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| Le Dr. Vo Doàn Tât Thang et ses cyborgs. |
| Photo : NVCC/CVN |
Âgé de 41 ans, Vo Doàn Tât Thang est directeur du Laboratoire de biorobotique (Biorobotics Lab) de l’Université du Queensland (UQ) en Australie. Titulaire d’un doctorat de l’Université technologique de Nanyang (Singapour), il a ensuite effectué des recherches postdoctorales à Singapour et en Allemagne. En 2023, il a rejoint l’Université du Queensland en qualité de maître de conférences.
Le Laboratoire de biorobotique concentre actuellement ses recherches sur la biorobotique, les insectes biomécaniques (cyborgs) et les robots bio-inspirés, avec pour objectif de combiner les capacités exceptionnelles des organismes vivants avec les technologies de l’ingénierie, de l’électronique et de la robotique.
La transformation de cafards en cyborgs de sauvetage est le fruit des travaux d’une équipe de 13 chercheurs issus du Laboratoire de biorobotique, de l’Université du Queensland (UQ) et de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW), dirigée par le Dr. Vo Doàn Tât Thang. L’équipe compte également trois doctorants vietnamiens.
Pour leur projet, les chercheurs ont utilisé l'espèce des Macropanesthia rhinoceros, des cafards géants originaires du Nord du Queensland. Cette espèce "possède un corps robuste, capable de transporter des composants électroniques supplémentaires, une caméra, un dispositif d’injection, tout en conservant d’excellentes capacités de déplacement", explique M. Tât Thang.
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| Des chercheurs du projet. |
| Photo : NVCC/CVN |
Selon le chercheur, ce cafard géant possède un système locomoteur particulièrement performant. Il est capable de maintenir son équilibre et de s’adapter à des surfaces irrégulières, sans qu’il soit nécessaire de calculer le mouvement de chacune de ses pattes, contrairement aux robots artificiels. L’équipe exploite ainsi les capacités biologiques de l’insecte, auxquelles elle ajoute des équipements électroniques permettant d’assurer son guidage.
À ce stade, aucune feuille de route de commercialisation pour ces cyborgs n’a encore été établie. Vo Doàn Tât Thang estime toutefois que "des équipes de sauvetage composées d’insectes cyborgs pourraient voir le jour d’ici cinq à dix ans".
Ce dispositif constitue plutôt un prolongement opérationnel du médecin ou du secouriste, capable d’atteindre des zones encore inaccessibles à l’être humain. À plus long terme, ces systèmes pourraient automatiser des fonctions telles que la localisation, l’évitement d’obstacles, la planification de trajectoire ou encore la stabilisation de la victime avant toute intervention.
Pour le Vietnam, le docteur estime que de nombreux scénarios permettraient à un système miniaturisé tel que les cyborg insects de compléter les moyens de secours existants. Par exemple, en cas de glissement de terrain ou d’effondrement de structures, ces insectes pourraient s’introduire dans des fissures et des cavités inaccessibles aux secouristes, aux chiens de recherche ou aux robots de grande taille, afin de détecter des signes de présence des victimes, transmettre des images en temps réel, mesurer les paramètres environnementaux et identifier les zones devant être traitées en priorité.
Les travaux de l’équipe dirigée par le Dr. Vo Doàn Tât Thang suscitent actuellement de nombreuses réactions positives. Tim Hassiotis, directeur du Service d’incendie et de secours de New South Wales (Australie), estime que cette technologie est susceptible d’élargir considérablement le champ d’intervention des équipes de secours.
Vân Anh/CVN



