>> Dette publique : le Vietnam en quête d’excellence financière
>> Réaffirmer l’engagement du gouvernement en faveur d'une croissance à deux chiffres
>> Le Vietnam transforme les défis en opportunités
Au lieu de se contenter d’être de simples fournisseurs de capitaux, les institutions financières doivent devenir des acteurs clés au sein d’un écosystème étroitement intégré où banques, entreprises et marchés de capitaux fonctionnent avec une coordination et une efficacité accrues.
![]() |
| Vue du séminaire, à Hanoï, le 13 avril. |
| Photo : TBTC/CVN |
Vers un écosystème financier intégré
Lors de cet événement, le vice-gouverneur de la Banque d’État du Vietnam, Nguyên Ngoc Canh, a souligné qu’au 31 décembre 2025, le système bancaire vietnamien comptait 127 établissements de crédit dont l’actif total avoisinait 28,9 billiards de dôngs (1,1 billions de dollars), soit une hausse de 22% par rapport à fin 2024 et près de 2.000 fois plus qu’il y a quatre décennies.
La mobilisation de capitaux a progressé de 15,42% sur un an, soit une augmentation de près de 1.300 fois en près de 40 ans. Plusieurs banques vietnamiennes ont également connu une croissance notable et se sont hissées parmi les meilleures au niveau international.
Selon Nguyên Ngoc Canh, les groupes économiques demeurent des clients essentiels et fiables pour le secteur bancaire, qui continue de financer la production, le commerce et, surtout, les grands projets d’importance socio-économique nationale.
Fin 2025, l’encours total des crédits dans l’économie avoisinait les 18,6 billiards de dôngs, soit une hausse de 19,07 % par rapport à l’année précédente et l’équivalent de 144% du PIB. Les entreprises nationales représentaient environ 48 % du total des crédits, tandis que les groupes économiques et les compagnies générales en représentaient environ 7%.
Le secteur bancaire a accéléré l’adoption de la science et de la technologie et la transformation numérique, déployant des solutions de paiement modernes pour élargir l’accès au crédit.
Parallèlement, la banque centrale a mené une politique monétaire souple et coordonnée afin de maîtriser l’inflation, de stabiliser la macroéconomie et de garantir que les flux de capitaux atteignent tous les secteurs économiques.
Bien que ces efforts aient permis de maintenir le flux de crédit même en période de crise, le modèle de financement bancaire traditionnel atteint de plus en plus ses limites, notamment face à la forte demande de financements à moyen et long terme pour soutenir les projets stratégiques.
Le ratio élevé crédit/PIB du Vietnam témoigne d’une forte dépendance aux prêts bancaires, tandis que les canaux alternatifs tels que les obligations d’entreprises, les marchés actions et les financements internationaux n’ont pas encore pleinement démontré leur potentiel.
Du point de vue de la recherche, le prof. associé-Dr. Pham Manh Hung, directeur adjoint de l’Institut de recherche bancaire de l’Académie bancaire, a soutenu que la réforme du système financier et le développement des marchés de capitaux sont des conditions préalables à la construction de groupes économiques capables de rivaliser à l’échelle mondiale et régionale.
Il a plaidé pour une transition d’un modèle « monocanal » vers un système financier « multicanal et à plusieurs niveaux », où tous les composants sont étroitement interconnectés au sein d’un écosystème global.
Orienter les capitaux vers de nouveaux moteurs de croissance
Selon Dô Quang Vinh, vice-président du conseil d’administration et directeur général adjoint de la Banque commerciale par actions Saigon-Hanoi (SHB), un écosystème financier intégré permettrait d’optimiser l’allocation des ressources, en canalisant les capitaux vers des secteurs prioritaires tels que les infrastructures, l’énergie, les hautes technologies et l’agriculture moderne, qui présentent un fort potentiel de création de valeur et une dynamique de croissance soutenue.
Pour que cet écosystème fonctionne efficacement, les marchés de capitaux doivent se développer de concert. Le marché des obligations d’entreprises et les instruments financiers à long terme vietnamiens restent limités en termes de taille, de transparence et de profondeur, ce qui crée de sérieux obstacles au financement à long terme, a souligné le prof. associé-Dr. Pham Manh Hung.
À son avis, lever ces obstacles exige des réformes institutionnelles audacieuses, des normes de gouvernance d’entreprise plus élevées, le déploiement de systèmes de notation de crédit robustes et une base d’investisseurs plus large. Le renforcement des liens entre les marchés financiers nationaux et internationaux sera également essentiel pour diversifier les sources de financement et alléger la pression sur le système bancaire.
L’ambition du Vietnam d’atteindre une croissance économique à deux chiffres entre 2026 et 2030 nécessitera une assise financière solide et moderne pour alimenter de nouveaux moteurs de croissance. Les groupes économiques, tant publics que privés, devraient jouer un rôle moteur dans le développement de secteurs, d’industries et de chaînes de valeur entières.
"Il est indispensable de restructurer le système financier afin de le rendre plus équilibré, plus moderne et plus intégré à l’échelle mondiale. Cela permettra aux groupes économiques vietnamiens d’accumuler les ressources nécessaires, d’accroître leur compétitivité et de devenir progressivement des acteurs mondiaux et régionaux", a ajouté le prof. associé-Dr. Pham Manh Hung.
VNA/CVN



