent servir à étudier la matière aux niveaux atomique et moléculaire, avec des applications dans les batteries, le pétrole et le gaz, la catalyse, la biomédecine et les radiopharmaceutiques. La Russie est également disposée à permettre au Vietnam de participer au projet SKIF.
Aleksandr Blagov, de l’Institut Kourtchatov, a proposé de poursuivre l’exploitation des infrastructures Mega-Science dans des domaines tels que les nouveaux matériaux, l’énergie, les biotechnologies, la bioénergie, la médecine nucléaire et les réacteurs de quatrième génération. Il a également évoqué la coopération au sein du Centre tropical Vietnam - Russie, la création d’un réseau de sources de rayonnement synchrotron et de lasers de nouvelle génération, ainsi que d’une plateforme de données numérisées sur les sciences des matériaux. Il a par ailleurs invité le Vietnam à rejoindre l’Alliance internationale de recherche sur les infrastructures Mega-Science.
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| La Docteure Ekaterina Solntseva, directrice des technologies quantiques chez Rosatom. |
| Photo : BTC/CVN |
Au niveau local, le gouverneur de la région de Kalouga, Vladimir Mazur, a proposé de coopérer avec le Vietnam dans les nouveaux matériaux, la médecine nucléaire et l’agriculture de haute technologie, notamment dans le transfert de technologies relatives aux matériaux composites, aux céramiques techniques et à la production de radio-isotopes à usage médical.
L’élargissement de la coopération nucléaire s’accompagne également d’un renforcement des capacités en matière de sûreté et de sécurité. Nguyên Hoàng Linh, directeur de l’Autorité de sûreté radiologique et nucléaire du ministère des Sciences et des Technologies, a proposé que la Russie aide à transférer des technologies d’évaluation de la sûreté des centrales nucléaires de grande puissance, applicables à Ninh Thuân 1 et aux futurs SMR. Les deux parties pourraient également élaborer un plan de formation et de développement des ressources humaines vietnamiennes chargées de la réglementation en matière de sûreté radiologique et de sécurité nucléaire à l’horizon 2035.
Le vice-ministre des Sciences et des Technologies, Lê Xuân Dinh, a souligné que la coopération devait s’inscrire dans une feuille de route et des orientations précises, et ne pas se limiter à la recherche conjointe, mais déboucher sur des applications dans les entreprises et les secteurs économiques et techniques.
"Cette orientation doit être intégrée dans une feuille de route de coopération entre le Vietnam et la Russie", a-t-il déclaré. Le ministère des Sciences et des Technologies examinera les propositions et initiatives formulées lors du forum afin de les intégrer à la prochaine phase de la Stratégie de coopération Vietnam - Russie dans les sciences, les technologies et l’innovation, tout en donnant la priorité aux programmes d’échanges, de stages et de cotutelle de doctorants et en facilitant l’accès des entreprises des deux pays aux résultats de la recherche conjointe.
Mai Quynh/CVN







