Le secteur du voyage appelé à accroître la valeur du tourisme vietnamien

Dans la concurrence pour attirer les touristes internationaux, l’avantage du Vietnam ne repose pas seulement sur ses ressources touristiques, mais aussi sur sa capacité à les transformer en expériences originales, génératrices de valeurs économiques, culturelles et sociales durables. Les entreprises de voyage jouent à cet égard un rôle essentiel de liaison entre les marchés, les produits, les destinations et les communautés.

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Hôi An (Centre) figure toujours parmi les destinations les plus prisées par les visiteurs étrangers au Vietnam. 
Photo : VNA/CVN

Selon Cao Thi Ngoc Lan, vice-présidente permanente de l’Association du tourisme du Vietnam, les entreprises de voyage ne doivent pas se limiter à vendre des circuits. Elles doivent également anticiper les besoins des clients, concevoir des produits, coordonner les services, organiser les flux touristiques, gérer les risques et contribuer à construire l’image des destinations. Une destination, aussi riche soit-elle, aura du mal à générer une croissance durable si ses ressources ne sont pas transformées en produits adaptés et distribuées efficacement, a-t-elle souligné.

Selon l’Autorité nationale du tourisme du Vietnam (ANTV), au 15 août 2026, le pays comptait 4.673 entreprises de voyage international. Au cours des huit premiers mois de l’année, 821 dossiers relatifs aux activités de voyage international ont été traités, avec la délivrance de 404 nouvelles licences et le retrait de 181 licences. Ces chiffres témoignent d’un marché en évolution, marqué à la fois par l’arrivée de nouvelles entreprises et par un processus d’ajustement et de sélection. Dans ce contexte, les capacités et la réputation constituent des facteurs importants pour maintenir l’activité et assurer un développement durable.

Placées au centre de cette transformation

Nguyên Anh Tuân, directeur de l’Institut d’économie touristique, estime que les touristes accordent désormais de l’importance non seulement à la destination, mais aussi à la sécurité, à la commodité, à la qualité de l’expérience et à l’originalité du voyage. Le secteur doit ainsi passer d’une logique consistant à "vendre ce que l’on a" à une approche fondée sur les besoins du marché, la conception de produits adaptés et la coordination des acteurs. Les entreprises de voyage doivent être placées au centre de cette transformation, de la demande du marché au produit, puis du produit à l’expérience et enfin à la fidélisation des visiteurs.

Un groupe de touristes indiens au Vietnam. 
Photo : VNA/CVN

Selon Doàn Thanh Trà, directrice générale adjointe de Saigontourist, les entreprises doivent également adapter leur organisation aux différents profils de clientèle. Les voyageurs haut de gamme recherchent intimité, services soignés et expériences originales, tandis que les jeunes voyageant en petits groupes privilégient la flexibilité et les expériences locales. Les croisiéristes, eux, ont besoin de programmes concis, ponctuels, sûrs et bien organisés.

À l’ère numérique, les entreprises ne peuvent par ailleurs plus dépendre uniquement des ventes entre professionnels. Elles doivent développer les ventes directes aux consommateurs via leurs sites internet, les réseaux sociaux et les plateformes en ligne. Ces canaux permettent aussi de mieux connaître les attentes, de tester les produits, de recueillir les avis et de personnaliser les services.

Un investissement dans la compétitivité

Alors que les transitions verte et numérique constituent deux piliers du développement touristique, les entreprises sont appelées à intégrer davantage les critères environnementaux dans leurs produits et leur fonctionnement, tout en exploitant les données, les technologies et l’intelligence artificielle pour analyser le marché.

Pour Phùng Quang Thang, vice-président de l’Association du voyage du Vietnam et président de l’Association vietnamienne du tourisme vert, le tourisme vert doit s’appuyer sur des critères précis, des procédures d’évaluation, des mécanismes de reconnaissance et un système de suivi. Les investissements verts représentent non seulement des coûts, mais aussi un investissement dans la compétitivité, la réputation et l’accès aux marchés à forte valeur.

Dans cette nouvelle phase, le rôle des entreprises de voyage doit donc être appréhendé plus largement : elles doivent non seulement acheminer les visiteurs vers les destinations, mais aussi comprendre le marché, mobiliser les ressources et organiser les flux à travers des produits adaptés. Cela nécessite un écosystème cohérent associant institutions, infrastructures, environnement des affaires, destinations, transport aérien, transports terrestres, hébergement et communautés.

VNA/CVN

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