Le secteur économique privé gagne en dynamisme

Un an depuis son entrée en vigueur, la Résolution N°68 du Bureau politique du Parti sur le développement du secteur économique privé produit des effets notables, tant au niveau des politiques publiques que dans l’évolution des perceptions et des comportements des entreprises.

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Le Premier ministre Lê Minh Hung.
Photo : VNA/CVN

Dans un contexte où le gouvernement poursuit ses réformes institutionnelles et s’emploie à réduire les procédures administratives ainsi que les coûts de conformité, ces avancées se diffusent progressivement et contribuent à créer de nouvelles marges de croissance pour l’économie nationale.

Comme l’a souligné le Premier ministre Lê Minh Hung, la simplification des procédures administratives et des conditions d’affaires constitue le levier le plus rapide pour stimuler la croissance et renforcer la confiance des citoyens et des entreprises.

Simplifier des procédures pour la croissance

Pour de nombreux observateurs, dont l’avocat Bùi Van Thanh, président du cabinet Mat Troi Moi (Nouveau Soleil) et vice-président permanent de l’Association des finances des zones industrielles du Vietnam (VIPFA), le fait de définir l'économie privée comme un moteur essentiel de l'économie nationale a envoyé un signal politique fort.

L’impact le plus visible de la Résolution n°68 réside dans le passage d’une stratégie de "survie" à une véritable "ambition de développement", a-t-il souligné.

Les statistiques du second semestre 2025 et du premier trimestre 2026 montrent une augmentation significative du nombre de nouvelles entreprises et de celles ayant repris leurs activités. Toutefois, la transformation de ce regain de confiance en capacités réelles d’expansion, d’investissement technologique et d’émergence de grandes entreprises privées devra encore être confirmée par des données à moyen terme sur la période 2026-2030.

Un autre changement notable concerne l’attention accrue des entreprises aux questions institutionnelles. Celles-ci suivent désormais de près les évolutions juridiques, les réformes administratives, les politiques foncières, le marché obligataire, le crédit, la fiscalité, l’investissement public et les infrastructures. Cette évolution traduit une nouvelle perception des institutions, de plus en plus considérées comme un facteur de soutien au développement plutôt que comme une contrainte.

Le modèle d'agriculture biologique circulaire de Khanh Hoà porte des résultats encourageants. 
Photo : VNA/CVN

Malgré ces progrès, le secteur privé, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), reste confronté à plusieurs défis majeurs. L’accès aux capitaux à moyen et long termes demeure limité. Par ailleurs, une partie des petits entrepreneurs ne saisit pas encore pleinement les opportunités offertes par les nouvelles politiques, ce qui souligne la nécessité de renforcer la communication et l’accompagnement.

L’efficacité de la mise en œuvre varie également selon les localités, certaines étant plus proactives que d’autres dans la réforme des procédures. En outre, une certaine appréhension face aux risques juridiques persiste : de nombreuses entreprises craignent que l’augmentation de leur taille n’entraîne une multiplication des contrôles, des inspections ou des litiges.

Réforme de l’appareil chargé de l’application des lois

Pour transformer cette dynamique de confiance en véritable moteur de croissance, plusieurs experts estiment nécessaire de poursuivre la réforme de l’appareil chargé de l’application des lois. L’économiste Nguyên Bich Lam propose notamment une standardisation des procédures administratives à l’échelle nationale, un renforcement de la discipline administrative et une accélération du gouvernement numérique afin de limiter les contacts directs et les coûts informels. Il suggère également d’associer la responsabilité individuelle des fonctionnaires aux résultats de leur travail, en utilisant des indicateurs de performance (KPI) et la satisfaction des entreprises.

Sans une transformation profonde de l’appareil d’exécution, les réformes institutionnelles risquent de perdre de leur efficacité sur le terrain, indique Nguyên Bich Lam.

Dans le même esprit, le député Phan Duc Hiêu, membre de la Commission économique et financière de l’Assemblée nationale, souligne que la Résolution n°68 implique une réforme globale visant à lever les obstacles administratifs et à privilégier les mécanismes civils et économiques dans le traitement des problèmes dans les relations économiques.

En conclusion, après un an de mise en œuvre, la Résolution n°68 contribue à renforcer la confiance des citoyens et des entreprises, tout en redéfinissant les relations entre le secteur privé et les institutions. Toutefois, pour que cette confiance se traduise par une compétitivité accrue et une contribution plus forte à la croissance, des réformes supplémentaires restent nécessaires, notamment dans la phase d’exécution et dans la cohérence globale du système.

VNA/CVN

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