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| Un motocycliste fait le plein de l'essence E10 dans une station-service à Hanoï. |
| Photo : VNA/CVN |
Selon les experts, la baisse de la taxe sur la consommation spéciale appliquée aux carburants, combinée à une réduction de 2% des tarifs de détail moyens de l’électricité à compter du 1er novembre 2026, aura un impact positif.
Ces mesures visent à soutenir le pouvoir d’achat des ménages ainsi que l’activité des entreprises. Elles devraient ainsi permettre de juguler l’inflation, de stabiliser le cadre macroéconomique et de dynamiser la croissance économique pour les derniers mois de l’année.
Soutien à la production et baisse du coût de la vie pour les ménages
Selon l’Office national des statistiques (NSO) du ministère des Finances, l’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 4,52% sur les neuf premiers mois de l’année 2026. Cette hausse dépasse d’une courte tête l’objectif annuel de contrôle de l’inflation, fixé à 4,5%. D’ici la fin de l’année, la coexistence de pressions inflationnistes et de facteurs de modération des prix continuera de stagner, mettant à rude épreuve les mécanismes de régulation publique.
Dans ce contexte, la décision du gouvernement d’abaisser de 2%, dès le 1er novembre 2026, le prix de détail moyen de l’électricité, combinée à la suppression totale de la taxe spéciale sur la consommation de l’essence - une mesure qui va faire reculer les prix à la pompe -, devrait générer un effet d’entraînement positif sur l’ensemble des coûts de l’économie nationale au moment où les entreprises locales font face à une pression persistante sur leurs coûts de production.
Selon Nguyên Tiên Thoa, président de l’Association vietnamienne de l’évaluation des prix, la baisse de 2% des tarifs de l’électricité décidée par le gouvernement - et rigoureusement appliquée par le ministère de l’Industrie et du Commerce ainsi que par le groupe Électricité du Vietnam - aura un effet d’entraînement majeur sur l’ensemble de l’économie. Cette mesure devrait contribuer à stabiliser le cadre macroéconomique, à juguler l’inflation, à soutenir l’appareil productif et à alléger le coût de la vie pour les ménages.
En premier lieu, ce coup de pouce tarifaire exercera une influence positive directe et indirecte sur l’indice des prix à la consommation (IPC), dont la trajectoire devrait s’infléchir à la baisse.
Du côté des entreprises, l’allègement de la facture électrique permettra de réduire mécaniquement les coûts de production, en particulier au sein des industries fortement énergivores comme la sidérurgie, la cimenterie ou le textile. Les projections indiquent que les coûts de fabrication pourraient reculer de près de 0,12% dans le secteur de l’acier, de 0,3% dans celui du ciment et de 0,2% dans le textile-habillement. Une bouffée d’oxygène pour le tissu industriel, qui dispose ainsi de nouvelles marges de manœuvre pour abaisser ses prix de vente.
Parallèlement, la suppression totale de la taxe sur la consommation spéciale sur les carburants va entraîner une baisse des prix à la pompe de l’ordre de 1.500 à 1.700 dôngs par litre, une mesure complémentaire forte pour soutenir l’activité économique et consolider la maîtrise de l’inflation.
Selon le Prof.associé-Dr. Ngô Tri Long, l’absence de contrôle des prix de l’énergie au cours des deux derniers mois de l’année ferait peser une lourde menace sur l’inflation. Face à ce risque, la maîtrise des coûts énergétiques s’impose comme l’un des principaux leviers d’action.
Les carburants et l’électricité constituent à ce titre des variables déterminantes pour le quotidien des ménages, l’appareil productif et la consommation globale. Une baisse de leurs tarifs soutiendrait le pouvoir d’achat, garantissant ainsi une croissance régulière et la stabilité macroéconomique.
Nouveau coup d’accélérateur pour l’économie
L’économiste Ngô Tri Long a estimé que l’allègement des coûts de l’énergie soutient non seulement les entreprises et les consommateurs mais contribue aussi à contenir l’inflation des biens et des services. Pour les ménages, cette politique publique se traduit par un gain de pouvoir d’achat immédiat sur leurs dépenses courantes, libérant ainsi des marges de manœuvre pour d’autres postes de consommation.
Le redressement du pouvoir d’achat s’impose comme un puissant levier pour soutenir l’activité industrielle et commerciale, et, par extension, stimuler la croissance économique. Quant à la baisse de 2% des tarifs réglementés de l’électricité pour les particuliers, elle constitue une mesure concrète qui vient soulager directement le budget des ménages.
Du côté des entreprises, la baisse des prix des carburants et de l’électricité permet de réduire les coûts de production. Cette marge de manœuvre retrouvée offre la possibilité de baisser les prix de vente et, par conséquent, de restaurer la compétitivité globale. Face à une concurrence de plus en plus féroce, accentuée par l'intégration croissante de l'économie mondiale, l'impact de cette mesure s'avère particulièrement crucial pour les entreprises.
Pour le Prof. associé-Dr. Nguyên Thuong Lang de l’Université nationale d’économie, l’impact immédiat réside dans la réduction des coûts globaux de l’économie, en particulier dans le secteur de l’énergie. L’électricité et les carburants constituant des intrants essentiels à de nombreuses branches d’activité, leur diminution tarifaire permet aux entreprises d’accroître leur efficacité opérationnelle et commerciale.
Pour les entreprises, la baisse des coûts énergétiques représente un levier majeur : elle permet de réduire les prix de revient, d’accroître la compétitivité et d’optimiser les flux de trésorerie. Celles qui bénéficient d’un carnet de commandes solide et envisagent d’étendre leurs capacités de production pourront ainsi réinvestir ces économies dans l’acquisition de machines, la modernisation de leurs équipements ou le recrutement de main-d’œuvre.
Du côté des ménages, le recul des prix de l’électricité, des carburants et des transports routiers se traduit par un gain net de pouvoir d’achat. Ce reliquat budgétaire peut dès lors être réorienté vers d’autres postes de consommation, soutenant ainsi directement la demande sur le marché.
En somme, cette politique active un double moteur économique : elle atténue les pressions inflationnistes tout en stimulant simultanément l’investissement et la consommation. Une double dynamique cruciale dans une conjoncture où l’enjeu est de maintenir une croissance forte sans pour autant emballer l’indice des prix.
Selon le Prof. associé-Dr. Nguyên Thuong Lang, la baisse des prix de l’électricité et des carburants doit être envisagée au sein d’un ensemble global de mesures de régulation. Articulée efficacement avec l’accélération des investissements publics, la stimulation des investissements privés et le maintien de la dynamique commerciale, cette politique d’allègement des coûts énergétiques pourrait contribuer à amorcer un nouveau cycle de croissance pour l’économie.
VNA/CVN


